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Photographie

Sur la route de William Eggleston

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Publié le , mis à jour le
Fils spirituel d’Henri Cartier-Bresson, de Walker Evans et de Robert Frank, William Eggleston fait partie des pionniers de la photographie couleur. Autodidacte habité d’une liberté de ton et de mouvement, il entreprend entre 1964 et 1974 une longue errance dans le sud des États-Unis. Ainsi naît la célèbre série Los Alamos, du nom de la ville tristement célèbre pour son programme clandestin de développement de la bombe H. À New York, le Metropolitan Museum of Art montre pour la première fois l’intégralité de ce road trip.
William Eggleston, Memphis
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William Eggleston, Memphis, 1965

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Les caddies de la consommation

Le portrait en tant que tel n’est pas un genre souvent investi par William Eggleston. La présence humaine est, dans son travail, souvent simplement suggérée, rarement abordée frontalement comme chez ses contemporains, Andy Warhol ou Diane Arbus. Pour le photographe, l’homme semble plus servir de prétexte ou de support à son récit qu’incarner un sujet à part entière. Ce cliché, pris à Memphis en 1965, raconte ainsi le plein essor de la société de consommation américaine à travers la présence des caddies. Figé dans son mouvement tel un spectre, ne regardant pas l’objectif, l’employé du magasin est finalement relégué au second plan.

Tirage couleur • 45 x 30,4 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Las Vegas
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William Eggleston, Las Vegas, 1965-1968

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L’horizon du néon

La vision poétique, la liberté de cadrage et le goût du vernaculaire de William Eggleston sont particulièrement manifestes dans ses photographies de chambres d’hôtel au décor délavé. Combien en a-t-il louées au cours de son voyage ? Le photographe a en effet parcouru des milliers de kilomètres, de Memphis (où il a vécu pendant plus de 50 ans) jusqu’au delta du Mississippi, en passant par la Nouvelle-Orléans, Las Vegas, le sud de la Californie et enfin la célèbre jetée de Santa Monica. Une vision intime et touchante de l’Amérique qui ne se limite pas à ses paysages spectaculaires ou au graphisme de ses villes.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Memphis
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William Eggleston, Memphis, 1971-1974

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Poésie du quotidien

C’est l’Amérique des années 1960–1970, simple et réaliste, que l’on imagine à travers cette laverie. Un décor pourtant emblématique du cinéma américain, mais ici humanisé et incarné par un simple pull-over sur un séchoir. William Eggleston, dans cet immense voyage visuel qu’est Los Alamos, nous immerge dans les profondeurs de son quotidien, dans cet environnement qui a façonné son iconographie, et dresse le portrait singulier de la culture américaine.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Louisiana
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William Eggleston, Louisiana, 1971-1974

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Dans les pas d’Edward Hopper

Une des plus célèbres photos de la série Los Alamos : les pompes à essence de la ville de Louisiana, qui évoquent inévitablement celles d’Edward Hopper peintes 30 ans plus tôt. Toutes deux sont immortalisées dans une composition minimaliste et baignées dans une atmosphère dramatique, ici renforcée par la pluie diluvienne et l’absence angoissante de toute vie humaine. Le bâtiment semble abandonné, tel une station fantôme, à l’opposé de la vision d’une industrie automobile américaine à cette époque florissante.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Memphis
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William Eggleston, Memphis, 1971-1974

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En voiture, Eggleston !

Tout comme son contemporain Stephen Shore – lui aussi pionnier dans l’utilisation de la pellicule couleur – William Eggleston semble entretenir une fascination pour l’objet automobile et ses lignes hypnotiques. La voiture américaine, par sa production boulimique de modèles colorés et démesurés, s’inscrit parfaitement dans son travail de photographie vernaculaire. Symbole de l’american way of life, elle est, dans un pays aux distances démesurées, synonyme de liberté.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Santa Monica
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William Eggleston, Santa Monica, 1974

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Vers un meilleur avenir

Une image très symbolique pour ce photographe qui a grandi dans l’état du Mississippi, où l’on pratiquait encore dans les années 1970 une ségrégation violente et illégale, malgré la loi sur les droits civiques (Civil Rights Act) de 1964. En Californie, où est saisie cette scène, l’égalité raciale est à cette époque davantage une réalité. Le regard posé sur cette famille à travers l’objectif de William Eggleston semble délivrer toute une population mise au banc de la société.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, En route to New Orleans
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William Eggleston, En route to New Orleans, 1971-1974

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L’objectif dans les nuages

C’est avec une pointe de nostalgie que l’on regarde cette image prise à une époque où les places d’avion étaient encore assez vastes pour prendre une photo, ouvrir la tablette, tout en observant l’horizon. Ce cliché est une évocation de l’immensité du territoire, du sentiment de liberté, mais aussi l’illustration parfaite de la maîtrise du cadrage et du récit construit par William Eggleston. Ce dernier est en effet suggéré par la proximité entre le photographe et son sujet.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Memphis
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William Eggleston, Memphis, 1965-1968

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Le chic américain

L’image de cette femme vue de dos dans un diner, lieu iconique du quotidien américain, n’est pas dénuée d’humour. Les couleurs, le cadrage, le motif des vêtements jouant avec celui des briques du mur, le dialogue des deux mains tenant une cigarette, annoncent les travaux plus récents de photographes tels que Martin Parr.

Tirage couleur • 30,5 x 45,1 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

William Eggleston, Memphis
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William Eggleston, Memphis, 1971-1974

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Suivez le panneau

Cet univers urbain hérissé d’enseignes et de publicités a été rendu célèbre en photographie par Walker Evans. William Eggleston, qui a beaucoup regardé et admiré le travail de son aîné, a lui aussi photographié ces écritures colorées, qui contrastent avec la linéarité et le gris des rues américaines. L’évolution du panneau publicitaire et de ses typographies est un incroyable indicateur de la transformation économique et sociétale des États-Unis. Un véritable leitmotiv photographié tout au long de Los Alamos.

Tirage couleur • 45 x 30,5 cm • Coll. The Metropolitan Museum of Art, New York • Courtesy galerie David Zwirner, New-York/Londres/Hong Kong/ © Eggleston Artistic Trust

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William Eggleston : Los Alamos

Du 14 février 2018 au 28 mai 2018

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