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Comme une parenthèse onirique, un interstice entre le visible et l’invisible, entre présence et absence, les vivants et les morts… Le travail d’Apichatpong Weerasethakul fascine aussi bien les cinéphiles que les amateurs d’art. Lauréat de la Palme d’or 2010 à Cannes avec Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), le vidéaste thaïlandais dresse des ponts entre société contemporaine, culture populaire et traditions ancestrales. Avec lui, le cinéma est contemplatif. C’est un territoire onirique et hanté, un rêve avec son lot de mystère et sa part d’ombre…
Apichatpong Weerasethakul, Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures), 2010
Film • Collection Christophel © Kick the Machine / Illuminations Films
« Oncle Boonmee (celui qui se souvient de ses vies antérieures) », 2010
d’Apichatpong Weerasethakul
Film thaïlandais, 1 h 53
Isaac Julien a été révélé en 1989 avec son film Looking for Langston, un film alliant documentaire et fiction qui relate le destin du poète gay Langston Hughes lors de la Renaissance de Harlem à New York, pendant l’entre-deux guerres. Deux ans plus tard, en 1991, l’artiste britannique pose son dévolu sur la culture jeune de la fin des années 1970 au Royaume-Uni avec Young Soul Rebels. Son travail s’articule autour des notions de genre, de diaspora et de l’identité noire. C’est notamment le cas avec Vagabondia (2000), un essai vidéo chorégraphique sur les fantômes du colonialisme peuplant le Sir John Soane’s Museum de Londres.
Isaac Julien, Looking for Langston, 1989
Film • © Bfi / Sankofa Film / The Kobal Collection / Aurimages
« Looking for Langston », 1989
d’Isaac Julien
Court-métrage britannique, 47 min
« Young Soul Rebels », 1991
d’Isaac Julien
Film britannique, 1 h 45
Il est l’un des artistes les plus prometteurs de sa génération. Récemment nommé au Prix Marcel Duchamp 2018, Clément Cogitore questionne les croyances dans nos sociétés sécularisées autant que le régime des images, à l’heure de la surveillance et des technologies. Son premier film, Ni le ciel ni la terre, avait été remarqué au Festival de Cannes 2015. Sélectionné aux Césars 2016, ce thriller de guerre fantastique accompagne des soldats en Afghanistan troublés par de mystérieux événements. Après avoir également réalisé, en 2017, le documentaire Braguino, Clément Cogitore serait actuellement en pleine préparation d’un film sur un cabinet de médiums à Paris…
Clément Cogitore, Ni le ciel ni la terre, 2015
Film • Collection Christophel © Kazak Productions
« Ni le ciel ni la terre », 2015
de Clément Cogitore
Film franco-belge, 1 h 40
« Braguino », 2017
de Clément Cogitore
Documentaire français, 50 min
Récents lauréats du prestigieux Prix Marcel Duchamp, ce duo d’artistes libanais développe une œuvre protéiforme au croisement du cinéma et des arts plastiques, deux médiums qu’ils manipulent sans hiérarchie et qui entrent en écho au sein même de leur travail. Dans un aller-retour entre le réel et la fiction, Joana Hadjithomas et Khalil Joreige proposent une nouvelle écriture de l’histoire, exhumant ses invisibles et oubliés. Avec The Lebanese Rocket Society, en 2013, le duo levait le voile sur un obscur programme spatial libanais lancé dans les années 1960.
« The Lebanese Rocket Society », 2013
de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige
Documentaire libanais, 1 h 35
Ils s’étreignent, se heurtent, sont blessés, contraints… Les corps et les minorités sont le sujet de prédilection de Steve McQueen. Oscarisé avec Twelve Years a Slave, encensé pour son film sur le militant irlandais Bobby Sands, dans Hunger (2008), cet artiste britannique attire autant les foules à la projection de ses blockbusters que dans les salles d’exposition. Son installation vidéo phare, Caribs’ Leap/Western Deep, met en parallèle deux vidéos. La première s’intéresse à un épisode tragique de résistance des habitants de l’île de Grenade face aux colons en 1651 ; tandis que la seconde épouse l’atmosphère infernale des mines d’or de Tautona en Afrique du Sud.
Steve McQueen, Twelve Years A Slave, 2013
Film • © Regency Enterprises / The Kobal Collection / Aurimages
« Hunger », 2008
de Steve McQueen
Film britannique, 1 h 40
« Twelve Years a Slave », 2013
de Steve McQueen
Film britannico-américain, 2 h 13
En 2016, il accrochait sur la façade du palais Strozzi, à Florence, des canots pneumatiques en référence au drame des réfugiés traversant la Méditerranée. L’année suivante, son exposition « Les bonnes barrières font les bons voisins », qui rassemblait près de 200 œuvres disséminées aux quatre coins de New York, dénonçait les politiques anti-migratoires. Cette année, cette star incontestée de l’art contemporain chinois poursuit son engagement politique et sa lutte en faveur des droits de l’homme sur grand écran : son premier documentaire d’ampleur, Human Flow, sélectionné à la Mostra de Venise en 2017, traite également de la question des migrations. Tourné dans plus d’une vingtaine de pays en l’espace d’à peine une année, il sort en France ce 7 février.
« Human Flow », 2017
de Ai Weiwei
Documentaire allemand, 2 h 20
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