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De l’âge de bronze à l’art contemporain : les chefs-d’œuvre du musée de Picardie

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Premier édifice conçu pour abriter un musée en France, le musée de Picardie a aussi servi de prototype des musées des Beaux-Arts et de modèle pour Lille ou Nantes. Fermé depuis juillet 2017, il vient de rouvrir ses portes au public. Morceaux choisis de sa collection.
Tête de kouros
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Tête de kouros, Athènes (?), vers 510 av. J.-C.

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Le sourire archaïque de la Grèce d’Homère

À l’époque archaïque (du VIIIe siècle au début du Ve siècle avant notre ère), la Grèce est encore loin de l’art du portrait et des représentations naturalistes classiques, comme en témoigne cette tête de jeune homme (kouros en grec). L’artiste représente une beauté idéale et codifiée : le visage est éclairé par un sourire ineffable et encadré d’une chevelure au traitement décoratif. Elle combine une rangée de boucles en coquille soulignant le front et des mèches striées tombant sur les épaules. Le corps était nu, saisi dans une attitude frontale, les bras le long du corps et la jambe gauche dans la position de la marche. Ces figures religieuses ornaient les sanctuaires ou marquaient une tombe. Il semblerait que l’auteur de cette tête de kouros soit le sculpteur athénien Anténor, actif entre 510 et 485 avant notre ère. – S. P.

Marbre de Paros • 33 x 26 cm • Photo Marc Jeanneteau – Musée de Picardie

Statuette de Ptah-Sokar-Osiris au nom d’Horresnet
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Statuette de Ptah-Sokar-Osiris au nom d’Horresnet, provenance inconnue, mais très probablement la nécropole d’Akhmim, époque ptolémaïque (332-30 av. J.-C.)

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Statuette de Ptah-Sokar-Osiris au nom d’Horresnet

Cette divinité de Ptah-Sokar-Osiris est issue d’un syncrétisme religieux tardif qui réunit trois dieux : Ptah, Sokaris et Osiris. Démiurge façonnant le monde par le pouvoir de son verbe créateur, Ptah est originaire de Memphis tout comme Sokaris, mais ce dernier partage avec Osiris un caractère funéraire. Ces statuettes en bois se multiplient dans les tombes des particuliers aux époques tardives, alors que monte en puissance le culte d’Osiris. – S. P.

Bois enduit de stuc, puis peint ou recouvert d’or • 77,5 x 15,8 cm • Photo Hugo Maertens – Musée de Picardie

Crosse de saint Michel terrassant le dragon
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Crosse de saint Michel terrassant le dragon, Limoges, vers 1260‑1210

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Saint Michel terrassant le dragon

La plupart des sculptures et pièces d’orfèvrerie de ce département proviennent des abbayes et des églises d’Amiens et de la Picardie, et tout particulièrement de la cathédrale (construite de 1220 à 1270). Beaucoup de sculptures y ont été remplacées par des copies réalisées au XIXe siècle sous la direction de Viollet-le-Duc pour préserver les originaux déposés au musée. Entre les XIIe et XIIIe siècles, l’orfèvrerie connaît un renouveau grâce aux ateliers de Limoges magnifiant les pièces avec ces émaux aux bleus lumineux, comme l’atteste cette crosse figurant le combat de saint Michel avec le dragon. – S. P.

Cuivre doré émail champlevé • 30 x 12 cm • Photo Irwin Leullier – Musée de Picardie

Jean-Charles Chabrié, Rêverie d’enfant
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Jean-Charles Chabrié, Rêverie d’enfant, 1874

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L’abandon à la rêverie

Sujets religieux, thèmes inspirés de la mythologie et de la littérature, portraits officiels ou plus intimes… Transcrits dans le marbre, le bronze ou la terre, ils narrent une histoire d’un art officiel qui donne le ton chaque année aux Salons.
Taillé dans un marbre de Carrare à la blancheur éblouissante, le corps du jeune enfant au traitement lisse contraste avec les ornementations des tissus et le travail de la chevelure bouclée. – S. P.

Marbre • 112 x 56 cm • Photo Hugo Maertens – Musée de Picardie

Gustave Deloye, L’Acteur Jean-Baptiste Berthelier
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Gustave Deloye, L’Acteur Jean-Baptiste Berthelier, 1887

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Saisi sur le vif

Dans la lignée de Rude, de Carpeaux et des sculpteurs du règne de Louis XV que l’artiste collectionne, Gustave Deloye s’illustre dans le courant néobaroque, dont la théâtralité, les poses contorsionnées et les jeux d’ombre et de lumière suscitent un grand engouement en cette fin de XIXe siècle. Introduit dans le milieu mondain à partir de 1870, Deloye voit défiler dans son atelier les personnalités les plus marquantes de l’aristocratie, mais aussi du monde des arts, comme ici, avec le portrait de l’acteur et chanteur Jean-Baptiste Berthelier. – S. P.

