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Les porcelets laissés affamés par l’artiste Marco Evaristti pour une expo, enlevés au Danemark

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Les trois porcelets vivants de l’exposition “And now you care” de l’artiste Marco Evaristti dans le quartier des abattoirs de Copenhague
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Les trois porcelets vivants de l’exposition “And now you care” de l’artiste Marco Evaristti dans le quartier des abattoirs de Copenhague, 2025

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© Emil Nicolai Helms / Ritzau Scanpix / AFP

Le week-end dernier, trois porcelets ont été enlevés dans une exposition d’art contemporain de Copenhague (Danemark) où leur cage, fabriquée avec des chariots de supermarché, a été découverte vide ce samedi 1er mars. Une action qui pourrait bien avoir été menée par des défenseurs de la cause animale, l’exposition ayant suscité une vague d’indignation auprès du public et des associations de protection des animaux.

Le vendredi 28 février, était en effet inaugurée l’exposition « And Now You Care ? », dans un ancien entrepôt de boucherie de la capitale danoise avec une installation comprenant trois porcelets placés dans une cage sans eau ni nourriture, dans l’intention de les laisser lentement mourir de faim sous les yeux des visiteurs. Juste à côté étaient exposées des peintures représentant des bébés cochons massacrés, se vidant de leur sang sur un drapeau danois.

Marco Evaristti  a reçu un avertissement de la police et de l’Autorité alimentaire
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Marco Evaristti a reçu un avertissement de la police et de l’Autorité alimentaire, 2025

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© Emil Nicolai Helms / Ritzau Scanpix / Ritzau Scanpix via AFP

Le but proclamé de l’artiste Marco Evaristti, né en 1963 au Chili et basé au Danemark, était de dénoncer les mauvais traitements infligés aux cochons par l’industrie porcine très développée au Danemark et de provoquer une prise de conscience sur la question de la souffrance animale.

Une installation qui divise

« Ces trois porcelets étaient de toute façon destinés à mourir. Ici, ils ont plus d’espace qu’ils n’en auraient eu dans les porcheries danoises, où plus de 20 000 porcelets meurent chaque jour de faim » à cause de terribles conditions d’élevage, avait-il tenté de justifier auprès de l’agence de presse Ritzau.

Vue de l’exposition « And now you care » de l’artiste Marco Evaristti
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Vue de l’exposition « And now you care » de l’artiste Marco Evaristti, 2025

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© Emil Nicolai Helms / AP / SIPA

« Nous comprenons les intentions de Marco Evaristti, mais il n’est pas acceptable de dénoncer un acte cruel en en commettant un. »

Gitte Buchhave

Mais cette démarche cruelle et paradoxale avait provoqué, à l’échelle internationale,  l’indignation du public. « Nous comprenons les intentions de Marco Evaristti, mais il n’est pas acceptable de dénoncer un acte cruel en en commettant un », a condamné Gitte Buchhave, directrice de l’antenne danoise de l’organisation internationale World Animal Protection (anciennement Société mondiale pour la protection des animaux). « Nous critiquons depuis longtemps les conditions d’élevage des porcs au Danemark et continuerons à le faire, mais ceci n’est pas la bonne manière de faire changer les choses ». Dyrenes Beskyttelse, la plus ancienne et importante organisation danoise de protection des animaux, avait de son côté annoncé qu’elle allait dénoncer l’artiste à la police.

Un artiste habitué des provocations

« Je suis furieuse ! […] Quel crétin. Il faut l’arrêter et sauver ces pauvres cochons de cet ‘artiste’ pervers », a posté sur Facebook la députée de droite nationaliste Pia Kjærsgaard, ancienne présidente du Parlement danois et du Parti populaire danois. Beaucoup se sont étonnés de ne pas voir cet acte illégal de maltraitance animale immédiatement stoppé par les autorités.

Vue de l’exposition « And now you care » de l’artiste Marco Evaristti
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Vue de l’exposition « And now you care » de l’artiste Marco Evaristti, 2025

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© Emil Nicolai Helms / Ritzau Scanpix / Ritzau Scanpix via AFP

Marco Evaristti avait déjà exposé des poissons rouges nageant dans des mixers…

Ce mardi 4 mars, Marco Evaristti a décidé de fermer définitivement son exposition, car l’installation dénuée de cochons vivants serait « ennuyeuse », a-t-il lancé au New York Times. L’artiste n’en était pas à son coup d’essai : spécialisé dans la provocation trash (par le passé, il a notamment présenté des boulettes de viande réalisées avec sa propre graisse, et une maquette d’Auschwitz partiellement composée des dents de sa grand-mère juive), il avait déjà exposé en 2003, au musée d’art moderne de Trapholt à Kolding (Danemark)  des poissons rouges nageant dans des mixers, que les visiteurs étaient libres d’actionner… Des poursuites judiciaires avaient été engagées contre l’institution.

Par le passé, plusieurs scandales autour de l’utilisation des animaux par l’art

Ce n’est pas la première fois que des mauvais traitements infligés à des animaux au nom de l’art contemporain font scandale. En 1993, l’artiste chinois Huang Yong Ping avait par exemple placé différents insectes et reptiles dans un habitacle pour les laisser s’entre-dévorer afin de mettre en scène la violence du monde. En 2012, le Belge Jan Fabre provoquait lui aussi l’indignation en procédant, lors d’une performance, à un brutal lancer de chats vivants sur le parvis de la mairie d’Anvers.

Plus largement, l’utilisation d’animaux vivants dans l’art (une pratique qui existe depuis bien longtemps), même s’il est assuré que les bêtes n’endurent aucune souffrance, est aujourd’hui réinterrogée à l’aune de nos prises de conscience contemporaines. Alors que l’exploitation animale à des fins alimentaires est elle-même remise en question, a-t-on encore le droit d’exploiter des êtres vivants à des fins spectaculaires ou artistiques ? Ou cela dépend-il de la manière dont l’animal est traité ? Le sujet avait été soulevé en 2018 par l’affaire des poulets enflammés d’Adel Abdessemed, qui avaient scandalisé le public : même si la vidéo Printemps était réalisée avec un trucage et qu’aucun volatile n’avait été brûlé, l’artiste avait choisi de la retirer de sa rétrospective au MAC Lyon.

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