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L’ŒUVRE QUI A CHANGÉ MA VIE

Jean-Marie Rouart : « J’ai l’impression d’être né de ce tableau »

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Fils du peintre Augustin Rouart, arrière-petit-fils des peintres et collectionneurs Henri Rouart et Henry Lerolle, l’Académicien Jean-Marie Rouart vient de céder au Petit Palais, sous réserve d’usufruit, un pastel et onze tableaux. Lagrimas y penas, que son père peint en 1943, l’année de sa naissance, s’impose comme l’œuvre la plus symbolique de cet ensemble. Confessions intimes.
L’Academicien Jean-Marie Rouart a fait une donation de douze œuvres issues de la famille Rouart au Petit Palais. Ici, avec le tableau de son père Augustin, “Lagrimas y penas” (1943)
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L’Academicien Jean-Marie Rouart a fait une donation de douze œuvres issues de la famille Rouart au Petit Palais. Ici, avec le tableau de son père Augustin, “Lagrimas y penas” (1943)

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© François BOUCHON / Figarophoto.com

« L’œuvre qui a bouleversé ma vie, tant par son sujet que par sa qualité artistique, je l’ai en fond d’écran sur mon téléphone ! Il s’agit de Lagrimas y penas (Des pleurs et des peines). Cette toile est signée de mon père, Augustin Rouart (1907–1997). Elle reflète une époque difficile, marquée par des problèmes de couple. La femme allongée, en pleurs, sur son lit, n’est autre que ma mère.

« C’était mon rêve d’en faire don à une institution et de perpétuer ainsi la tradition familiale. »

Ce triste épisode de la vie conjugale coïncide malgré tout avec l’année de ma conception. Mes parents ont dû se réconcilier, à un moment… J’ai l’impression d’être né de ce tableau, qui symbolise (je crois beaucoup au symbolisme) mon amour fou pour l’art et, en même temps, ce que l’amour a de voluptueux, de sensuel, de concupiscent. Une lecture qui a de quoi étonner, interloquer les personnes normalement constituées ! Ce n’est pas dans cette posture que l’on doit se figurer sa mère ! La mienne était d’une tolérance et d’une bonté admirables ; et mon père un artiste douloureux, exigeant, talentueux. Sans cesse dans les nuages, ce qui m’a donné envie, à l’inverse, de jouer le jeu social.

Je suis heureux que cette œuvre revienne au Petit Palais. On ne peut rien refuser à son directeur Christophe Leribault (rires) ! C’était mon rêve d’en faire don à une institution et de perpétuer ainsi la tradition familiale. Je descends de peintres, de collectionneurs, d’amateurs mystiques, qui ne cherchaient aucunement à faire commerce de l’art. J’ai, qui plus est, l’habitude d’aller au musée voir des membres de ma famille. À Orsay, saluer ma grand-tante Julie [Manet]. À l’Orangerie, ma grand-mère [Christine Lerolle] tourne les pages d’une partition de piano dans un tableau de Pierre-Auguste Renoir. Sans oublier mon arrière-grand-père [Henri Rouart], dont le Carnegie Museum of Art de Pittsburgh conserve un portrait peint par Edgar Degas. Ils ne sont jamais bien loin… »

Augustin Rouart, Lagrimas y penas
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Augustin Rouart, Lagrimas y penas, 1943

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Huile sur panneau de bois • 51 x 65,5 cm • Coll. Petit Palais, Paris • © Philippe Fuzeau

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Augustin Rouart - La peinture en héritage

Du 1 juin 2021 au 10 octobre 2021

www.petitpalais.paris.fr

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