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À Toulouse, Henri-Georges Adam remis en lumière à travers quatre expositions

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Ami de Picasso, sculpteur d’œuvres monumentales, graveur renommé… Riche d’une collection d’un peu plus de 400 œuvres et documents, la Ville de Toulouse orchestre cet automne une grande rétrospective dédiée à Henri-Georges Adam et répartie dans quatre lieux différents : le musée des Arts précieux Paul-Dupuy, le Castelet, la chapelle de la Grave et le Monument à la gloire de la Résistance.
Henri-Georges Adam, Sans titre
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Henri-Georges Adam, Sans titre

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© Jean-Jacques Ader

Au début des années 1990, l’éditeur Yann Le Chevalier se rend dans l’atelier de l’artiste Henri-Georges Adam (1904–1967), niché dans une ancienne ferme au sud de Paris. Celui-ci est mort depuis longtemps, mais pourtant rien n’a bougé, ou presque. « Sa veuve y vivait encore, tout était resté en l’état, nous raconte-t-il. C’était une découverte incroyable, comme si j’entrais dans le château de la Belle au bois dormant ! » Il y découvre ses outils, son agenda, son carnet d’adresses, ses maquettes, quelques sculptures entassées dans la grange, une poignée de formats monumentaux…

« Il faisait tout chez lui, les gravures, les plâtres… Même la sculpture sur pierre ! Il allait juste chez un fondeur pour ses bronzes, et à Aubusson ou aux Gobelins pour ses tapisseries. » Avec ces quelques mots, Yann Le Chevalier donne le ton de l’hyperactivité d’Henri-Georges Adam et de ses expérimentations polymorphes. Aujourd’hui, l’une de ses œuvres les plus célèbres reste le monumental Signal (1961) en béton et aluminium qu’il a réalisé pour l’ouverture du musée d’art moderne André-Malraux au Havre, spectaculaire forme abstraite tout en courbes de 22 mètres d’envergure.

Mais on est loin du succès qu’il rencontra de son vivant. « C’est un artiste qui a été archiconnu, et qui est complètement tombé dans l’oubli », regrette Yann Le Chevalier. Récemment, l’éditeur s’est beaucoup investi dans sa reconnaissance : après le décès de la veuve de l’artiste, il a collaboré à l’inventaire des 400 œuvres entrées dans les collections de la Ville de Toulouse, et travaillé avec son épouse Colette à la première grande rétrospective de l’artiste depuis sa mort, dans quatre lieux de la Ville rose.

Un style mordant

Henri-Georges Adam, Dessin de guerre
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Henri-Georges Adam, Dessin de guerre

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© Jean-Jacques Ader

« C’est quelqu’un qui est d’extraction très modeste », détaille Yann Le Chevalier. Né dans une famille originaire de Bretagne (« c’est important car le thème de la mer est omniprésent dans son œuvre »), Henri-Georges Adam réussit à échapper à l’atelier de chaînes de montre de son père pour suivre les cours des Beaux-Arts, et fréquenter les cercles surréalistes. Il est alors très lié à Louis Aragon, et produit « un travail social, anticlérical, anti-bourgeois, presque révolutionnaire avec un style surréalisant », rapidement remarqué pour le mordant de son style et la qualité de ses gravures.

Il habite Saint-Germain-des-Prés, fréquente les cafés… Jusqu’à ce que tombe le rideau sombre de la guerre. « Tout change. Lui qui était anti-militariste est fait prisonnier, affecté comme infirmier auxiliaire à l’hôpital de Besançon. Son incarcération dure toute l’année 1940, pendant laquelle il réalise 110 dessins de guerre, tout à fait différents de ce qu’il faisait jusqu’ici. Il abandonne l’aspect revendicatif et entre dans le ‘monde de la forme’, comme il le dit. Le côté esthétique prend le pas sur le message littéral. »

Henri-Georges Adam, Dessin de guerre
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Henri-Georges Adam, Dessin de guerre

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© Jean-Jacques Ader

Le temps du succès médiatique

« Henri-Georges Adam devient reconnu, il expose un peu partout, à Paris, aux États-Unis, au Japon, dans le nord de l’Europe, en Belgique… »

Yann Le Chevalier

Proche de Picasso, il expose avec lui en 1944 et reçoit les huées du public. Heureusement, Henri-Georges Adam est immédiatement soutenu par ses pairs ; sa carrière est lancée. « Après cela, il est reconnu, il expose un peu partout, à Paris, aux États-Unis, au Japon, dans le nord de l’Europe, en Belgique… » Dans les années 1960, il crée un ensemble de sculptures et de tapisseries pour l’église de Moutier en Suisse, répond à de nombreuses commandes publiques comme au Havre, réalise une tapisserie pour le siège de l’UNESCO en 1958, et multiplie les sculptures pour différents lycées, surfant sur la vague du « 1 % artistique » instauré au début des années 1950. Malgré son caractère austère et réservé, l’homme est aussi médiatique : « Lorsqu’il y avait des débats à la télévision, il faisait souvent partie des invités, il avait une voix qui comptait pour expliquer la place de l’artiste. »

Un créateur multiple célébré dans différents lieux toulousains

Henri-Georges Adam, Oiseaux dans les roseaux
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Henri-Georges Adam, Oiseaux dans les roseaux

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© Jean-Jacques Ader

En 1966, une grande rétrospective célèbre son œuvre dans tous les espaces du musée national d’Art moderne – un événement ! Mais l’année suivante, il meurt brutalement ; et tombe progressivement dans l’oubli, jusqu’à aujourd’hui. L’exposition de Toulouse est donc à plus d’un titre importante. En tout, une centaine d’œuvres sélectionnées se trouvent réparties dans la ville. Datant des années de maturité de l’artiste – de 1943 à 1967 –, elles ont toutes été restaurées pour l’occasion, et dévoilent les différentes facettes de ce créateur multiple.

Principal site de ce grand projet, le musée des Arts précieux Paul-Dupuy expose l’essentiel des œuvres, avec nombre de gravures, tapisseries, sculptures, peintures et dessins préparatoires, éclairant notamment ses incursions dans les arts de la scène. Autre lieu important de ce parcours, la chapelle de la Grave réunit pas moins d’une dizaine de sculptures monumentales, et offre l’occasion de saisir l’ambition comme la reconnaissance passée de l’artiste.

Henri-Georges Adam, Masque
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Henri-Georges Adam, Masque

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© Jean-Jacques Ader

Au Castelet, on pourra observer de près ses dessins de guerre et les masques réalisés en 1943 pour la mise en scène des Mouches de Jean-Paul Sartre par Charles Dullin. Enfin, un crochet par le Monument à la gloire de la Résistance permettra d’approcher l’une de ses œuvres les plus célèbres, le Gisant (1943) : « C’est celle qui l’a fait le plus connaître, et qui symbolise le sacrifice de la Résistance. » Une sculpture où bat encore le cœur de son engagement – social, formel, humain.

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Henri-Georges Adam – Un moderne révélé

Du 18 septembre 2025 au 18 janvier 2026
La grande rétrospective dédiée à Henri-Georges Adam se déploie aussi dans trois autres lieux de Toulouse : le Castelet, la chapelle de la Grave et le Monument à la gloire de la Résistance.

monuments.toulouse.fr

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