El Castillo, temple de Kukulkán à Chichén Itzá
© Eric Baetscher
Son nom signifie « au bord du puits de Itzaes ». Au nord du Yucatán, la ville de Chichén Itzá a été fondée au Ve siècle de notre ère à deux pas de deux cenotes, des cavités naturelles emplies d’eau et de vie. À ce premier site, dit « vieux Chichén » et déjà riche de superbes édifices de style maya tels que les temples du Cerf et des Panneaux, l’édifice des Nonnes ou l’Akab Dzib, s’est ajouté au Xe siècle le « nouveau Chichén », construit par des guerriers toltèques.
C’est ce second site qui est le plus remarquable. Parfaite fusion entre les arts traditionnels maya et toltèque, il donne à visiter quelques monuments en pierre exceptionnels, comme l’observatoire astronomique, dit Caracol, ou encore la pyramide de Quetzalcoatl, celle-ci étant entourée de terrasses et de bâtiments tels que le temple du Jaguar, la maison des Aigles, le groupe des Mille Colonnes ou encore les cours de pelote…
Après le XIIIe siècle, la ville ne semble avoir accueilli aucune construction importante. Progressivement abandonnée au fil du XVe siècle, c’est en ruines mystérieuses, perdues dans une abondante végétation, qu’elle s’offre à partir de 1841 aux premières fouilles. Heureusement, comme l’UNESCO l’indique (la ville est inscrite au patrimoine mondial depuis 1988), « l’excellence des matériaux et des techniques utilisés par les Maya pour la construction des bâtiments a garanti la survie de l’essence architectonique, sculpturale et picturale de Chichén Itzá au fil des siècles. »
« L’Église », ruines mayas à Chichén Itzá
© Bruno et Tuul Morandi / hemis
Deuxième site archéologique le plus visité du Mexique, l’ancienne ville est aujourd’hui traversée par jusqu’à 8 000 visiteurs par jour. C’est pourquoi il n’est désormais plus possible d’entrer dans les temples millénaires ou de s’offrir un frisson de vertige en grimpant sur les pyramides (notamment depuis qu’une Américaine de 81 ans est morte en montant les 91 marches du Castillo en 2006…). Un désavantage qui n’en est pas un, puisqu’il est possible d’admirer les monuments sans aucun touriste en pleine ascension !
Les Mayas étaient riches de très fines connaissances en matière d’astronomie, comme en témoignent les 365 marches de la pyramide principale ou la présence d’un observatoire sur le site. Si vous en avez l’occasion, tâchez donc de visiter Chichén Itzá lors des équinoxes de printemps et d’automne : ces jours-là, car le soleil se lève exactement à l’est et se couche exactement à l’ouest, une ombre serpentine apparaît sur la pyramide de Quetzalcoatl (dont le nom signifie « serpent à plumes ») et ondule au fil des marches jusqu’à rejoindre une tête de serpent sculptée tout en bas de l’escalier, pour reformer un instant son corps !
Réalisateur de La Grande Vadrouille, le Français Gérard Oury tourne en 1984 La Vengeance du serpent à plumes, film rocambolesque dont l’histoire se déroule entre Paris et Chichén Itzá ! Et où l’on voit Coluche survoler le site en hélicoptère, puis dérober l’une des colonnes…
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