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William Eggleston, Memphis, 1965
Tirage couleur • 45 x 30,4 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Las Vegas, 1965-1968
L’horizon du néon
La vision poétique, la liberté de cadrage et le goût du vernaculaire de William Eggleston sont particulièrement manifestes dans ses photographies de chambres d’hôtel au décor délavé. Combien en a-t-il louées au cours de son voyage ? Le photographe a en effet parcouru des milliers de kilomètres, de Memphis (où il a vécu pendant plus de 50 ans) jusqu’au delta du Mississippi, en passant par la Nouvelle-Orléans, Las Vegas, le sud de la Californie et enfin la célèbre jetée de Santa Monica. Une vision intime et touchante de l’Amérique qui ne se limite pas à ses paysages spectaculaires ou au graphisme de ses villes.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Memphis, 1971-1974
Poésie du quotidien
C’est l’Amérique des années 1960–1970, simple et réaliste, que l’on imagine à travers cette laverie. Un décor pourtant emblématique du cinéma américain, mais ici humanisé et incarné par un simple pull-over sur un séchoir. William Eggleston, dans cet immense voyage visuel qu’est Los Alamos, nous immerge dans les profondeurs de son quotidien, dans cet environnement qui a façonné son iconographie, et dresse le portrait singulier de la culture américaine.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Louisiana, 1971-1974
Dans les pas d’Edward Hopper
Une des plus célèbres photos de la série Los Alamos : les pompes à essence de la ville de Louisiana, qui évoquent inévitablement celles d’Edward Hopper peintes 30 ans plus tôt. Toutes deux sont immortalisées dans une composition minimaliste et baignées dans une atmosphère dramatique, ici renforcée par la pluie diluvienne et l’absence angoissante de toute vie humaine. Le bâtiment semble abandonné, tel une station fantôme, à l’opposé de la vision d’une industrie automobile américaine à cette époque florissante.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Memphis, 1971-1974
En voiture, Eggleston !
Tout comme son contemporain Stephen Shore – lui aussi pionnier dans l’utilisation de la pellicule couleur – William Eggleston semble entretenir une fascination pour l’objet automobile et ses lignes hypnotiques. La voiture américaine, par sa production boulimique de modèles colorés et démesurés, s’inscrit parfaitement dans son travail de photographie vernaculaire. Symbole de l’american way of life, elle est, dans un pays aux distances démesurées, synonyme de liberté.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Santa Monica, 1974
Vers un meilleur avenir
Une image très symbolique pour ce photographe qui a grandi dans l’état du Mississippi, où l’on pratiquait encore dans les années 1970 une ségrégation violente et illégale, malgré la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) de 1964. En Californie, où est saisie cette scène, l’égalité raciale est à cette époque davantage une réalité. Le regard posé sur cette famille à travers l’objectif de William Eggleston semble délivrer toute une population mise au banc de la société.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, En route to New Orleans, 1971-1974
L’objectif dans les nuages
C’est avec une pointe de nostalgie que l’on regarde cette image prise à une époque où les places d’avion étaient encore assez vastes pour prendre une photo, ouvrir la tablette, tout en observant l’horizon. Ce cliché est une évocation de l’immensité du territoire, du sentiment de liberté, mais aussi l’illustration parfaite de la maîtrise du cadrage et du récit construit par William Eggleston. Ce dernier est en effet suggéré par la proximité entre le photographe et son sujet.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Memphis, 1965-1968
Le chic américain
L’image de cette femme vue de dos dans un diner, lieu iconique du quotidien américain, n’est pas dénuée d’humour. Les couleurs, le cadrage, le motif des vêtements jouant avec celui des briques du mur, le dialogue des deux mains tenant une cigarette, annoncent les travaux plus récents de photographes tels que Martin Parr.
Tirage couleur • 30,5 x 45,1 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston, Memphis, 1971-1974
Suivez le panneau
Cet univers urbain hérissé d’enseignes et de publicités a été rendu célèbre en photographie par Walker Evans. William Eggleston, qui a beaucoup regardé et admiré le travail de son aîné, a lui aussi photographié ces écritures colorées, qui contrastent avec la linéarité et le gris des rues américaines. L’évolution du panneau publicitaire et de ses typographies est un incroyable indicateur de la transformation économique et sociétale des États-Unis. Un véritable leitmotiv photographié tout au long de Los Alamos.
Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust
William Eggleston : Los Alamos
Du 14 février 2018 au 28 mai 2018
The Metropolitan Museum of Art • 1000 5th Avenue • 10028 New York
www.metmuseum.org
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Les caddies de la consommation
Le portrait en tant que tel n’est pas un genre souvent investi par William Eggleston. La présence humaine est, dans son travail, souvent simplement suggérée, rarement abordée frontalement comme chez ses contemporains, Andy Warhol ou Diane Arbus. Pour le photographe, l’homme semble plus servir de prétexte ou de support à son récit qu’incarner un sujet à part entière. Ce cliché, pris à Memphis en 1965, raconte ainsi le plein essor de la société de consommation américaine à travers la présence des caddies. Figé dans son mouvement tel un spectre, ne regardant pas l’objectif, l’employé du magasin est finalement relégué au second plan.