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Auguste Renoir, Portrait de Paul Durand-Ruel, 1910
huile sur toile • 65 x 54 cm • Coll. particulière
Gustave Loiseau, Falaise d’Étretat, 1902
Étretat, point de ralliement
Le sujet est illustre, voire légendaire : le site naturel d’Étretat. Ces falaises du pays de Caux « percées de ces trous singuliers », ainsi que le décrivait Maupassant, inspirent les peintres depuis Gustave Courbet. Parmi les plus célèbres représentations, celles de Claude Monet, peintes en série selon l’orientation du soleil entre 1883 et 1886. Et même si Gustave Loiseau déteste être comparé au maître, il faut bien avouer que sa touche épaisse et dynamique tient du même regard, que sa palette est tout aussi variée, que sa série de tableaux tente également de saisir les nuances d’une lumière versatile… « Le postimpressionnisme n’est pas un mouvement, rappelle la commissaire de l’exposition Claire Durand-Ruel, descendante du marchand d’art. Les peintres conservent avant tout le même style que les impressionnistes. »
Huile sur toile • Collection particulière • © Durand-Ruel & Cie / Photo Archives Durand-Ruel
Maxime Maufra, Holborn Head (Scrabster) Thurso Bay, 1895
De vertigineuses falaises
Cap sur l’Écosse avec Maxime Maufra ! De Pont-Aven aux Sables-d’Olonne en passant par La Rochelle, ce voyageur invétéré à la recherche de paysages merveilleux retourne en Écosse en 1895 pour y saisir d’impressionnantes perspectives de falaises où la mer vient se fracasser sur les rochers, survolée par des hordes de mouettes chassant leur proie. Les couleurs tranchent, le vide attire, on s’y sent comme au bord du gouffre… C’est sans doute lors de son premier voyage en Écosse, à ses vingt ans, que le peintre s’était épris de ses terres sauvages. Il y avait notamment découvert les prodigieuses toiles du peintre anglais William Turner, précurseur de l’impressionnisme. Un véritable choc pour cet amateur de marines.
Huile sur toile • Collection Association des Amis du Petit Palais, Genève • © Studio Monique Bernaz, Genève
Henry Moret, Goulphar, Belle-Île, 1895
Exotisme pictural
Surprenante découverte que les tableaux d’Henry Moret : cette huile sur toile dévoile une touche si fine et vivace que l’on croit à du crayon de couleur. Les coloris sont stridents, entre le bleu canard de l’eau, les roses et les pourpres. Pas étonnant que Moret ait été si proche de Paul Gauguin avant son départ pour Tahiti, tous deux en quête de lieux idylliques aux couleurs franches. À tel point qu’un jour, un faussaire lui aurait attribué une toile du maître ! Mais Moret a bel et bien demeuré dans l’Hexagone, arpentant fréquemment les falaises bretonnes figurées ici, peignant sur le vif ses visions colorées, entre quelques parties de chasse et de pêche.
Huile sur toile • H. 92 cm - L. 73 cm • © Musée des beaux-arts de Quimper
Georges d’Espagnat, Crique au Lavandou, 1899
La palette du midi
Ici au Lavandou, règne « la vive couleur », écrit Georges d’Espagnat. Rien de plus essentiel pour ce peintre de la génération des fauves et des nabis, fidèle ami de Maurice Denis. Sur cette plage du midi, le soleil déserte, dévoilant des coloris contrastés aux premiers plans et des pastels sur l’eau, à l’horizon. La touche est radicale, dépose brusquement des roses et des orangés, mais contourne aussi avec rondeur les milliers de rochers à la manière des nabis, avant de se fondre dans les feuillages pour doucement les brosser, comme s’ils se trémoussaient sous la brise d’été. Un régal pour les yeux.
Huile sur toile • Collection particulière • © Durand-Ruel & Cie / Photo Archives Durand-Ruel
Albert André, La Femme en bleu, 1895
Apparition azur
Sur cette toile de jute, la peinture à l’huile est pâteuse, dure comme du pastel. Au loin, cela fait vibrer les couleurs, comme si la cousine de l’artiste venait d’apparaître sous cet arbre fruitier. Sa robe bleue tremblant sous les plis, son ruban de chapeau flottant sous un coup de vent… L’influence des nabis et du japonisme saute aux yeux, avec ce format vertical aussi grand que le spectateur. Tout est relief et reflet. Un talent qui fut repéré par le grand Renoir, lequel conseilla à Durand-Ruel de le prendre sous son aile !
Huile sur toile • Pont-Saint-Esprit, Musée d’art sacré du Gard • © Conservation départementale du Gard / Jean-Luc Maby
Albert André, Femme aux paons, 1895
Le paradis d’Albert André
C’est le clou du spectacle : une immense toile provenant d’une collection privée fraîchement nettoyée pour l’exposition, qui révèle une femme aux seins nus entourée de paons. Pas un seul recoin du tableau qui ne cherche à séduire, pas un centimètre carré laissé à l’ennui. C’est un torrent de sensualité où les plumages s’enroulent à la manière d’une chevelure, où les motifs courbes envahissent le paysage, et où l’on ne sait plus qui de la femme, de l’oiseau ou de la fleur exotique charme davantage. Seul mystère : que cherche la main droite de l’héroïne ? Piocherait-elle des fruits dans un panier ? Car dans cet éden de beauté, il ne manquerait plus que l’extase du goût pour satisfaire tous les sens…
Huile sur toile • Collection particulière • © Durand-Ruel & Cie / Photo Archives Durand-Ruel
Paul Durand-Ruel et le post-impressionnisme
Du 19 mai 2021 au 14 novembre 2021
Maison Caillebotte - Yerres • 8, rue de Concy • 91330 Yerres
www.maisoncaillebotte.fr
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Gage d’amitié
C’est l’œuvre qui ouvre le bal, la toute première de l’exposition et non des moindres : il s’agit du portrait du marchand d’art Paul Durand-Ruel, peint par le maître Pierre-Auguste Renoir, son fidèle ami… Nous sommes en octobre 1910. L’impressionniste séjourne à Paris durant quelques jours. Alors qu’il a déjà peint les portraits de ses enfants, il figure celui qui a propulsé sa carrière durant quarante ans, et qui le prie enfin de le représenter. Dans un décor d’une extrême sobriété, Renoir saisit le marchand affaissé, le regard vif, la main sur le cœur.