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Expositions « Anthony Guerrée et De La Espada Atelier » et « La tension du peu » de Ludovic Philippon chez Amélie, Maison d’art, 2024
© Amélie, Maison d’art
Un après-midi de printemps à Saint-Germain-des-Prés. On passe une imposante porte cochère, puis on s’engouffre dans une grande cour entourée de hauts immeubles du XVIIIe siècle. C’est là, derrière une porte dérobée, qu’Amélie du Chalard nous reçoit. Nous sommes ici chez elle, ou presque. En 2015, cette ancienne banquière d’affaires, collectionneuse férue d’art contemporain, a fondé Amélie, Maison d’art : une galerie pas tout à fait comme les autres, d’abord installée dans son propre appartement, qui a ensuite pris ses quartiers au rez-de-chaussée de ce bel hôtel particulier du 6e arrondissement, bordé d’un paisible jardin. Le concept, lui, n’a pas changé. Le visiteur se trouve plongé dans l’atmosphère feutrée d’un appartement parisien, où l’art a, dans chaque pièce, élu domicile.
Comme Amélie, Maison d’art, une poignée d’adresses confidentielles entendent bousculer les codes des galeries traditionnelles, brouillant les pistes entre le lieu d’exposition et le lieu de vie. L’idée : proposer aux collectionneurs une expérience exclusive et personnalisée, plus chaleureuse aussi, bien loin de l’austère white cube ou des allées bondées des foires. « J’avais surtout envie d’un lieu où l’on se sente bien » explique Amélie du Chalard, qui vient tout juste d’ouvrir une nouvelle adresse à New York, dans le quartier de Soho. En marge des cinq expositions par an et des quelques autres événements hors-les-murs organisés par Amélie, Maison d’art, elle reçoit les collectionneurs uniquement sur rendez-vous et leur propose un accrochage sur-mesure, qui évolue en fonction des goûts et de la sensibilité de ces derniers.
« En coulisse, nous fonctionnons comme une galerie traditionnelle. Seule l’expérience client change » explique Amélie du Chalard, qui rappelle que les grands marchands d’art du XXe siècle, d’Ambroise Vollard à Paul Guillaume, recevaient aussi les collectionneurs chez eux. Autre singularité : Amélie, Maison d’art représente à ce jour une centaine d’artistes, à la fois très jeunes et confirmés – bien plus qu’une galerie classique. Surtout, à de rares exceptions près, le prix des œuvres est clairement indiqué sur le site internet, première porte d’entrée dans l’univers de la galerie. « C’était très important pour moi de retirer cette opacité » appuie la jeune femme qui compte dans son vivier de collectionneurs un tiers de primo-accédants, séduits par une expérience d’achat « plus humaine ».
Vue de l’exposition « Fragments contemporains » à la galerie Villa Gabrielle, 2023
© Galerie Villa Gabrielle / Clémence Rolland-Casado b
Tisser des liens de proximité avec le collectionneur, c’est aussi l’ambition de Lucie Charasson. En septembre 2023, la jeune femme a inauguré Villa Gabrielle, une galerie d’art contemporain sise dans son appartement du XVe arrondissement, situé à deux pas du square de l’Oiseau Lunaire, haut-lieu du surréalisme. Un cadre privilégié où elle cultive « le souvenir de l’antique » et le goût de « la réécriture de l’histoire de l’art ». Intitulé « Fragments contemporains », son premier accrochage met ainsi en lumière, du salon à la chambre, les œuvres de huit artistes contemporains internationaux qui, entre passé, présent et futur, questionnent l’imagerie des ruines. Lucie Charasson défend une relation intimiste aux œuvres qui partagent son quotidien – une manière d’aider les collectionneurs « à se projeter ».
Private Choice s’empare de l’ancien loft de l’architecte d’intérieur Andrée Putman, 2024
© Theo Baulig
À la tête de Private Choice, Nadia Candet souhaite quant à elle « immerger le visiteur dans une collection imaginaire ». Depuis 2013, l’événement rassemble, une à deux fois par an, des artistes internationaux et des galeries dans des lieux exceptionnels chargés d’histoire, qui font l’objet d’une « chasse permanente » par sa fondatrice. « Le lieu est finalement comme une œuvre d’art en soi, explique Nadia Candet. J’ai le coup de foudre ou je ne l’ai pas ! » Private Choice a ainsi tour à tour investi une maison autrefois habitée par Berthe Morisot, l’ancienne adresse de Georges Méliès ou encore un très chic appartement haussmannien de l’avenue Franklin D. Roosevelt…
La prochaine édition, qui ouvrira ses portes du 3 au 7 avril, se tiendra dans le loft de l’architecte d’intérieur Andrée Putman – une ancienne imprimerie. « Comme dans la vie, chaque édition de Private Choice est un déménagement ! » sourit Nadia Candet, qui envisage son projet comme un « format complémentaire » aux galeries traditionnelles. Son crédo : l’hospitalité. Du parfum d’ambiance au petit café servi au visiteur, chaque détail a son importance pour faire de la visite, et de l’achat d’œuvres, une véritable « expérience de vie ».
Amélie, Maison d’art
18 rue Séguier, 75006 Paris
85 Mercer St #87, New York, NY 10012, États-Unis
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site.
Private Choice
Du 3 au 7 avril
Adresse communiquée sur inscription.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site.
Villa Gabrielle
Du 27 mars au 2 mai, « Fragments contemporains » est présentée à l’hôtel de Crillon.
Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site.
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