Portrait de la comédienne Catherine Frot lors d’une interview à Paris, en octobre 2024
© Dimitar Dilkoff / AFP
« J’aime beaucoup la peinture de Nicolas de Staël (1913–1955), à qui le musée d’Art moderne de Paris a consacré une merveilleuse rétrospective l’an passé. Dans ce cadre, j’ai découvert une toile, conservée en mains privées, que je n’avais jamais vue auparavant.
Le Saladier (1954) représente, comme son nom l’indique, un bol de salade sur fond noir, mais il incarne aussi une évolution dans la trajectoire de cet artiste qui a débuté par l’abstraction pour arriver progressivement à la figuration.
Ce tableau, totalement figuratif, confine à l’abstrait. La luminosité des verts et la transparence du verre sont admirables. Une vérité extraordinaire en ressort ! Le Saladier n’a pas bouleversé ma vie à proprement parler mais cette nature morte montre à quel point Nicolas de Staël a su se réinventer.
Nicolas de Staël, Le Saladier, 1954
Huile sur toile • 54 × 65 cm • Collection particulière • © ADAGP, Paris, 2025
La force créative de David Hockney (né en 1937) m’impressionne tout autant. Je suis son travail de près et depuis longtemps. Je viens de m’offrir sa monographie éditée en format SUMO chez Taschen.
Il s’agit de ma première grande rencontre esthétique qui a, elle, failli changer ma vie, à un moment où, avant mes vingt ans, j’envisageais de tenter les Beaux-Arts de Paris. Je continue non seulement de dessiner, au crayon, au pastel gras, mais aussi de peindre, dans mon atelier, au café, en vacances… Il m’arrive de prendre des passants, des meubles, des objets pour modèles. Sans oublier mes proches. Je ne suis pas certaine, toutefois, de vouloir exposer mon travail. »
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