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Le néoplasticisme en 2 minutes

Le néoplasticisme en bref

Dans la grande aventure de l’abstraction qui marque l’histoire de l’art au XXe siècle, le néoplasticisme est une doctrine esthétique attachée à la personnalité de Piet Mondrian (1872–1944). Il en incarne la figure magistrale, en quête d’absolu et d’art total. Le néoplasticisme est d’abord un vocabulaire plastique, fondé sur un système binaire (lignes et plans) et l’usage des couleurs primaires, mais il traduit aussi l’ambition de révolutionner l’art et de diffuser « la nouvelle plastique abstraite » au cœur de la vie.

« La sensibilité moderne ne peut se réduire à l’intégration de multiples points de vue, elle doit tendre vers une langue plastique directement universelle et rationnelle. » Piet Mondrian

Le néoplasticisme en quelques dates

La place de Mondrian

Le cubisme a su imposer que l’art est, avant tout, une expression plastique. Piet Mondrian défend le rôle fondateur du cubisme mais pense qu’il n’a pas été assez loin. Ce peintre hollandais cherche, pendant la période de la Grande Guerre, à trouver une voie nouvelle en voulant nouer logique et abstraction. Mondrian cherche une nouvelle réalité plastique qui répondrait, selon lui, aux changements radicaux que connaît la société. L’art doit tendre vers l’universel, se défaire de sa matérialité. Le but de Mondrian, influencé par la théosophie et la spiritualité, est foncièrement intellectuel. Il est en quête d’un ordre universel. Dès 1917, Mondrian simplifie son vocabulaire plastique mais son néoplasticisme proprement dit ne s’exprime qu’à partir de 1919.

Les principes du néoplasticisme

En 1920, le terme de néoplasticisme est créé. Il apparaît pour la première fois dans une brochure publiée par la galerie de L’Effort moderne. Mondrian défend la simplification des moyens plastiques : s’en tenir aux lignes droites et horizontales (évacuant les courbes), réduire la palette du peintre à trois couleurs fondamentales (gris, blanc et noir) bientôt rejointes par les trois couleurs primaires posées en aplats. Le but est d’aboutir à une structure linéaire sur fond blanc. L’angle droit constitue la composante fondamentale de ce style, l’expression plastique géométrique la plus universelle. L’artiste recherche un équilibre entre lignes droites et couleurs primaires. La peinture doit exprimer une puissance d’expansion vers l’infini, tout en cultivant un intérêt pour la sérialité. Le but ? évacuer toute profondeur, tout illusionnisme, pour atteindre une planéité parfaite. Plus loin encore, il s’agit de libérer l’art de l’individualisme au profit de l’universalité.

Une existence liée à De Stijl

En 1917, autour du fondateur du groupe et de la revue De Stijl, Theo van Doesburg, des artistes sensibles aux principes du néoplasticisme se rassemblent. Ils s’opposent à la figuration traditionnelle et imposent des conceptions abstraites, dans une optique internationale. La revue De Stijl se fait le porte-voix de leurs opinions et théories, jusqu’à son dernier numéro, en 1932. Avec Mondrian, Theo van Doesburg et Gerrit Rietveld forment le noyau dur du groupe, rejoints par des peintres et sculpteurs, tels que Bart van der Leck ou Georges Vantongerloo, des architectes (Jacobus Johannes Pieter Oud, Jan Wils), des poètes, des graphistes et des urbanistes. Il s’agit donc d’un mouvement transdisciplinaire, appelé à s’incarner aussi dans l’architecture, la poésie, le design. Mais les liens avec Mondrian se distendent progressivement à partir de 1924, Van Doesburg promouvant l’élémentarisme qui se devait de surpasser le néoplasticisme.

Des œuvres clés

Piet Mondrian, No. VI / Composition No.II, 1920

Piet Mondrian, No. VI / Composition No.II
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Piet Mondrian, No. VI / Composition No.II, 1920

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Huile sur toile • 99,7 × 100,3 cm • Coll. Tate, Londres

Ce tableau abstrait géométrique date de l’implication de Mondrian dans le mouvement De Stijl. L’artiste applique les principes du néoplasticisme : il utilise de manière stricte des lignes horizontales et verticales, des couleurs primaires ainsi que le noir et le gris. Les rectangles formés par le croisement de lignes, créant des angles droits, sont imposants. Ils forment un damier purement planiforme.

Theo van Doesburg, Peinture pure, 1920

Theo van Doesburg, Peinture pure
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Theo van Doesburg, Peinture pure, 1920

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Huile sur toile • 130 × 80,5 cm • Coll. centre Pompidou, MNAM, Paris

Theo van Doesburg abolit toute perspective, tout illusionnisme, pour parvenir à une parfaite expression abstraite. Il adopte l’espace géométrique de la grille et cherche à magnifier le concept d’élémentarisme, soit la forme réduite à une série d’éléments fondamentaux. Ces derniers sont intégrés et articulés dans l’espace de la toile. Van Doesburg ne souhaite pas se limiter aux seules lignes verticales et horizontales. Il va donc progressivement faire intervenir des diagonales dynamiques dans ses œuvres néoplastiques, source du divorce avec Mondrian.

Jean Gorin, Composition néoplastique avec lignes en creux n° 32, 1934

Jean Gorin, Composition néoplastique avec lignes en creux n° 32
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Jean Gorin, Composition néoplastique avec lignes en creux n° 32, 1934

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Relief en bois peint à l’huile • 69 × 81 × 4,5 cm • Coll. centre Pompidou, MNAM, Paris

Le peintre abstrait Jean Gorin adopte les principes du néoplasticisme en 1926, après avoir rencontré Mondrian. Cette libération de tout naturalisme lui ouvre, dit-il, « des possibilités infinies d’expression ». Bien que disciple des théories de Mondrian, Gorin n’hésite à s’en défaire partiellement en introduisant la profondeur du relief, des cercles ou des lignes obliques. Il demeure généralement fidèle au principe des couleurs primaires.

Par • le 24 mars 2025

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