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Du plafond du Palais de Tokyo ou de la façade en pierres d’une vieille villa de Porto Alegre, l’artiste brésilien Henrique Oliveira fait surgir d’incroyables vagues de troncs boursouflés et de branches tentaculaires. D’une beauté invasive, ses arbres surréalistes – à découvrir cet été au Havre et au château de Chaumont-sur-Loire – semblent se mouvoir sous nos yeux tels des coulées de lave, comme si la nature avait repris ses droits. Le sculpteur les fabrique en construisant d’abord un squelette qu’il recouvre patiemment de fines lamelles de bois souple et d’écorce, collées et agrafées les unes aux autres durant de longs mois de labeur. Ébouriffant !
Henrique Oliveira, Sisyphus Casemate, 2019
Installation in situ, bois • © Ville du Havre / Photo Philippe Bréard / © Henrique Oliveira
Un été au Havre
Du 29 juin 2019 au 22 septembre 2019
Le Havre Étretat Normandie Tourisme • 186 Boulevard Clemenceau • 76600 Le Havre
www.lehavre.fr
Jardins de Paradis
Du 25 avril 2019 au 3 novembre 2019
Domaine de Chaumont-sur-Loire • Rue des Argillons • 41150 Chaumont-sur-Loire
www.domaine-chaumont.fr
Fascinée par le pouvoir métaphorique des arbres, Eva Jospin sculpte inlassablement troncs et branchages en haut-relief dans d’épais mille-feuilles de carton. Denses et profondes, épineuses et sombres, ses forêts impraticables et bluffantes de finesse (l’une d’elles, Panorama, a fait sensation dans la Cour Carrée du Louvre en 2016) évoquent celles des contes de Perrault : des lieux de mystère, de dangers et de rencontres étranges, écrins de nos peurs archaïques. Et où se cachent peut-être les réponses à nos questions intimes…
Eva Jospin, Panorama, 2016
Photo David Coulon / © Eva Jospin
Eva Jospin
Du 8 juin 2019 au 26 juillet 2019
Galerie Suzanne Tarasieve • 7, rue Pastourelle • 75003 Paris
suzanne-tarasieve.com
Fabrice Hybert, dont une série de toiles est actuellement présentée dans l’exposition « Nous les Arbres » à la fondation Cartier – des peintures annotées traduisant ses efforts permanents pour percer les secrets du monde végétal –, s’intéresse à l’intelligence des plantes, qui communiquent entre elles grâce à des signaux chimiques. À Paris, rue de Grenelle (à l’entrée de Beaupassage), ce fils d’agriculteurs, qui a par ailleurs semé 300 000 graines d’arbres dans sa vallée vendéenne, signe aussi une grande sculpture orange et verte : deux moulages entrelacés d’un chêne tricentenaire !
Vue de l’exposition « Nous les Arbres » à la Fondation Cartier avec « Paysage biographique » de Fabrice Hyber (2013)
Rouge à lèvre, fusain, peinture à l’huile sur toile • 300 × 700 cm • Photo Thibaut Voisin / © Fabrice Hyber
Nous les Arbres
Du 12 juillet 2019 au 5 janvier 2020
Fondation Cartier pour l'art contemporain • 2 Place du Palais Royal • 75001 Paris
www.fondationcartier.com
Des troncs évidés dotés de pattes en bois, un cèdre contenant un autre arbre sculpté en son sein… Proche de l’arte povera, le septuagénaire italien Giuseppe Penone – dont une œuvre pérenne est installée dans le jardin de la fondation Cartier – a passé sa vie à sculpter et transformer des arbres pour interroger les rapports entre l’Homme et la nature. En octobre, le public pourra découvrir au Palais d’Iéna l’une de ses œuvres monumentales : une sculpture de 43 mètres de long, créée à partir d’un conifère centenaire de la vallée des Merveilles…
Giuseppe Penone, Biforcazione, 1987–1992
Arbre en bronze et structure rectangulaire en béton, verre et sable • Coll. Fondation Cartier, Paris • Photo Eric Sander / © Giuseppe Penone
