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Photographie de Lewis Marshall, 15 ans, par le photojournaliste James Karales lors des marches de Selma à Montgomery
© Dr. Ernest C. Withers, Sr / Estate James Karales
Une chose est sûre : il tient ses promesses ! Fidèle à ses engagements de campagne, Donald Trump, 47e président des États-Unis, a signé dès son investiture, le 20 janvier, une série de décrets, dont l’un vise directement les initiatives de « diversité, équité et inclusion », dites DEI.
Intitulé « Mettre fin aux programmes gouvernementaux radicaux et inutiles de DEI et de préférences », ce décret qualifie ces politiques de « discrimination illégale et immorale » et ordonne leur abandon sous soixante jours dans les agences fédérales et chez leurs partenaires.
Dans la foulée, deux des plus prestigieux musées du pays, financés en grande partie par le gouvernement fédéral, ont annoncé la suppression de leurs initiatives de DEI. La National Gallery of Art de Washington, institution fondée par le Congrès en 1937, a ainsi mis un terme à sa campagne lancée sous l’administration Biden (2021–2025) pour promouvoir la diversité et lutter contre les discriminations.
Dotée d’un budget de 820 000 dollars, elle avait conduit à d’importantes avancées : la création du premier poste de conservatrice d’art afro-américain au sein de l’institution, confié à Kanitra Fletcher, la présidence du conseil d’administration attribuée en 2024 à Darren Walker – une première pour un Afro-Américain –, et la nomination d’E. Carmen Ramos, spécialiste de l’art latino-américain, au poste de conservatrice en chef.
Le 28 janvier, la Smithsonian Institution, qui regroupe 21 musées et centres de recherche à Washington, dont le Hirshhorn Museum and Sculpture Garden et le National Museum of African American History and Culture, a suivi le mouvement. Elle a annoncé la fermeture de son bureau dédié à l’inclusion et la fin des références aux engagements de DEI de son programme « Smithsonian Affiliations ». Dès le lendemain, la page web détaillant ces initiatives disparaissait, remplacée par les termes plus neutres « accueillant et accessible ». De son côté, le National Endowment for the Arts (NEA), principal organisme de financement culturel, a supprimé de son site son « Plan d’action pour l’équité ».
Les initiatives de DEI ont permis ces dernières années de mieux représenter les minorités dans les institutions culturelles.
L’impact de cette politique anti-DEI sur les musées reste encore flou. Si certaines institutions observent la situation avec prudence, d’autres refusent de plier. Le Museum of Contemporary Art Detroit (Mocad), le Getty et le High Museum de Chicago ont ainsi déclaré au magazine en ligne Hyperallergic qu’ils maintiendraient leurs engagements.
Héritées du mouvement des droits civiques, les initiatives de DEI ont permis ces dernières années, notamment depuis le meurtre de George Floyd en 2020, de mieux représenter les minorités dans les institutions culturelles en intégrant davantage de diversité dans les collections, les expositions et les recrutements. Les musées ne sont d’ailleurs pas les seuls concernés : de nombreuses entreprises ainsi que des universités ont aussi mis en place des politiques similaires. Mais avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence, de nombreux géants américains comme McDonald’s, Ford, les supermarchés Walmart ou encore Meta ont annoncé y mettre fin.
La suppression de ces programmes marque un recul significatif pour les politiques d’inclusion. Les défenseurs de la diversité y voient une attaque contre les droits des minorités et une remise en question des progrès accomplis en matière d’égalité. À l’inverse, les partisans de Trump saluent un retour à une gestion « neutre » des institutions, considérant les politiques de DEI comme une forme de discrimination inversée. Face à ce décret, les musées devront redoubler d’efforts. Le défi est immense : comment continuer à refléter la richesse et la diversité de la société américaine, alors que le cadre institutionnel se resserre ? Plus qu’une contrainte, c’est une responsabilité à assumer.
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Mis en place sous l’administration Biden, les programmes de DEI, pour « diversité, équité et inclusion », auxquels Donald Trump entend mettre fin sont les héritiers du mouvement américain des droits civiques. Une lutte qui culmina en 1965 avec les marches de Selma à Montgomery, en Alabama.