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Orazio Gentileschi, L’Annonciation, 1600-1605
Huile sur albâtre monté sur ardoise • 49,5 x 38,5 cm • Collection Alana • © Photo Allison Chipak
Orazio Gentileschi, L’Annonciation [détail], 1600-1605
Une gestuelle tout en symboles
Toute la gestuelle est empreinte de douceur et de délicatesse. L’attitude de la Vierge et de l’archange, légèrement penchés l’un vers l’autre, témoigne d’un respect réciproque : celui de Marie pour l’envoyé de Dieu, celui de l’ange pour celle qui va porter en son sein le fils de Dieu. Le moment de la surprise passé, la Vierge croise les mains sur son cœur soulignant sa modestie et sa soumission à la décision divine. Désignant une verticale, l’index de Gabriel porte le regard du spectateur jusqu’à l’Enfant Jésus puis à la figure de Dieu. Il porte un lys, symbole de la pureté, de l’inviolabilité et de la chasteté de Marie.
Huile sur albâtre monté sur ardoise • 49,5 x 38,5 cm • Coll. Alana, Newark, DE, États-Unis • © Photo Allison Chipak
Orazio Gentileschi, L’Annonciation [détail], 1600-1605
La promesse d’une grossesse heureuse
Ce détail retient l’attention et fascine dès lors qu’on l’a repéré : l’Enfant descend des cieux en portant sa croix au milieu d’une sorte de membrane circulaire qui l’entoure et le protège. On dirait qu’il flotte dans une cellule organique à l’image d’un fœtus dans le ventre de sa mère. Il fait partie de cette mousse de nuage voluptueuse faisant irruption dans le monde réel incarné par Marie. Il est accompagné de la colombe du Saint Esprit et Dieu le père. Fréquente au Moyen Âge, cette iconographie fut condamnée par une partie des théoriciens de la réforme catholique.
Huile sur albâtre monté sur ardoise • 49,5 x 38,5 cm • Coll. Alana, Newark, DE, États-Unis • © Photo Allison Chipak
Orazio Gentileschi, L’Annonciation [détail], 1600-1605
L’architecture envahie par l’allégresse
Symbole du Christ et de l’Église, associée au fondement du cosmos et à la présence de Dieu, la colonne est un élément récurrent de l’Annonciation. Elle sépare le monde matériel auquel appartient la Vierge (qui se tient à sa base) et l’espace céleste d’où arrivent l’archange et la nuée d’angelots. L’architecture est engloutie sous un nuage exprimant la puissance divine. Depuis la Renaissance, le traditionnel décor architectural propre à l’Annonciation n’enserre plus la scène mais sert de décor. Le concile de Trente a imposé une représentation stricte du thème religieux : exit les scènes intimes dans un décor terrestre ou un intérieur trivial, le ciel envahit l’espace dans une ambiance vaporeuse sacrée et noble. Gentileschi joue avec l’albâtre, le support de l’œuvre, pour figurer le marbre de l’architecture.
Huile sur albâtre monté sur ardoise • 49,5 x 38,5 cm • Coll. Alana, Newark, DE, États-Unis • © Photo Allison Chipak
Orazio Gentileschi, L’Annonciation [détail], 1600-1605
Une folie baroque haute en couleur
Le chœur des anges se disperse telle une volée d’oiseau. Les chérubins virevoltent soulignant la joie du Ciel à cet instant béni. Leurs tuniques rappellent celle de l’ange, rose lumineux et vert délicat. Avec ses couleurs et plumes chatoyantes, il apporte un immense bonheur à venir. La Vierge porte un manteau bleu (traditionnel depuis le XIIe siècle) dont la délicatesse est soulignée par des revers d’un violet subtil où une douce lumière se reflète. Même le rouge de sa robe, couleur de la Passion du Christ, a été atténué.
Huile sur albâtre monté sur ardoise • 49,5 x 38,5 cm • Coll. Alana, Newark, DE, États-Unis • © Photo Allison Chipak
La collection Alana. Chefs-d'œuvre de la peinture italienne
Du 13 septembre 2019 au 20 janvier 2020
Musée Jacquemart-André • 158, boulevard Haussmann • 75008 Paris
www.musee-jacquemart-andre.com
Cet article est paru dans « La collection Alana. Chefs-d’œuvre de la peinture italienne », Le journal de l’exposition, éd. Beaux Arts & Cie, 16 p., 5 €
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Une joyeuse Annonciation
Avant d’épouser la dramaturgie du Caravage, dont il fut un des premiers disciples, Orazio Gentileschi (1563–1639) a succombé à la folie baroque durant ses années romaines. S’emparant d’un thème de l’iconographie du christianisme particulièrement prisé depuis la Renaissance, il fait de L’Annonciation une fête pleine de joie et d’allégresse.