Les trois salles principales de la cour extérieure de la Cité interdite au lever du soleil
© hemis.fr / Photo Tao Images
Ses toits de tuiles vernissées se succèdent à perte de vue, émergeant au milieu d’une forteresse écarlate labyrinthique. Impénétrable pour le commun des mortels, la Cité interdite (nom donné par les Européens) était en Chine la résidence des empereurs des dynastie Ming (1368–1644) et Qing (1644–1912). Près de 980 bâtiments y forment, sur 72 hectares, un ensemble majestueux de palais impériaux, de cours et de jardins trônant en plein cœur de Pékin. Une ville dans la ville ! Sa construction, entre 1406 et 1420, fut ordonnée par Yongle, le troisième empereur de la dynastie Ming avant de servir de résidence à 24 empereurs, et ce jusqu’à la chute de la dynastie Qing en 1912.
Après la fin de l’ère impériale, la Cité interdite ouvre ses portes au public en 1925 et devient le musée du Palais. Ses 8 700 pièces renferment en effet une multitude de trésors, œuvres d’art et objets précieux, témoignant du raffinement de la civilisation chinoise et de son opulence passée. Loin de disparaître avec les bouleversement politiques, Mao Zedong y proclame en 1949, du haut d’un de ses balcons, la fondation de la République populaire de Chine. L’ancien palais devient alors paradoxalement un important symbole national. Après avoir été maintes fois pillé et incendié, le site a été classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987.
Vue aérienne de la Cité interdite et de ses 980 bâtiments
© Tiandi
Conçue pour incarner le pouvoir absolu de l’empereur, le « fils du ciel », l’architecture de la cité est alignée le long d’un axe central nord-sud et suit les principes fondamentaux du feng shui, qui tend à l’équilibre des énergies. En témoignent les noms de certains des pavillons comme celui de « l’Harmonie suprême » (qui abrite les trônes) ou celui encore de la « Pureté céleste ». C’est toute la spiritualité chinoise qui s’exprime dans ses murs ! La couleur jaune qui domine sur les toits est symbole de la puissance de l’empereur, tandis que les dragons et les phénix, omniprésents dans la décoration, sont censés protéger le couple souverain.
La porte de l’Harmonie suprême à l’entrée de la Cité interdite
© Alamy / Hemis
La Cité interdite se divise en deux parties : la cour extérieure et la cour intérieure. C’est dans la première que l’empereur exerçait son pouvoir sur la nation et que se déroulaient les cérémonies officielles. La cour intérieure, au nord, était dévolue à la vie privée de la famille impériale, mais c’est là aussi que résidaient les concubines, conspiraient des milliers d’eunuques (conseillers influents de l’empereur) et s’affairaient des hordes de servantes (statuts réservés aux femmes).
Un des nombreux temples de la Cité interdite située place Tiananmen à Pékin
© Alamy / Hemis / Photo Yadid Levy
Prévoyez une journée pour vous immerger dans ce fascinant morceau d’histoire ! L’entrée par la majestueuse Tian’anmen (ou « porte de la Paix céleste ») qui fait face à la célèbre place du même nom, et au-dessus de laquelle trône depuis 1976 le portrait de Mao Zedong, marque forcément les esprits ! Parmi les salles les plus visitées, celle de « l’Harmonie suprême » se dressant sur une terrasse de marbre blanc et où se tenaient les cérémonies, celle de « l’Harmonie parfaite » et celle de « l’Harmonie préservée ».
Mais pour échapper à la foule, privilégiez le palais de « la Nourriture de l’esprit », chambre et bureau de l’empereur, le palais de la « Tranquillité bienveillante », lieu de résidence de ses concubines, le pavillon de la « Profondeur littéraire », coiffé de tuiles vertes et ancienne bibliothèque impériale, ou encore l’inachevé palais du « Bonheur prolongé », appelé aussi « palais de cristal », construit dans le style occidental. Ne manquez pas enfin, pour un instant de sérénité, les somptueux Jardins impériaux qui sont, avec leurs rochers, bassins, kiosques et temples, éminemment symboliques, et représentent la quintessence de l’art paysager chinois.
Les toits de tuiles dorées ornés d’animaux mythiques de la Cité interdite
© hemis.fr / Photo Tao Images
Côté collections, si 600 000 pièces ont été transférées au musée national du Palais à Taipei, par mesure de protection, à la fin de la guerre civile chinoise en 1949, le musée du Palais à Pékin conserverait aujourd’hui encore près d’un million d’objets dont de sublimes horloges et automates, des céramiques et porcelaines, des objets en jade ou en laque, des bronzes et des peintures chinoises. Hélas, la scénographie et la médiation laissent à désirer…
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