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Pablo Picasso fut un enfant précoce. La petite histoire raconte que son premier mot aurait été pour l’art : « Piz », soit lapiz, crayon en espagnol. Mais le plus étonnant est qu’il peignit son premier tableau à l’âge de 8 ans ! Le Petit picador jaune est déjà une œuvre bien aboutie, représentant un sujet typique de la culture ibérique. L’enfant était un familier des courses de taureaux, à Malaga, sa ville natale. Picasso a refusé obstinément toute sa vie de se séparer de cette œuvre de jeunesse, la première d’une bien longue carrière.
Pablo Picasso, Le Petit picador jaune, 1892
Huile sur bois • 24 × 19 cm • Coll. particulière • © Succession Picasso, 2018 / © Art Resource-Scala
Arrivé à Paris en 1901, Picasso a plongé dans l’univers de la bohème montmartroise… et ses paradis artificiels. Il vit alors modestement au Bateau-Lavoir avec sa compagne Fernande Olivier. L’opium était une drogue à la mode dans les milieux interlopes. On trouvait même plusieurs fumeries à Montmartre ! Georges Braque et Modigliani les fréquentaient aussi. Heureusement Picasso ne s’est pas perdu dans les volutes de fumée. En 1908, il a stoppé net sa consommation suite au suicide d’un jeune artiste qui logeait au Bateau-Lavoir.
Pablo Picasso dans son atelier au Bateau-Lavoir, 13 place Émile Goudeau à Montmartre, 1908
Photographie • Photo Frank Gelett Burgess / © Bridgeman Images / PVDE
« En étudiant Picasso, j’ai découvert le monstre », écrit Sophie Chauveau, auteur d’une récente biographie du peintre. L’approche est ouvertement féministe. Elle propose de différencier l’œuvre de l’homme, qui a cumulé épouses et maîtresses toute sa vie. Le génial Picasso serait l’incarnation de la toute-puissante masculine, multipliant les aventures jusqu’à un âge avancé, usant parfois d’une certaine violence à l’égard des femmes. On ne peut nier que le peintre a fait hurler les femmes, du moins Dora Maar, sa compagne dans les années 1930 passée à la postérité sous le nom de la Femme qui pleure.
Pablo Picasso, La Femme qui pleure, 1937
Huile sur toile • 60,8 × 50 cm • Coll. tate, Londres • © Succession Picasso, 2018 / © RMN-Grand Palais / Tate Photography
Picasso était un homme généreux… mais il n’aimait guère ouvrir son porte-monnaie. L’artiste avait l’habitude de fréquenter les bons restaurants, voire les grandes tables. Sa célébrité était si grande qu’il se contentait souvent de laisser en guise de règlement quelques croquis à même la nappe. Il n’hésitait pas également à signer des chèques. Sachant que son autographe valait largement plus que le montant, il était certain que le chèque ne serait jamais encaissé !
Pablo Picasso, Autoportrait, 1907
Huile sur toile • 56 × 46 cm • Coll. Narodni Galerie, Prague • © Succession Picasso, 2018 / © Bridgeman Images
Le 22 août 1911, la célèbre Joconde est volée au musée du Louvre. Le poète Guillaume Apollinaire est suspecté car son ancien secrétaire, Géry Pieret, avait dérobé trois statuettes au musée les années précédentes et, surtout, il se targuait d’être l’auteur de ce vol spectaculaire. Ce fut un coup dur pour le poète. Son ami Picasso trempait lui aussi dans cette sale affaire car il détenait certaines des pièces volées au Louvre. Longuement interrogé, il fut finalement relâché et blanchi dans cette histoire rocambolesque qui ne se solda qu’en janvier 1914 par le retour de Mona Lisa au Louvre.
Excelsior du 23 août 1911 – Le Louvre a perdu la Joconde / Emplacement vide de la Joconde au salon carré du Louvre
© Selva-Leemage / © Tallandier-Bridgeman Images
Picasso - Donner à voir
Du 15 juin 2018 au 23 septembre 2018
Musée Fabre • 39 Boulevard Bonne Nouvelle • 34000 Montpellier
museefabre.montpellier3m.fr
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