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La Monnaie de Paris, futur écrin d’une « Maison des mondes africains » ?

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Cour d’honneur de la Monnaie de Paris
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Cour d’honneur de la Monnaie de Paris

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© Bernard Touillon

La Monnaie de Paris pourrait bientôt se transformer ! Cette fameuse institution, la plus ancienne de France, chargée de la fabrication des pièces de monnaie françaises depuis l’an 864, et dont le siège installé depuis 1775 dans un palais quai de Conti présente régulièrement des expositions, devrait prochainement accueillir en ses murs une « Maison des mondes africains ».

Porté par Emmanuel Macron depuis 2021, ce projet baptisé MansA (hybridation de mansio, « habitation » en latin, et de Mansa Moussa, souverain malien du XIVe siècle), « devrait y élire domicile suite à d’importants travaux de réaménagement, et un geste architectural ajouté en façade » rapportait mardi soir Libération, qui précise que la validation de son implantation à la Monnaie aurait été confirmée par l’entourage de Rachida Dati.

Un futur « centre culturel et de documentation »

Elisabeth ‘Liz’ Gomis, directrice de MansA
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Elisabeth ‘Liz’ Gomis, directrice de MansA

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© MansA – Maison des Mondes Africains

Le 19 juin, la directrice de ce futur « centre culturel et de documentation » a été désignée officiellement : il s’agit de la journaliste, réalisatrice et productrice franco-sénégalaise Elisabeth Gomis, qui travaille en ce moment à la préfiguration du projet. Sa mission : créer un établissement vivant qui soit un lieu d’échange autour de la question des répercussions de l’histoire coloniale dans la société contemporaine, en explorant notamment les questions de l’immigration et de la citoyenneté. Au programme, débats, expositions d’histoire et d’art contemporain, danse, conférences, archives et artistes en résidence.

Peut-être à dessein, ce lieu qui parlera de décolonisation s’installerait (si l’implantation est bien confirmée) au sein d’un riche symbole de pouvoir né à l’époque coloniale : l’hôtel de la Monnaie et ses salons d’apparat XVIIIe, où sont souvent présentées des expositions en lien avec son histoire (comme la récente « Insert Coin » et l’actuelle « D’or, d’argent et de bronze ») mais aussi de grands noms de l’art contemporain. Cependant, les équipes et les machines du musée actuel ne seraient pas entièrement délogées : elles devraient cohabiter avec le MansA, auquel seraient alloués 2 500m² sur les 35 000 de la Monnaie.

Un projet sauvé à la dernière minute

« Il s’agira non pas d’un musée sur l’Afrique mais d’une institution ouverte, au carrefour de plusieurs disciplines ».

Elisabeth Gomis

Après deux ans et demi d’incertitude, le projet aurait été sauvé à la dernière minute : le ministère de la Culture, qui ne suivait plus les ministères de l’Europe et des Affaires étrangères dans l’aventure, se serait finalement réengagé et aurait accéléré sa concrétisation face à la menace d’une prise de pouvoir du RN, suite aux élections européennes et à la dissolution de l’Assemblée nationale. Un contexte politique qui, pour ses défenseurs, donne encore plus de sens à cette entreprise.

À la crainte d’un « énième établissement » dépensier et « communautaire », Elisabeth Gomis a répondu par un projet qu’elle annonce novateur, utile et s’adressant « à tous »: « Il s’agira non pas d’un musée sur l’Afrique mais d’une institution ouverte, au carrefour de plusieurs disciplines » nous confie-t-elle ce mercredi, ainsi que d’« un incubateur dédié aux industries créatives pour accompagner de jeunes entrepreneurs ou porteurs de projets dont le but est de travailler entre l’Europe, l’Afrique et/ou les mondes africains ».

En attendant son ouverture, le MansA va d’abord se faire connaître hors les murs en travaillant sur la programmation organisée autour de l’exposition « Le Paris noir » (à partir de mars 2025) en partenariat avec le Centre Pompidou, mais aussi avec une rétrospective dédiée au photographe Adama Sylla, et un fonds d’archives vivantes baptisé Banque d’Archives Populaires, qui documente les liens familiaux et personnels entretenus par les Français avec l’Afrique. « Nous investissons un lieu d’exposition près du Centre Pompidou dès janvier 2025. Ces archives seront aussi présentées sous forme de mini-séries de publications et de manière itinérante lors d’une tournée française » nous précise Elisabeth Gomis. « Le tout dans le cadre d’un vaste programme de recherche, de résidence et de création » intitulé Nouvelles Approches de Recherche sur les Dynamiques Afro-diasporiques en Liaison (NARDAL). Tout un programme !

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