Article proposé par Exponaute

Vincent Van Gogh, Autoportrait, musée Van Gogh, Amsterdam et Edvard Munch, Autoportrait, musée Munch, Oslo.
Il y a 125 ans, Van Gogh succombait d’une balle en pleine poitrine. Une occasion particulière pour lui rendre hommage cette année et mettre en avant le musée Van Gogh d’Amsterdam. Conjointement à cet événement, l’institution inaugure sa toute nouvelle entrée, permettant à la fois un meilleur accès et une cure de jouvence au musée. Un nouvel espace de modernité qui finit de compléter la récente rénovation du lieu.

Nouvelle entrée du musée Van Gogh Amsterdam © musée Van Gogh Amsterdam.
Riche de plus de 100 œuvres (80 peintures et 30 dessins) l’exposition Munch : Van Gogh resserre les liens qui unissent picturalement les deux artistes, mais aussi les deux musées concernés. En collaboration avec le musée Munch d’Olso, le musée Van Gogh d’Amsterdam est parvenu à réunir un ensemble d’œuvres rarement prêtées, et pour certaines de la main de Munch, à les exposer pour la première fois aux Pays-Bas. On notera notamment la présence du Cri, l’Enfant Malade (musée des Beaux-arts de Göteborg) ou la Madone (collection privée) de Munch et La Nuit étoilée sur le Rhône (musée d’Orsay) ainsi que Le Pont de Trinquetaille (collection privée) et Le Semeur de Van Gogh.

Vincent Van Gogh, Nuit étoilée sur le Rhône, 1888, musée d’Orsay, Paris et Edvard Munch, Nuit étoilée, 1922–1924 © musée Munch, Oslo.
Il existe une vraie cohésion entre les deux artistes, contemporains sans s’être pourtant rencontrés. Munch et Van Gogh commencent leur pratique de la peinture à la même époque, vers 1880, abordent les mêmes thèmes et ont la même volonté de moderniser la peinture. Leurs œuvres se répondent et sont le reflets de leurs préoccupations. La mort, la souffrance, la peur comme l’espoir, l’amour ou la fierté, sont autant de thèmes qu’ils abordent chacun leur tour. Leurs traits sont directs et empreints d’un réalisme cru, brutal. Ils s’inspirent des peintures naturalistes de leurs temps qui leur permettent d’aborder la question des sentiments avec force.

Vincent Van Gogh, Le Pont de Trinquetaille, 1888, collection privée et Edvard Munch, Le Cri, 1893, musée Munch, Oslo.
Tous deux incompris de leur contemporains, ils tentent leur chance à la capitale. En plein bouillonnement artistique, Paris voit naître de nouveaux courants picturaux aux couleurs des impressionnistes et des pointillistes. Des techniques avant-gardistes que les deux peintres vont apprivoiser. Mais leur originalité est ailleurs, dans l’excès des formes et des teintes. La peinture de Munch comme celle de Van Gogh se comprend dans le jusqu’au boutisme de sa mise en scène, de l’expression de l’existence humaine. Une réalité de l’extrême à la fois amplifiée et simplifiée, qui montre une ferveur d’aller à contre-courant des conventions. Ce paroxysme tend vers un art qui s’adresse autant au sens qu’à l’esprit. Reste à savoir si la scénographie du musée d’Amsterdam répondra à la promesse de départ, et si le dialogue pourra s’installer.

Vincent Van Gogh, Le Semeur, musée Van Gogh, Amsterdam et Edvard Munch, Fertilité © musée Munch, Oslo.

Vincent Van Gogh, Sous-bois, musée Van Gogh, Amsterdam et Edvard Munch, Printemps dans la forêt d’Elm III © musée Munch, Oslo.
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