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Une œuvre en détails

À pas de loup, dans l’œuvre virtuose de Pieter de Hooch

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Publié le , mis à jour le
De paisibles scènes d’intérieur contant la vie quotidienne des habitants de Delft ou d’Amsterdam : les tableaux de Pieter de Hooch sont d’incroyables témoignages de l’âge d’or hollandais et de petits bijoux d’illusionnisme. Beaux Arts s’attarde sur un moment d’intimité familiale… Glissons-nous discrètement chez une bourgeoise en pleine séance de pouponnage.
Pieter de Hooch, La Mère
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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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Au cœur de l’intimité domestique

Bienvenue dans la demeure cossue d’une femme aisée d’Amsterdam, mère de deux enfants. De bon matin, au sortir du lit, celle-ci s’occupe affectueusement de son nouveau-né, laissant sa petite fille tentée par l’évasion qu’offre une porte entrouverte. Sa main tendue sur le fil de son corsage, elle est sûrement sur le point de donner le sein, à moins qu’elle ne l’ait déjà fait… C’est un moment d’intimité familial que saisit le Hollandais Pieter de Hooch (1629–1684), juste après son déménagement de Delft à Amsterdam, dans les années 1660. Surpris par la taille des maisons de la capitale, plus luxueuses, celui-ci n’a pas hésité à agrandir son format avant de peindre de manière réaliste l’intérieur de ce logis douillet.

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

Pieter de Hooch, La Mère
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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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Mère au foyer

Au XVIIe siècle, nombre de mères laissent leurs nouveaux-nés à des nourrices pour les élever et les allaiter à leur place, selon la convention. Mais ce personnage ne semble guère être engagé pour le rôle, au vu de son somptueux manteau doublé de fourrure… De Hooch, habitué à représenter la vie quotidienne des femmes, a donc probablement souhaité livrer son opinion sur un sujet qui provoque la polémique : l’allaitement maternel. À en juger par l’extrême propreté de la maison, cette mère heureuse de donner le sein incarne la parfaite femme au foyer, selon l’artiste !

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

Pieter de Hooch, La Mère
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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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Départ du couffin

Si le nouveau-né est dérobé à la vue du spectateur, caché dans son berceau peint de dos, c’est pour mieux mettre en valeur l’expression attendrie de sa génitrice. Mais aussi pour faire ressortir la couverture rouge vermillon de son panier, clé de la composition. Car c’est depuis ce plaid que l’œil du spectateur se déplace ensuite jusqu’au corset féminin de la même couleur, puis jusqu’à la cape suspendue à une patère. Le tout forme une oblique qui traverse la toile pour conduire vers la lumière de l’extérieur.

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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Le regard en fuite

C’est un instant figé. Le pied gauche presque levé, cette petite fille va-t-elle céder à l’envie de se dérober à la surveillance de sa mère ou observe-t-elle simplement avec curiosité le monde extérieur ? Le peintre de l’enfance et des bonnes mœurs hollandaises a placé ici ce personnage non seulement pour rendre la scène plus vivante, mais aussi pour incarner le désir d’évasion et d’imagination du spectateur. Une technique nommée doorkijkje (dont l’artiste est devenu un expert), qui consiste à ouvrir la vue sur l’extérieur par la représentation d’une porte ou d’une fenêtre.

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

Pieter de Hooch, La Mère
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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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Le chien, signe de bonheur

Que serait une famille sans animal de compagnie ? Ce chien, représenté avec virtuosité en raccourci, participe délibérément à l’image du foyer idéal. Placé entre l’univers intime de la chambre et l’agitation du salon, il semble rejoindre l’enfant devant la porte, tout en se retournant vers le nouveau-né, sans doute attiré par son agitation. Coïncidence ? Son museau pointe vers un intriguant motif : une silhouette peinte sur un morceau de carrelage et qui fait écho à la position de la petite fille. Sans doute pour rappeler le lien qui unit l’enfant et son compagnon de jeu !

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

Pieter de Hooch, La Mère
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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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De l’importance du carrelage

S’il est surnommé le « maître de la perspective », c’est parce que Pieter de Hooch a mis en place une recette infaillible pour créer un effet de profondeur sans pareil : composer une vue avec des pièces en enfilade dont le carrelage au sol change de motif et de couleur d’un espace à l’autre. Ici, la chambre composée d’un damier noir et blanc laisse ensuite place à un salon dont le pavement aux tons orangés est disposé en losanges. De l’obscurité intime à la chaleur des rayons du soleil pénétrant la pièce commune, le spectateur est happé par l’image !

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

Pieter de Hooch, La Mère
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Pieter de Hooch, La Mère, 1661-1663

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Le langage des objets

Le lit à moitié défait, la bassinoire suspendue (récipient utilisé comme bouillotte) projetant son ombre vers la mère, la bougie posée sur la table : Pieter de Hooch dispose judicieusement les objets sur la toile pour inciter l’œil à la parcourir. Le spectateur peut alors dévorer chaque détail capable de satisfaire sa curiosité de visiteur intrusif. Contrairement à son célèbre contemporain Johannes Vermeer (1632–1675) qui privilégie les figures humaines et leurs psychologies, De Hooch se fascine pour les objets et les espaces intérieurs qui forment un contexte social tout en permettant de savantes compositions. Un parti pris suscitant à son époque une grande admiration, mais qui, à la fin du XIXe siècle, sera éclipsé par celui de Vermeer…

Huile sur toile • 92 x 100 cm • Coll. Gemäldegalerie, Berlin • © BPK, Berlin, Dist. RMN-Grand Palais / Jörg P. Anders

Retrouvez dans l’Encyclo : Pieter de Hooch

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