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« Une redécouverte majeure » : peint par Picasso pendant l’Occupation, un portrait de Dora Maar ressurgit à Paris

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« Buste de femme au chapeau à fleurs » de Picasso, représentant l’une de ses amantes Dora Maar, lors de sa présentation à l’hôtel Drouot à Paris. © Succession Picasso 2025
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« Buste de femme au chapeau à fleurs » de Picasso, représentant l’une de ses amantes Dora Maar, lors de sa présentation à l’hôtel Drouot à Paris. © Succession Picasso 2025, 18 septembre 2025

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Photo Stéphane de Sakutin / Afp / © Succession Picasso 2025

L’œuvre était restée cachée pendant plus de 80 ans. Un portrait réalisé par Pablo Picasso (1881–1973) aux lignes tranchantes et aux contrastes saisissants, Buste de femme au chapeau à fleurs, typique de ses plus intenses déformations cubistes du visage féminin, a été dévoilé le jeudi 18 septembre par la maison de ventes au enchères Lucien, à l’hôtel Drouot à Paris.

Peint le 11 juillet 1943, pendant l’occupation allemande, puis conservé de génération en génération par la famille de son propriétaire, il sera mis aux enchères le 24 octobre. « Par son intensité, sa provenance et son histoire », il est, selon Drouot, une « redécouverte majeure », « l’une des plus significatives de l’œuvre de Picasso ».

Un portrait emblématique de cette période du peintre

Resté dans la même famille depuis son acquisition en 1944, le tableau n’a jamais été exposé. Mais son authenticité ne fait aucun doute. Outre sa provenance vérifiée, l’œuvre était connue grâce à une photographie de Brassaï prise en 1944 dans l’atelier du peintre, au 7 rue des Grands-Augustins, ainsi que par une reproduction en noir et blanc dans le catalogue raisonné de Christian Zervos.

Le commissaire-priseur Christophe Lucien (à droite) et l’experte Agnès Sevestre-Barbe s’adressent aux médias pendant une conférence de presse lors du dévoilement du « Buste de femme au chapeau à fleurs » de Pablo Picasso à l’hôtel Drouot. © Succession Picasso 2025
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Le commissaire-priseur Christophe Lucien (à droite) et l’experte Agnès Sevestre-Barbe s’adressent aux médias pendant une conférence de presse lors du dévoilement du « Buste de femme au chapeau à fleurs » de Pablo Picasso à l’hôtel Drouot. © Succession Picasso 2025, 18 septembre 2025

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Photo Stéphane de Sakutin / Afp / © Succession Picasso 2025

Selon la maison Drouot, il s’agirait d’un portrait de la photographe surréaliste Dora Maar (1907–1997), qui fut l’une des compagnes et muses de l’artiste de 1936 à 1943. Peint au crépuscule de leur relation, alors que Picasso s’apprête à la délaisser pour Françoise Gilot, le tableau figure parmi les nombreuses têtes de femmes déstructurées que l’artiste multiplie entre 1937 et 1943, tel Portrait de Dora Maar (1937), l’un des chefs-d’œuvre du musée Picasso. Faite d’aplats de couleurs franches et d’épais traits noirs fragmentés, l’œuvre est « l’une des plus intenses » de sa série emblématique des « Femmes au chapeau » (dont 28 ont été recensées par Christian Zervos dans son catalogue raisonné), peintes de façon obsessionnelle durant la seule année de 1943.

Un tableau marqué par la guerre et fin d’une relation amoureuse

Le contexte de création du tableau est particulièrement sombre. En 1943, Picasso vit à Paris sous l’occupation allemande, surveillé par la Gestapo qui le menace, le perquisitionne et lui interdit d’exposer son art jugé « dégénéré ». Mais l’artiste « continue à peindre avec une intensité farouche ». « Son tourment intérieur et la violence de la guerre se traduisent dans son langage pictural », analyse Drouot dans un communiqué. La maison de vente y voit aussi « la douleur et l’angoisse dans le regard du modèle, semblant au bord des larmes », Dora Maar étant alors en dépression face, notamment, aux infidélités du peintre, qui a rencontré Françoise Gilot quelques mois plus tôt. La muse « apparaît ici comme une figure tragique, miroir de l’époque et de leur relation devenue orageuse », développe Drouot.

Des doutes sur le modèle représenté

Cette histoire aurait-elle été un peu dramatisée afin de faire monter les enchères ? C’est l’avis de certains spécialistes, comme Laurence Madeline, autrice de Picasso – 8 Femmes (Hazan, 2023), pour qui il s’agit plutôt « d’une tête de femme générique » et pas forcément d’un portrait de Dora Maar, tempère-t-elle dans Télérama, rappelant que plus les œuvres de l’artiste sont « romantisées », liées à sa vie intime et aux femmes de sa vie, plus leurs prix s’envolent.

D’autant que ce sujet est justement au cœur d’un débat brûlant depuis le cinquantième anniversaire de sa mort en 2023, où le comportement abusif de Picasso avec les femmes avait suscité une remise en cause de la légitimité de sa célébration. Malgré cela et un prix de réserve de 8 millions d’euros, timide pour une œuvre majeure de Picasso, l’œuvre devrait voir son prix s’envoler à la vente.

Retrouvez dans l’Encyclo : Pablo Picasso Cubisme Dora Maar

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