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LE TOPO

La Figuration libre en 2 minutes

En bref

Mouvement fondé au début des années 1980 par des artistes français, la figuration libre a pour membres emblématiques Robert Combas, Hervé Di Rosa, Rémi Blanchard… Lesquels revendiquent le droit de faire usage de toutes formes de sources d’inspiration (publicités, BD, art africain, peinture d’enfants, culture traditionnelle, pop culture…) sans souci de hiérarchisation. Assez proches de l’art brut, mais d’esprit pop, les peintres associés à ce mouvement se montrent volontiers transgressifs, irrévérencieux, humoristiques.   

Hervé Di Rosa, L‘Attaque de la rue du malheur
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Hervé Di Rosa, L‘Attaque de la rue du malheur, 1984

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Acrylique sur toile • 189 × 202 cm • Coll. de l’artiste / ADAGP, Paris, 2023 / © Hervé Di Rosa

Il a dit

« La figuration libre est une peinture qui ne renie pas ses instincts primitifs et une volonté de culture. » Robert Combas

Histoire du mouvement

Alors que la mode est à l’art minimal et conceptuel à la fin des années 1970, un noyau d’artistes entend réagir contre l’austérité et la radicalité en prônant un retour vers la figuration et la peinture. La paternité du mouvement est attribuée à Robert Combas (né en 1957), mais le nom de figuration libre revient à Ben Vautier (né en 1935), qui exposait ses amis. Voulant s’affranchir des dictats et d’une certaine forme d’élitisme esthétique, Combas, Hervé Di Rosa (né en 1959)Richard Di Rosa (né en 1963)Rémi Blanchard (1958–1993)François Boisrond (né en 1959)Louis Jammes (né en 1958), entendent puiser dans les médias de masse. Une partie de ces artistes se lient durant leurs études à l’École des arts décoratifs. En 1979, ils fondent une revue, Bato, première forme de leur expression collective.

Une énergie punk

La figuration libre prône l’ouverture culturelle : vers la rue, la société contemporaine, le cirque, la publicité, l’art populaire, les cultures extra-européennes… dans la lignée de certains mouvements d’avant-garde tels que le surréalisme ou le pop art. Selon ses tenants, il n’existe pas de hiérarchie entre haute et basse culture. Une certaine énergie punk s’exprime aussi à travers le mouvement de la figuration libre, en lien avec la culture rock.

Leur mouvement, qui s’expose dans des manifestations collectives au cours des années 1980, reçoit le soutien d’un certain nombre de critiques d’art dont Bernard Lamarche-Vadel. Par le biais d’expositions, les acteurs de la figuration libre sont aussi rapprochés d’artistes américains qui incarnent la culture alternative, en particulier Keith Haring et Jean-Michel Basquiat.

Engagé et contre toute bien-pensance

Les artistes de la figuration libre cultivent un style très coloré et graphique. Les sujets qu’ils traitent sont osés et souvent engagés : le sexe, la drogue, la libération des mœurs, le racisme… D’une manière générale, les peintres expriment leur rejet de toute bien-pensance, de toutes formes de conventions. Dans un esprit post-moderniste, ils cultivent la parodie, le pastiche, s’inspirent de la culture télévisuelle et urbaine. Chaque artiste, toutefois, reste attaché à son individualité et l’on retrouve très souvent une dimension biographique dans leurs œuvres.

Les œuvres clés

Robert Combas, Vierge noire et son enfant blanc
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Robert Combas, Vierge noire et son enfant blanc, 1987

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Acrylique sur toile • 2.15 × 2.71 m • Coll. Centre Pompidou – MNAM, Paris / © RMN-Grand Palais / ADAGP, Paris, 2023 / Photo Philippe Migeat

Robert Combas, La Vierge noire et son enfant blanc, 1987

Sur des toiles de grand format, Robert Combas sature l’espace de formes et de figures de couleurs vives imbriquées les unes dans les autres. Toujours avec extravagance, et dans l’esprit de l’art brut, ce peintre a recours à une multiplicité de sources pour composer des scènes œcuméniques, détournant les codes traditionnels de l’iconographie occidentale. En quête de transgression, Combas aime casser l’image lisse des icônes, qu’elles soient religieuses ou populaires. Le peintre apprécie aussi les supports moins traditionnels que la toile, comme des matériaux de récupération, des portes, des draps.

Rémi Blanchard, SANS TITRE
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Rémi Blanchard, SANS TITRE, 1988

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Acrylique sur papier • 63 × 49,50 cm • Coll. particulière, Paris / ADAGP, Paris, 2023 / © Artcurial / © Rémi Blanchard

Rémi Blanchard, SANS TITRE, 1988

Très proche de Bernard Lamarche-Vadel, qui fut son professeur de culture générale à l’École des beaux-arts de Quimper, Blanchard est sans doute le plus poétique des peintres de la figuration libre. Son écriture stylistique, presque naïve, est au service de thèmes liés à l’enfance, au paysage, à l’animal. L’artiste s’inspire de la mythologie, des grands maîtres de l’art moderne qu’il admire (Van Gogh, Matisse…), mais aussi des images d’Épinal et de l’univers des contes.

Hervé Di Rosa, La sortie de l’usine
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Hervé Di Rosa, La sortie de l’usine, 1995

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Peinture sur coton • 1.35 × 1.6 m • Coll. Centre Pompidou – MNAM, Paris / © RMN-Grand Palais / ADAGP, Paris, 2023 / Photo Georges Meguerditchian

Hervé Di Rosa, La Sortie de l’usine, 1995

Né à Sète, où il fonde en 2000 le musée des Arts modestes, Hervé Di Rosa est l’auteur d’une œuvre énergique dont l’univers est inspiré de ceux de la bande dessinée, du rock, du graffiti. Véritable globe-trotter, Di Rosa s’est aussi nourri des multiples influences découvertes à l’occasion de ses voyages à travers le monde. Ses œuvres font référence aux cultures populaires, et l’artiste assume totalement de s’inscrire dans la culture urbaine de masse qui préside à notre époque contemporaine.

Par • le 9 janvier 2023

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