SÉRIE – 40 MERVEILLES DU MONDE

Tombouctou, fragile « perle du désert » menacée par la guerre

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Publié le , mis à jour le
Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1988, la « ville aux 333 saints » brille au Mali par son architecture en terre crue et ses manuscrits anciens. Un exceptionnel patrimoine qui est, depuis 2012, régulièrement la cible des djihadistes. Dans cette série estivale, Beaux Arts vous emmène tous les jours, du lundi au vendredi, aux quatre coins du monde à la découverte des plus beaux sites, monuments et merveilles de l’humanité.
Tombouctou, la mosquée Sankoré
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Tombouctou, la mosquée Sankoré

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© John Elk III / Alamy / Hemis

On la surnomme « la perle du désert ». Située aux portes du Sahara, au nord-ouest du Mali, Tombouctou est un haut lieu de la culture islamique. Aux XIVe et XVe siècles, elle s’impose comme une capitale spirituelle, culturelle et marchande de premier plan, au carrefour entre le Maghreb et l’Afrique noire.

Grâce à ses manuscrits anciens, ses mausolées richement décorés et ses célèbres mosquées (Djingareyber, Sankoré et Sidi Yahia), la « ville aux 333 saints » est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO dès 1988. Les monuments de Tombouctou, qui témoignent de son passé prestigieux, se distinguent par leur architecture en terre crue. Cette particularité les rend très fragiles et demande ainsi un entretien régulier, qui fait partie intégrante des traditions tombouctiennes.

Ce qu’il faut savoir sur Tombouctou

En 2012, lorsque la ville subit l’occupation d’un groupe armé djihadiste, ces joyaux artistiques et historiques deviennent une arme politique. Dès le début du conflit, l’UNESCO alerte la communauté internationale en inscrivant Tombouctou sur la liste du patrimoine mondial en péril. En vain : au nom de la lutte contre « l’idolâtrie », 24 mausolées sont détruits par les islamistes, à coups de pioches et de barres à mine. Les précieux manuscrits et les mosquées ne sont pas épargnés non plus. Quatre ans plus tard, en 2016, ces destructions font l’objet d’un procès historique à La Haye. C’est la première fois qu’un homme, Ahmad Al Mahdi Al Faqi, est jugé par la Cour pénale internationale exclusivement pour des destructions de patrimoine, considérées comme des « crimes de guerre ».

Ruelle menant à la mosquée Sankoré à Tombouctou
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Ruelle menant à la mosquée Sankoré à Tombouctou

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© Alamy / hemis

Entretemps, de 2013 à 2015, les mausolées ont tous été reconstruits, grâce à la levée de fonds réalisée par l’UNESCO et aux centaines d’artisans maliens mobilisés. Après une accalmie, la menace djihadiste s’est intensifiée une nouvelle fois en août 2023. Un groupe affilié à Al-Qaïda a déclaré « la guerre dans la région de Tombouctou » et organisé un blocus qui continue aujourd’hui d’étouffer ses habitants.

Pour aller plus loin

D’une beauté déchirante, le film Timbuktu (2014) du réalisateur mauritanien Abderrahmane Sissako, raconte la vie tranquille d’une famille malienne bouleversée par l’invasion des djihadistes en 2012. Récompensé par sept César et nommé à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2015, le long-métrage met en lumière les actes de résistance des Maliens pour défendre leur culture face à l’extrémisme religieux.

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