À gauche, Kim Kardashian lors de Vanity Fair Oscar 2024. À droite, la Table 84 de Donald Judd lors d’une exposition à la Judd Foundation, 10 mars 2024
© Jeffrey Mayer / Alamy / Hemis. © Donald Judd Furniture © Judd Foundation / Adagp, Paris 2024
Ce n’est pas la première fois qu’une vidéo aura mis Kim Kardashian dans l’embarras… Sauf que cette fois, il s’agit d’un problème de copyright et de respect de la mémoire du célèbre artiste et designer minimaliste américain Donald Judd (1928–1994) !
En août 2022, la célèbre femme d’affaires, mannequin et star de télé-réalité californienne diffusait une vidéo (qui a cumulé plus de 3,7 millions de vues avant son retrait) dans laquelle elle offrait une visite des bureaux de son entreprise de produits de beauté Skkn by Kim – soit 40 000 m² d’espaces de travail épurés aux tons beige et crème.
« Je suis vraiment branchée meubles en ce moment » y lançait la star, alors coiffée de longs cheveux platine, avant de s’arrêter devant un ensemble de meubles en bois blond aux lignes nettes. « Ces tables Donald Judd sont vraiment incroyables et les chaises s’y intègrent parfaitement »… Sauf que selon la Fondation Judd, il s’agirait de « contrefaçons » !
La Table 84 version pin de Donald Judd dans son loft de New York
© Donald Judd Furniture © Judd Foundation / Adagp, Paris 2024
Mercredi 27 mars, cette organisation à but non lucratif dédiée à la protection de l’œuvre de Judd a intenté un procès à Kim Kardashian et au cabinet d’architecture d’intérieur californien Clements Design, qui lui aurait vendu les meubles incriminés en 2020. « Les tables et les chaises montrées dans la vidéo ne sont pas des pièces authentiques de Donald Judd » affirme la Fondation dans sa plainte, mais des « copies non autorisées » de « deux des pièces les plus connues de Judd ». À savoir « la table La Mansana », conçue en 1982 et vendue 90 000 dollars, et « la Chaise 84 », dessinée en 1991, à 9 000 dollars. Des pièces au design brut et monacal, faites de simples panneaux de pin à angles droits, qui s’imbriquent parfaitement entre elles.
« Les meubles de Donald Judd font partie intégrante de son héritage. L’existence de faux meubles est une atteinte à l’intégrité de son travail » a précisé Rainer Judd, fille de l’artiste et présidente de la Fondation.
Le cabinet Clements Design, lui, se dit « pris de court » par ce procès et affirme avoir déjà expliqué « très clairement » à la Fondation « qu’il y avait des différences importantes et évidentes entre les tables et chaises du bureau de Kim Kardashian et celles de Donald Judd ». Autrement dit, il ne s’agirait pas de copies cherchant à se faire passer pour des pièces authentiques de Judd, mais simplement de meubles inspirés de son style.
« Nous avons fait des recherches plus approfondies et avons malheureusement appris que la table et les chaises n’étaient pas de Donald Judd » aurait cependant répondu à la Fondation l’agente de Kim Kardashian, Tracy Romulus, contactée trois jours après la diffusion de la vidéo.
Celle-ci aurait, en guise de réparation, proposé que Kim fasse un post sur les réseaux sociaux pour promouvoir la Fondation Judd. Mais, pour résoudre cette affaire à l’amiable, cette dernière demandait que la star modifie sa vidéo avec une déclaration claire indiquant que les meubles n’étaient pas authentiques, et que les « faux meubles » soient détruits – proposant de les remplacer par des originaux de Donald Judd à prix réduit. Des demandes qui auraient été laissées lettre morte depuis août 2023.
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