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INTERVIEW

Feu! Chatterton au Louvre : “On aimerait retrouver une sorte de Factory, un endroit où tout le monde peut venir pour créer.”

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Publié le , mis à jour le
En résidence à partir de vendredi pour deux mois, le groupe français Feu! Chatterton reprend fièrement le flambeau d’une grande tradition du Louvre éteinte il y a deux siècles : vivre et créer dans le plus grand musée du monde. Rencontre avec Arthur Teboul (chanteur, parolier) et Sébastien Wolf (guitariste et claviériste).
Le groupe Feu! Chatterton (Arthur Teboul au centre et Sébastien Wolf à gauche) devant la Victoire de Samothrace, au Louvre.
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Le groupe Feu! Chatterton (Arthur Teboul au centre et Sébastien Wolf à gauche) devant la Victoire de Samothrace, au Louvre.

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© Photo Olivier Ouaddah / Musée du Louvre.

Comment avez-vous réagi à cette proposition de résidence au Louvre ?

Arthur Teboul : Quand le Louvre a changé de direction, Laurence des Cars est arrivée à sa tête avec son équipe du musée d’Orsay, notamment des personnes qui travaillent dans l’action culturelle des musiques actuelles, ce qui est rare dans un musée. C’est comme ça que nous avons été contactés, il y a six mois, et ça nous a paru dingue ! Nous avons été abasourdis et enthousiastes à l’idée d’être résidents au Louvre, avec un espace à notre disposition et un pass pour visiter à notre guise ce lieu incroyable. Nous vivons à Paris et il est très difficile de trouver un endroit pour créer dans cette ville, un studio à un prix abordable dans lequel nous pouvons laisser notre matériel et faire de la musique. Pour être libres dans notre création, nous avons besoin de pouvoir faire du bruit sans nous soucier de rien, car c’est ainsi qu’on peut basculer dans l’état de nudité et d’inventivité nécessaire. Là-bas, nous serons près de chez nous mais en même temps hors du monde. Nous avons tout de suite eu le désir d’entrer dans ce nouveau souffle. L’aspect logistique s’est mis en place petit à petit.

« Je n’aime pas les injonctions à aimer tel ou tel chef-d’œuvre. Si le sujet ou le style ne te touche pas, cherche ce qui t’intéresse en gardant le cœur ouvert et l’esprit libre. »

Sous quelle forme cette résidence va-t-elle se dérouler ?

Arthur Teboul : Elle durera deux mois. Nous y ferons des cartes blanches quatre vendredis en nocturne dans certaines salles du musée, trois concerts à la fin et une master class. C’est un défi, mais aussi une chance historique pour nous. Il faut à la fois être à la hauteur de l’enjeu sans trop y penser, nous sentir chez nous pour pouvoir être nous-mêmes. En enlevant tous les oripeaux de l’académisme, du scolaire et du sacré, on aborde les œuvres comme des traces faites par les artistes pour raconter leur présent et dialoguer avec leurs semblables. Cela nous habite déjà beaucoup et c’est le meilleur moyen d’être saisi. Si on est obligé d’aimer une chose, on ne peut pas l’aimer sincèrement. Je n’aime pas les injonctions à aimer tel ou tel chef-d’œuvre. Si le sujet ou le style ne te touche pas, cherche ce qui t’intéresse en gardant le cœur ouvert et l’esprit libre. On ne sait pas encore exactement ce qu’on va faire, mais on va suivre cette démarche.

Qu’en attendez-vous ?

Sébastien Wolf : Le Louvre n’a pas organisé de résidence depuis deux cents ans et peu de Franciliens le visitent, donc on a aussi envie de l’ouvrir à d’autres artistes, que ce soit un lieu de passage pour d’autres créateurs, pas uniquement des musiciens. Les quatre nocturnes leur seront consacrées, avec une grande thématique par soirée. On aimerait retrouver une sorte de Factory, un endroit où tout le monde peut venir pour créer. Beaucoup de musiciens ont composé en étant inspirés directement par les arts plastiques. Quand on parle de musique au sein du groupe, on fait souvent appel à des couleurs et à tout le langage pictural. Le bleu est par exemple omniprésent chez nous.

Arthur Teboul : C’est important pour le groupe d’avoir cette interdisciplinarité parce que c’est ce qu’on trouve au Louvre : de la peinture, de la sculpture, de la musique… Des domaines qui ont toujours cohabité dans l’histoire de l’art et qui se nourrissent les uns des autres.

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Résidence du 31 mars au 25 mai au musée du Louvre à Paris

> Quatre soirées musicales « Feu! Chatterton invite » dans les salles du musée
durant les nocturnes des vendredis 31 mars, 14, 21 et 28 avril.
> Une master class le 22 mai à l’auditorium du Louvre.
> Trois concerts de sortie de résidence les 22, 23 et 25 mai à l’auditorium également.

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Musée du Louvre

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