L’ŒUVRE QUI A CHANGÉ MA VIE

Élodie Bouchez : « J’aime ouvrir la porte d’un musée au détour d’un chemin, sans l’avoir décidé »

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Révélée dans Les Roseaux sauvages d’André Téchiné (1994), Élodie Bouchez brille autant sur grand écran que sur les planches. À l’occasion d’Art Paris, qui se tiendra au Grand Palais du 3 au 6 avril, l’actrice préside le jury de la première édition du prix Her Art – un nouveau prix qui distinguera une artiste présentée par l’une des 170 galeries participant à la foire.
Élodie Bouchez
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Élodie Bouchez

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Photo Matias Indjic

« Mon rapport à l’art est, en quelque sorte, non volontaire. J’aime ouvrir la porte d’un musée au détour d’un chemin, sans l’avoir décidé, un peu comme lorsque l’on entre par hasard dans une église, sans que cela soit forcément religieux.

On se retrouve tout à coup face à des œuvres qui nous emmènent, nous réconcilient avec le monde, nous apaisent. Il y a quelques semaines, je marchais dans un quartier de Miami que je ne connaissais pas bien, et je me suis retrouvée sur le campus de l’université où il y avait un musée. Je suis entrée et me suis sentie comme dans une petite bulle.

Le geste de l’artiste et celui de l’acteur

Récemment, je suis allée voir une exposition d’Anh Duong, une artiste que je connais depuis des années et qui se consacre principalement à l’autoportrait et à la nature morte. Ses autoportraits ont quelque chose de magnétique. Elle se peint très souvent avec de grands yeux qui donnent envie de plonger avec elle dans le tableau.

Anh Duong, Urgency of the Worst
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Anh Duong, Urgency of the Worst, 2009

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Huile sur toile • 99,1 × 215,9 cm • Courtesy galerie Gmurzynska, Zurich

Son rapport à la couleur et à la matière est aussi très particulier. Nous avons eu des discussions passionnantes au sujet de son rapport au geste lorsqu’elle peint ou dessine, qui se rapproche de ce que j’expérimente lorsque je joue au théâtre ou au cinéma. C’est finalement quelque chose qui nous échappe, un état de fulgurance.

Une admiration pour les Nymphéas de Monet

« Je collectionne surtout des œuvres qui me font plaisir, tout simplement. »

J’aime aussi lorsque les artistes s’inspirent des arts populaires, comme Evelyn Ackerman qui a surtout réalisé des tapisseries dans un style assez naïf. J’ai acheté quelques-unes de ses pièces chez un petit brocanteur américain de manière totalement intuitive, avant que son travail soit de nouveau coté. Je collectionne surtout des œuvres qui me font plaisir, tout simplement.

Evelyn Ackerman, Garden
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Evelyn Ackerman, Garden, 1958

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Tissage • Photo Dan Chavkin / Courtesy Pointed Leaf Press pour le livre « Evelyn and Jerome Ackerman: California Mid-Century Designers »

Mes goûts sont très éclectiques. Lorsque j’étais à Los Angeles, j’ai développé une sensibilité pour l’architecture avec Richard Neutra, John Lautner, Charles Eames… Je suis aussi le travail du collectif (La)HORDE, ou de Damien Jalet, qui a notamment collaboré avec JR. Mais quand je pense à l’œuvre qui m’a le plus bouleversée, je dirais instinctivement les Nymphéas de Claude Monet au musée de l’Orangerie – un lieu que j’apprécie car c’est un musée à taille humaine. Il se trouve que j’ai tourné dans cette salle une scène d’un film de Lætitia Masson (Un hiver en été, 2022, ndlr). Dire du texte face à cette œuvre, c’était à la fois un peu étrange et très impressionnant. »

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Art Paris 2025

Du 3 avril 2025 au 6 avril 2025

www.artparis.com

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