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DESIGN STORY

La DeLorean DMC-12 : un flop devenu culte

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Publié le , mis à jour le
Derrière chaque objet de notre quotidien se cache une histoire. Dans cette série, Beaux Arts raconte ces stars du design qui ont révolutionné nos modes de vie, bouleversé nos procédés de fabrication et fasciné par leur esthétique. Pour certaines toutefois le succès s’est fait attendre… C’est le cas de la DeLorean DMC-12, dont le destin mouvementé est mis en lumière dans l’exposition Flops ! à la Cité du design, parmi une pléthore d’autres merveilleux loupés !
La DeLorean DMC-12 à l’autodrome de Sotchi, en 2014
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La DeLorean DMC-12 à l’autodrome de Sotchi, en 2014

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© Sputnik via AFP

Affiche de Retour vers le Futur II
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Affiche de Retour vers le Futur II, 1989

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© Everett Collection / Aurimages

Ses néons brillent dans l’obscurité et ses pneus embrasent le sol à mesure qu’elle fuse à la vitesse de la lumière, disparaissant brusquement pour laisser place à deux traînées de flammes… Et voilà que la DeLorean du fameux Doc, inventeur burlesque dans la trilogie Retour vers le futur, vient de traverser le mur du son direction… l’avenir ! « Quitte à voyager dans le temps au volant d’une voiture, autant en choisir une qui ait de la gueule » s’écrie le docteur Emmett Brown au jeune Marty McFly à la fin du premier volet. Il faut dire qu’avec ses tubulures et propulseurs sur le hayon arrière, sa carrosserie brute et ses portes papillon s’ouvrant en hauteur, l’engin a de quoi faire rêver les esprits futuristes.

Pourtant, avant la sortie du film en 1985, personne n’aurait pu croire que la DeLorean DMC-12 deviendrait un modèle mythique… Disparue du commerce depuis déjà trois ans, elle est réputée pour son prix excessif et sa fiabilité médiocre. Pour couronner le tout, la réputation de son audacieux créateur est partie en fumée en octobre 1982, lorsque le FBI l’a surpris avec une valise remplie de cocaïne dans une chambre d’hôtel de Los Angeles. Les 24 millions de dollars qu’elle contenait devaient assurer la survie de la DMC-12… Pour John Zachary DeLorean, même s’il a été rapidement innocenté, c’était l’épreuve de trop : la production de son fantasme de bolide s’arrêtera là.

Car la DMC-12 est bien née des méandres de son esprit loufoque, au début des années 1970. Alors vice-président de la firme General Motors, premier constructeur automobile mondial, John DeLorean décide de démissionner pour fonder sa propre marque et produire le modèle qui portera son nom. Pour donner vie à cette voiture deux places ? Rien de tel qu’un designer italien : ce sera le prolifique Giorgetto Giugiaro, auteur de la fameuse Maserati Boomerang.

John DeLorean devant une maquette de sa voiture, à Détroit, en juin 1974 et dessin technique de la DeLorean
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John DeLorean devant une maquette de sa voiture, à Détroit, en juin 1974 et dessin technique de la DeLorean

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Photo Arthur Schatz/The LIFE Images Collection via Getty Images/Getty Images. © Sundance Selects / Courtesy Everett Collection

Silhouette futuriste et détails ultra-modernes : les critères de l’époque sont réunis pour plaire au plus grand nombre !

D’ailleurs, Giugiaro en reprend les lignes anguleuses et l’aspect longiligne qui installe au plus bas le conducteur. Sur ordre de son commanditaire, il y ajoute des portes papillon – superbe exemple de design bionique inspiré de l’ouverture des ailes d’insecte – et laisse la carrosserie en inox brossé non peinte, lui conférant ainsi un aspect brut et moderne. Silhouette futuriste et détails ultra-modernes : les critères de l’époque sont réunis pour plaire au plus grand nombre !

Mais après la création du premier prototype, il faut déjà abandonner les idées avant-gardistes, du châssis tubulaire au moteur rotatif, et les troquer pour des valeurs sûres qui n’ont rien d’extraordinaire… Comme un moteur V6 franco-suédois, le même qui équipe la Renault 30 ou la Peugeot 604. Avec 130 chevaux et une vitesse de pointe d’à peine 88 miles soit 140 km/h, la DeLorean est loin d’égaler une Porsche ou une Ferrari comme l’aurait souhaité son créateur ! La déception est de mise…

Des acheteurs potentiels lors de la vente d’une DeLorean aux États-Unis en 1983
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Des acheteurs potentiels lors de la vente d’une DeLorean aux États-Unis en 1983

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Photo Paul Matthews/Fairfax Media via Getty Images

Autre tribulation : DeLorean accepte les subventions du gouvernement anglais pour produire son modèle, à savoir 80 millions de livres sterling d’aides publiques destinées à installer ses chaînes de production à Dunmurry, en Irlande du Nord – cette même région rurale décimée par le chômage… Difficile à assembler, misant sur une main d’œuvre peu expérimentée, la DMC-12 ne semble plus tenir aucune promesse, pas même son prix : censée coûter 12 000 dollars, elle se commercialise finalement à 25 000 ! Après deux ans de production stagnante, la voiture tombe peu à peu dans l’oubli…

Jusqu’à ce que le réalisateur américain Robert Zemeckis la transforme en météorite à voyager dans le futur ! Chargée en plutonium, voilà qu’elle se dote de pouvoirs extraordinaires, tunée de néons et de jauges futuristes. Pourtant, même le héros Marty McFly, dans le premier volet de la trilogie cinématographique, se montre sceptique face à cette étonnante transformation : « Vous dites que vous avez fabriqué une machine à voyager dans le temps à partir d’une… DeLorean ? ». Comme par magie, le cinéma semble avoir réparé les défauts techniques de l’automobile pour en révéler son prodigieux design.

Images extraites du film “Retour vers le futur” (1985) de Robert Zemeckis
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Images extraites du film “Retour vers le futur” (1985) de Robert Zemeckis

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© akg-images / Album / Amblin / Universal. © akg-images / Album / Amblin / Universal

C’est le début d’une obsession. Après le succès mondial de la trilogie, le grand public ne cessera de fantasmer sur le bolide, à tel point que la société DMC (DeLorean Motor Company) renaîtra de ses cendres à Houston, grâce à une entreprise texane qui en rachète les droits. Leur dernière actualité ? Une version électrique de la DMC-12 verra le jour en 2021 ! De quoi poursuivre la success story de cette star automobile qui connut bien des galères – à moins que la pandémie de Covid-19 ne retarde sa production, et la frappe encore une fois de malédiction…

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Flops !

Du 7 janvier 2021 au 21 février 2021

www.citedudesign.com

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Retrouvez les plus beaux fiascos du design dans notre numéro de janvier 2021 !

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