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Victor Brauner, Conspiration, 1934
Huile sur toile • 129,8 x 97,2 cm • Centre Pompidou, Mnam, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat. © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, La Pierre philosophale, 1940
Introspections nocturnes
Quand il se réfugie dans son monde intérieur pour en fouiller le tréfonds à la recherche de ses racines, Brauner croise sans doute cet oracle féminin de la nuit, apparition fantomatique aux courbes sensuelles, qui l’initie à de mystérieuses forces occultes. Son œil clos insiste sur l’idée d’introspection, tandis que la pierre précieuse lumineuse, sur laquelle est juché ce drôle de chat poule, pourrait être celle de la connaissance, réservée à quelques initiés de la magie braunerienne.
Huile sur toile • 65,5 x 81,5 cm • MAMC, Saint-Étienne • © Musée d’Art moderne et contemporain de Saint-Étienne Métropole © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, La Rencontre du 2 bis rue Perrel, 1946
Le Conglomeros
Après la guerre, Brauner s’installe au 2 bis, rue Perrel, à Paris, dans le même atelier qu’avait occupé quelques décennies plus tôt le Douanier Rousseau, peintre autodidacte qu’André Breton admirait. Ce dernier y voit l’expression du « hasard objectif » cher au surréalisme et conseille à Brauner d’en faire une œuvre. Celui-ci crée donc ce tableau étrange, où la mystérieuse Charmeuse de serpents du Douanier (1907) joue de la flûte pour le Conglomeros de Brauner, incarnation de l’esprit protecteur, créature d’un blanc immaculé tout droit sortie d’un rêve, douce et curieuse, à la fois homme, femme et animal. En 1947, pour l’Exposition internationale du surréalisme, Brauner demandera à Michel Herz de réaliser une sculpture de ce fascinant personnage.
Huile sur toile • 85 x 105 cm • MAM, Paris • © Musée d'Art Moderne de Paris © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, Mort de la lune, 1932
Un univers trouble et infini
Un homme, sans visage ni corps défini, flotte dans l’espace, comme porté par les seuls battements de son cœur – une tête de jeune femme, peut-être un souvenir –, tandis que son congénère à l’ombrelle a trouvé refuge sur une petite planète rocailleuse… Brauner donne ici corps à ses angoisses intimes autant qu’aux inquiétudes de son époque tourmentée.
Huile sur toile • 61 × 50,2 cm • The Menil Collection, Houston • © The Menil Collection, Houston © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, Le Ver luisant, 1933
Miroir de l’âme
Un personnage féminin dont la tête est aspirée par le faisceau de lumière émane d’un être organique sorti d’une caverne digne d’un cauchemar. Brauner plonge le spectateur dans un univers onirique trouble et dérangeant, qui n’est pas sans évoquer les paysages fantomatiques de son ami Yves Tanguy ou les créatures déformées et les formes étirées de Dalí.
Huile sur toile • 50 x 61 cm • Centre Pompidou, Mnam, Paris • © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, Souffrance, souffrance, 1941
Beautés chimériques
Les chimères envahissent l’œuvre de Brauner à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Elles ne l’abandonneront jamais. Inquiétantes, déconcertantes, elles subissent de perpétuelles transformations, parfois se dédoublent, fusionnent avec un chat ou des formes humanoïdes, jusqu’à se faire littéralement engloutir. Comme ici, où la chimère aux yeux grands ouverts se fait avaler par un rapace au corps mi-animal mi végétal ; ce dernier est lui-même en pleine mutation, comme s’il allait disparaître en une chrysalide d’où l’esprit pourrait ensuite renaître.
Huile sur toile • 46 x 38 cm • MAM, Paris • © Aurélien Mole photographe, Paris © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, Solivan, 28 avril 1946
Régénération tantrique
Une régénération à laquelle peut aussi faire allusion le croissant de Lune de Solivan, symbole de la puissance féminine et motif important dans le tantrisme.
Huile recouverte de bougie grattée ; incisions noircies à l’encre sur carton • 22 x 27,4 cm • Musée de l’abbaye Sainte- Croix, musée d’Art moderne et contemporain, Les Sables-d’Olonne • © Aurélien Mole photographe, Paris © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, Jacqueline au grand voyage, 1946
Mythologie du poète
Brauner va puiser dans de nombreuses sources (poésie de Novalis, grands textes antiques, sciences occultes, Kabbale, psychanalyse, art brut et arts premiers) pour élaborer sa propre mythologie, où domine la figure du poète doté de pouvoirs infinis, entouré d’objets et d’animaux symboliques.
Huile sur toile • 46 x 38 cm • MAM, Paris • © Aurélien Mole photographe, Paris © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner, Mythologie du poète (3e naissance), Avril 1947
Symboles bibliques
Parmi eux, le serpent occupe une place de premier plan. Le reptile renvoie à son moi profond. Il fait allusion au « Livre des Nombres » (quatrième livre de la Bible) où intervient la transformation du bâton de Moïse en serpent d’airain, ou Nehustan. Il devient ici un animal totem chargé de forces protectrices.
Huile sur toile • 80 x 65 cm • MAM, Paris • © Aurélien Mole photographe, Paris © ADAGP, Paris 2020
Victor Brauner. Je suis le rêve. Je suis l'inspiration
Du 18 septembre 2020 au 10 janvier 2021
MAM - Musée d'Art moderne de Paris • 11 Avenue du Président Wilson • 75116 Paris
www.mam.paris.fr
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Énigmes surréalistes
Une œuvre comme une énigme sans solution, un songe de fin de journée dont on ne peut se défaire tant on en cherche le sens secret. Le cadrage improbable, l’image dans l’image laissant voir à travers la fenêtre un corps enveloppé d’un voile et ce trio de personnages pareils à des automates animés… Les éléments de cette composition rappellent l’« inquiétante étrangeté » des objets, privés de fonction et de signification, que Chirico mit savamment en scène dans ses tableaux métaphysiques et dont les surréalistes feront leur miel pour imaginer leur propre monde de désirs refoulé.