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Sculpteur et vidéaste américain, Bruce Nauman (1941-) est un artiste démonstratif et contemplatif tout à la fois. Figure majeure de l’art conceptuel depuis les années 1970, il accorde dans son travail une grande importance au processus créatif (plus qu’à la réalisation finale). Installé en Californie, puis au Nouveau-Mexique, Nauman a fait du corps humain, vecteur de langage, son sujet de prédilection. Ses œuvres, en particulier des vidéos et pièces sonores, sont souvent des installations monumentales et immersives. Elles nous parlent de l’humain dans son rapport au temps ou à l’espace, du sacré ou de l’environnement.
Bruce Nauman
© Photo Toniolo / AGF / Leemage / Bridgeman images
« Si je suis un artiste et que je suis dans le studio, et bien tout ce que j’y fais relève de l’art. »
Né dans l’Indiana, Bruce Nauman étudie les mathématiques à l’Université du Wisconsin avant de se tourner vers les beaux-arts. Il est diplômé, dans cette spécialité, de l’Université de Californie. Il se passionne aussi pour la musique et la danse contemporaine.
En 1965, Bruce Nauman cesse la peinture abstraite pour se consacrer à la sculpture, mais aussi à la fabrication d’objets et de vidéos. La matière, le corps, le langage et la performance deviennent ses principaux sujets de réflexion. En 1966, il expose pour la première fois dans une galerie à Los Angeles. La même année, l’artiste installe son atelier dans une ancienne épicerie à San Francisco.
Du corps, Nauman aime décomposer les mouvements et les sons, toutes les formes du langage. Cette interrogation peut passer par la réalisation de performances filmées, mais aussi le dessin ou les installations. À ses débuts, Nauman travaille à partir de fragments d’éléments de son propre corps, moulés et coulés en cire, qu’il assemble, déplace. Il apprécie particulièrement le caractère brut de la matière, ainsi que les jeux de transparence et d’opacité. L’un de ses sujets de prédilection est la difficulté qu’ont les hommes à communiquer ensemble. L’artiste réinterprète des rituels primitifs, nous rendant attentifs aux gestes, jouant sur des situations de stress ou d’apaisement.
Nauman est considéré à la fois comme un artiste conceptuel et minimaliste. Si le corps est le matériau premier de son travail, l’espace joue également un rôle de premier ordre : l’espace dans lequel nous vivons, habitons, nous déplaçons. Il n’utilise que peu d’éléments. L’artiste considère que tout peut devenir art, même le plus banal objet de quotidien. À ses yeux, ce qui compte est la volonté d’art et non le résultat final.
Au Nouveau-Mexique, où il s’est installé, Bruce Nauman élève des chevaux dans un ranch. L’artiste aime la vie sauvage et inclut souvent des représentations animalières dans ses œuvres.
Bruce Nauman, Run from Fear, Fun from Rear, 1972
Tubes neon • Coll. particulière • © ADAGP, Paris, 2021 / Photo Christie’s Images / Bridgeman images
Run for Fear, Run from Rear, 1972
Comme si le langage dérapait, l’affirmation « Cours de peur » se transforme en contrepèterie obscène (« Prends ton pied par-derrière »). Bruce Nauman aime jouer avec les mots, et les doubles sens. Depuis les années 1970, il utilise le néon, source lumineuse, pour concevoir des sculptures et des installations qui frappent le regard.
Bruce Nauman, Green Light Corridor, 1969
Installation • Dimensions variables • Coll. Guggenheim museum, New York • © ADAGP, Paris, 2021
Green Light Corridor, 1969
Dans un environnement saturé de couleur verte, Bruce Nauman rend le spectateur acteur. Il l’invite à faire l’expérience de la contrainte. L’espace construit par l’artiste, un étroit corridor oppressant, ne lui permet qu’un déplacement de profil, à touche-touche avec les murs. De quoi ressentir une certaine claustrophobie !
Untitled, 1970–2009
Créé à l’origine pour la Biennale de Tokyo en 1970, puis révisé pour la Biennale de Venise en 2009, ce film est une métaphore sur le temps. À la demande de Nauman, deux danseurs tournent au sol dans le sens des aiguilles d’une montre. À mesure que la performance avance, leurs gestes sont plus imprécis et saccadés. Cette création témoigne de l’importance de l’étude du mouvement, du temps et de l’espace dans l’œuvre de l’artiste.
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