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Cinéma

4 merveilles repérées à la dernière Berlinale

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Chaque mois, Beaux Arts revient sur les grands rendez-vous internationaux du 7e art pour y partager ses coups de cœur indés. Cette fois-ci, focus sur la Berlinale, qui, pour sa 70e édition qui s’est tenue du 20 février au 1er mars, a gâté ses spectateurs avec une sélection très audacieuse et engagée ! Beaux Arts a repéré quatre œuvres à guetter – quand les salles obscures rouvriront – marquées par le drame, la folie et l’espoir…

1. Volevo Nascondermi : c’est qui le plus fou ?

Abandonné, violenté, puis interné, le jeune Italien Antonio Ligabue, né handicapé mental en 1899, est expulsé de Suisse vers l’Italie. À son arrivée, la politique hygiéniste des fascistes au pouvoir le contraint à retourner à un état sauvage – très rousseauiste – au bord du Pô. Malgré le froid et la boue, Ligabue observe assidûment la faune avant d’être recueilli par un peintre au grand cœur. Antonio renaît de ses cendres et, dans un élan vital décoiffant, s’adonne à une peinture animalière naïve qui n’est pas sans rappeler l’œuvre du Douanier Rousseau (1844 – 1910). Journalistes et critiques romains affluent autour de l’énergumène, lui assurant une fortune et une notoriété inattendues… Une magnifique fresque, tirée d’une histoire vraie, où la maladie et la bêtise humaine sont transcendées par le génie créateur d’un homme marginalisé !

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Sélection officielle – prix de la meilleure interprétation masculine pour Elio Germano

Volevo Nascondermi

Film de Giorgio Dirtitti • 2020 • 1 h 58

2. Sisters Apart : un voyage au bout de l’Enfer

Telle Orphée se rendant dans le ténébreux Tartare pour sauver Eurydice, Rojda, militaire allemande d’origine kurde, manigance son transfert dans son pays natal pour retrouver et ramener sa sœur, peshmerga déterminée à combattre Daech jusqu’à la mort. Dans ce long métrage, la réalisatrice grecque Daphne Charizani s’attaque habilement à une actualité géopolitique brûlante à travers les yeux d’une fratrie tiraillée entre ses engagements patriotiques et familiaux. Malgré l’image un brin angélique des militaires occidentaux, qui tolèrent toutes les incartades de Rojda pour récupérer sa sœur, Sisters Apart transporte assurément le spectateur au cœur du brasier irakien. Une plongée dans une quête familiale aussi angoissante que trépidante.

« Sister Apart » de Daphne Charizani
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« Sister Apart » de Daphne Charizani, 2020

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© Pallas Film

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Perspektives Deutsches Kino

Sisters Apart

Film de Daphne Charizani  2020  1 h 33

https://www.cineuropa.org/en/video/rdid/385871/

3. Irradiés : horreurs psychédéliques bien réelles

Une voix hypnotique, un écran tripartite et le feu nucléaire : c’est dans ce triptyque apocalyptique, anthologie des horreurs perpétrées par notre espèce au siècle dernier, que le réalisateur Rithy Panh tisse sa toile. Reflet d’un travail acharné et minutieux autour, entre autres, d’images et témoignages des rescapés du carnage nucléaire d’Hiroshima et de Nagasaki, Irradiés est un documentaire aussi glaçant que nécessaire. Démiurge ou pyromane, l’espèce humaine incarnerait presque à l’écran un personnage à part entière, frappant par sa performance schizophrène entre autodestruction et résilience absolue. Serait-ce un strident avertissement pour le siècle à venir ? Message reçu dans tous les cas par le jury du festival : Irradiés a remporté le prix du meilleur documentaire !

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Sélection officielle – prix du meilleur documentaire

Irradiés

Film de Rithy Panh  2020  1 h 28

4. Todos os mortos : portrait de l’ère post-esclavagiste brésilienne

Le personnage d’Ina, ancienne esclave, interprétée brillamment par Mawusi Tulani, reflète à elle seule le drame de la traite humaine, mais aussi des conséquences collatérales de son abolition au Brésil à l’aube du XXe siècle : familles dispersées, misère sociale et citoyenneté de second rang. À la recherche de son mari, Ina décroche à São Paulo un travail de servante auprès d’une famille aristocratique désargentée. Noire et donc interchangeable aux yeux de ses patronnes, Ina affiche une volonté inébranlable et une dignité exemplaire, puissante source d’espoir et d’inspiration pour son jeune fils qui l’accompagne. Todos os mortos illustre remarquablement la transition d’une société brésilienne inhumaine, rompue à l’esclavagisme, à une société inégalitaire et raciste dont le pays porte toujours les stigmates.

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Sélection officielle – prix de la meilleure interprétation féminine pour Mawusi Tulani

Todos os mortos

Film de Caetano Gotardo et de Marco Dutra  2020 2 h

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70e Berlinale - Festival International du Film de Berlin

Du 20 février au 1er mars 2020.

https://www.berlinale.de/en/home.html

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Image de Une : Giorgio Diritti, Volevo nascondermi, 2019. © Chico De Luigi

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