Giuseppe Penone. Matrice di linfa
Du 15 octobre 2019 au 24 octobre 2019
Palais d'Iéna • 9 Place d'Iéna • 75016 Paris
www.lecese.fr
Une grappe de ballons gonflés à l’hélium et dotée d’un tronc et de racines. Une bougie dont la mèche a été remplacée par un arbre miniature aux frêles branches noires. Un cerf naturalisé avançant sur un lit de feuilles mortes, ses bois prolongés par de longues branches. À travers des œuvres toujours ingénieuses et oniriques, l’artiste coréen MyeongBeom Kim utilise la figure de l’arbre pour exprimer le caractère éphémère de la nature et de la vie…
A gauche, “Deer” (2008) et à droite, “Shadow planet” (2007) de l’artiste coréen Myeongbeom Kim
Matériaux divers • 550 x 550 x 450 cm et 30 x 30 x 40 cm • Courtesy Galerie Paris-Beijing / Photo Frederic Albert / © Myeongbeom Kim
Également présent dans l’exposition à la fondation Cartier, l’artiste brésilien Alex Cerveny ne cesse de peindre des hommes interagissant avec des arbres dans des scènes surréalistes mêlant références autobiographiques, bibliques, historiques et mystiques. Les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, les arbres y apparaissent souvent comme une métaphore de l’Homme, ancré dans la vie terrestre tout en étant mu par des aspirations spirituelles.
Alex Cerveny, Paraná Paraguai, 2019
Huile sur toile • 200 × 70 cm • Photo Thibaut Voisin / © Alex Cerveny
Installée en Cornouailles, Susanna Bauer a choisi l’un des supports les plus fragiles qui soient : des feuilles mortes, auxquelles elle donne une seconde vie. Munie d’aiguilles, de crochets fins et de fils de coton, l’artiste allemande les découpe, les coud entre elles, les brode ou les prolonge par des bordures de dentelle aussi fines que des nervures, pour les transformer en créations uniques et poétiques.
“Lace Border”, 2019 (à gauche) et “Awakenings”, 2014-2019 (à droite) de Susanna Bauer
Feuilles de magnolias et fil de cotton tricotés • 20 x 12 cm et 167 x 86 cm • Photo www.art-photographers.co.uk / Steve Tanner / © Susanna Bauer
Inspiré par les formes de la nature, ce duo d’architectes et designers a passé près de dix ans à dessiner – avec une minutie de graveur à l’encre de chine sur papier calque – 212 espèces d’arbres à l’échelle 1/100e. Accompagnées de diagrammes de projections d’ombres et de planches de variations chromatiques des feuilles, leurs œuvres délicates (dont une sélection est présentée à la fondation Cartier) ont été réunies en un recueil inspirant : L’Architecture des arbres.
Une visiteuse examine à la loupe les minutieux dessins de Cesare Leonardi et Franca Stagi présentés dans le cadre de l’exposition « Nous les Arbres » à la Fondation Cartier
Photo Thibaut Voisin / © Cesare Leonardi et Franca Stagi
Bouleversé par les incendies de l’été 2003 qui avaient ravagé 7500 hectares de forêt dans le massif des Maures, l’artiste Philippe Pastor s’est lancé dans une série de sculptures intitulée Les Arbres Brûlés, dont une nouvelle se dresse cet été sur la Côte d’Azur, non loin de Saint-Tropez. Depuis seize ans, ce Monégasque récupère des troncs d’arbres carbonisés qu’il dispose à la verticale pour former de solennelles forêts de totems noirs, symboles forts de la lutte contre la déforestation.
Philippe Pastor, Les Arbres Brûlés, 2017–2018
Installation permanente • Château des Marres, Golfe de Saint-Tropez • Photo Christine Cadoni / © Philippe Pastor
Philippe Pastor. Arbres brûlés
Installation jusqu’au 26 juillet 2019 au château des Marres
Route des Plages • 83350 Ramatuelle
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