Terre cuite • 72 x 38 cm • Photo Irwin Leullier – Musée de Picardie

Anonyme (Maître d’Amiens), Au juste pois véritable balance
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Anonyme (Maître d’Amiens), Au juste pois véritable balance, 1518-1519

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Au juste pois véritable balance

Agenouillé en position d’orant devant la Vierge, Antoine Picquet, représentant du roi à Amiens, est le commanditaire de l’œuvre. En 1518, il a l’honneur d’offrir ce tableau à la mère de Jésus. Seul de l’assemblée à avoir la tête nue en signe de déférence, il est figuré richement vêtu afin de souligner sa prestigieuse position sociale. Procureur du roi, l’homme voit dans le thème du puy sur la justice un écho non dissimulé à sa charge juridique. Ainsi, le tableau lui permet dans le même temps de rendre hommage au souverain, au lendemain de sa visite avec sa mère, Louise de Savoie, à Amiens en 1517. – S. P.

Huile sur bois ? • 173 x 97 cm • © C2RMF/Thomas Clot

Jusepe de Ribera, Le Miracle de saint Donat d’Arezzo
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Jusepe de Ribera, Le Miracle de saint Donat d’Arezzo, 1652

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Un mystère résolu

Il aura fallu près d’un siècle pour comprendre ce tableau. Arrivée en 1890 au musée d’Amiens sous le titre « Messe du pape Grégoire le Grand », l’œuvre dut attendre 1963 pour que l’on identifie son véritable sujet : le miracle de saint Donat d’Arezzo. Bousculé par les païens, l’évêque brise le calice, qu’il parvient à reconstituer à force de prières. En 2015, une restauration redonnait tout son éclat à ce qui apparaît comme l’ultime chef-d’œuvre de Ribera. – S. P.

Huile sur toile • 191 x 155 cm • Photo Michel Mourguet – Musée de Picardie

François Boucher, La Chasse du crocodile
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François Boucher, La Chasse du crocodile, 1739

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Un vestige du Versailles de Louis XV

Les lambris chantournés qui encadrent cette toile donnent un indice. Elle n’est pas un tableau de chevalet, mais était au départ un décor mural commandé par Louis XV pour la Petite Galerie du roi, au château de Versailles. Démonté en 1767, ce petit appartement confortable destiné aux réunions familiales ou amicales, loin des fastes de la cour, comprenait neuf scènes cynégétiques, en hommage à l’amour que portait le monarque à la chasse. La juxtaposition incongrue d’une pyramide égyptienne et d’une rotonde antique, de sapins et de palmiers, témoigne de la fantaisie de François Boucher, pour qui le thème de la chasse était surtout l’occasion de former une composition exotique, dense et vigoureuse. – S. H.

Huile sur toile • 184 x 128,5 cm • Photo Marc Jeanneteau – Musée de Picardie

Pierre Puvis de Chavannes, Pro Patria Ludus
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Pierre Puvis de Chavannes, Pro Patria Ludus, 1882

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Pro Patria Ludus de Pierre Puvis de Chavannes

L’escalier d’honneur du Musée de Picardie est parfaitement achevé après l’installation des toiles de Puvis de Chavannes en 1863‑1864. Repéré au Salon de 1861 par Arthur‑Stanislas Diet, l’architecte chargé de la construction du musée, Puvis réalise finalement un cycle constitué d’une dizaine de peintures réparties entre l’escalier et la galerie d’honneur. Sa renommée de peintre décorateur assise, il revient. Amiens vingt ans plus tard, à la demande du conservateur du musée, pour exécuter une frise monumentale, Pro Patria Ludus, sorte de synthèse de ses premiers décors. – S. H.

Peinture à la cire sur toile marouflée sur le mur ouest de l’escalier d’honneur • 450 x 1755 cm • Photo Hugo Maertens – Musée de Picardie

Francis Bacon, Portrait de Jacques Dupin
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Francis Bacon, Portrait de Jacques Dupin, 1990

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Les tourments de l’âme

Poète, éditeur, critique, marchand, Jacques Dupin a également été proche de Bacon, d’où ce portrait qui fait écho aux mots de Dupin : « La vérité de l’œuvre rend nécessaire l’effacement du poète. » L’acquisition d’œuvres d’art moderne et contemporain par le musée de Picardie s’est affirmée dans les années 1980 (Dubuffet, Balthus), mais aussi grâce aux dépôts du Fonds national d’art contemporain (Bacon) ou du Fonds régional d’art contemporain (Picasso), jusqu’à la commande du Wall Drawing no 711 à Sol LeWitt en 1992. – S. H.

Huile sur toile • 35,5 x 30,5 cm • © ADAGP, Paris et DACS, London 200 / photo Irwin Leullier – Musée de Picardie

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Musée de Picardie

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