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Carel Fabritius en 2 minutes

En bref

Peintre néerlandais du siècle d’or, Carel Fabritius (1622–1654) est considéré comme l’élève le plus brillant de Rembrandt. Mort tragiquement à l’âge de 32 ans, ce contemporain de Vermeer travaille avec verve et rapidité, s’illustrant dans des têtes d’étude et des tableaux de genre. L’artiste est également célèbre en son temps pour ses vues en perspective, mais elles n’ont pas survécu à sa disparition.

Carel Fabritius, Autoportrait
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Carel Fabritius, Autoportrait, 1645–1650

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Huile sur panneau • 65 × 49 cm • Rotterdam, Musée Boijmans van Beuningen • akg-images

Sa vie

Né en février 1622 à Middenbeemster, Carel Fabritius est le fils d’un sacristain. Il aurait débuté son apprentissage comme menuisier, avant de se tourner vers l’art pictural. Ses deux frères s’engagent dans la même voie.

Marié et installé à Amsterdam, Fabritius, excellent dessinateur, entre dans l’atelier de Rembrandt. À ses côtés, se trouvent d’autres jeunes élèves, à l’instar de Samuel van Hoogstraten. Fabritius a manifestement travaillé à La Haye, et peint dans l’enceinte du quartier gouvernemental où se situe le Tribunal suprême des Pays-Bas, dont l’accès nécessite une autorisation officielle. Il semble avoir donc été introduit dans des cercles privilégiés.

Quelle fut l’influence de Rembrandt sur son œuvre, sur son style ? Fabritius possède une grande maîtrise picturale, modelant les formes par des jeux de lumière parfois brutaux. Ses silhouettes sombres se détachent souvent sur des fonds lumineux. Sa touche est énergique. Il est évident que l’artiste est inspiré par le grand maître, et qu’il devient un « rembrandtiste ». Toutefois, Fabritius évolue et se détache de l’influence du maître, éclaircissant sa palette.

Sa femme étant morte en couches, le peintre quitte Amsterdam. À son remariage, il s’installe à Delft, célèbre pour ses fabriques de tapisserie, faïence et argenterie. Fabritius entretient alors des liens avec le jeune Vermeer, présenté parfois comme son élève. Après la mort de Fabritius, ce dernier marchera dans ses traces et reprendra le flambeau de l’école delftoise.

En effet, c’est dans cette ville que le destin tragique de Fabritius se scelle, en pleine ascension. Le peintre, âgé seulement de 32 ans, est enseveli sous les décombres de sa maison lors de l’explosion de l’Arsenal. La totalité de son atelier aurait été détruit, et seule une vingtaine d’œuvres de sa main sont conservées.

Ses œuvres clés

Carel Fabritius, Agar et l’ange
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Carel Fabritius, Agar et l’ange, 1643–1645

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Huile sur toile • 157,5 × 136 cm • Residenzgalerie, Salzbourg

Agar et l’ange, 1643–1645

Typique du « rembrandtisme », ce tableau religieux illustre un thème déjà traité par le maître de Carel Fabritius. L’action est centrée sur les deux personnages : la jeune servante, rejetée par Abraham, est sur le point d’être sauvée par Dieu dont l’ange est un envoyé. Fabritius manie à la perfection le clair-obscur, et représente la douleur d’Agar dans une scène qui inspire la piété et l’empathie. Comme son maître, Fabritius dote les personnages bibliques d’une profonde humanité.

Carel Fabritius, Autoportrait
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Carel Fabritius, Autoportrait, 1645–1650

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Huile sur panneau • 65 × 49 cm • Rotterdam, Musée Boijmans van Beuningen • akg-images

Autoportrait, 1645–1650

Âgé d’une vingtaine d’années, le jeune Fabritius se représente de face, regardant le spectateur dans les yeux. La chemise ouverte, l’artiste se montre sans fard, sans palette à la main, dans un moment proche d’une intime confession.

Carel Fabritius, Le Chardonneret
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Carel Fabritius, Le Chardonneret, 1654

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Huile sur panneau • 33,5 × 22,8 cm • Mauritshuis, La Haye • © Wikimedia Commons

Le Chardonneret, 1654

Ce portrait d’un oiseau, délicat et sensible, est une œuvre célèbre. Avec naturalisme et illusionnisme, l’artiste représente un chardonneret domestique, attaché à sa mangeoire par un fil à la patte. Fabritius traite ce sujet avec simplicité, sans faire référence au thème de la Vierge à l’enfant auquel cet oiseau est parfois associé. Toutefois, l’animal conserve son aura symbolique, incarnant tout à la fois la fuite et le courage. L’œuvre témoigne de l’indépendance prise par Fabritius vis-à-vis de la manière de Rembrandt.

Par • le 5 septembre 2022

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