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Comment les tableaux de Pissarro font capoter un projet d’éoliennes

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À gauche, vue du village d’Eragny-sur-Epte. À droite, “Le Jardin de l’artiste” de Camille Pissarro en 1898
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À gauche, vue du village d’Eragny-sur-Epte. À droite, “Le Jardin de l’artiste” de Camille Pissarro en 1898

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huile sur toile • 73,4 x 92,1 cm • Coll. National Gallery of Art, Washington DC • © NGA. Photo Christophe Rannou / Vexin Tourisme

120 après sa mort, Camille Pissarro contribue à défendre les paysages français ! Le 6 novembre, un projet d’implantation de six éoliennes de 180 mètres de haut à Éragny-sur-Epte (dans l’ouest de l’Oise) a en effet été refusé par la préfecture locale… Et les peintures de l’impressionniste se sont retrouvées au cœur de l’argumentaire.

C’est près du bois des Chesnots, entre Éragny et Flavacourt, que la société CEPE Chesnots comptait installer ce parc éolien. Ayant recueilli 353 avis défavorables contre 45 favorables, ce projet avait déjà été refusé une première fois début janvier 2020 par le préfet de l’époque. Il vient de l’être une seconde fois par sa successeur Catherine Séguin, qui pour ce faire a convoqué la mémoire du peintre.

Camille Pissarro, Le Village d’Éragny
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Camille Pissarro, Le Village d’Éragny, 1885

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huile sur toile • 59,7 × 73 cm • Coll. particulière

« Le site et ses grands panoramas surplombés par le clocher d’Éragny-sur-Epte furent une source d’inspiration pour l’artiste peintre Camille Pissarro, figure de l’impressionnisme », rappelle-t-elle dans son arrêté du 6 novembre. « Rendu célèbre grâce à ses œuvres exposées aujourd’hui à travers le monde dans les musées les plus prestigieux », ce paysage « présente un caractère remarquable qu’il convient de préserver », ajoute-t-elle. Or les éoliennes « créeront des effets de surplomb et de concurrence visuelle vis-à-vis de ce paysage représentatif, modifiant sa morphologie et ses perceptions de manière irréversible à l’échelle de l’ensemble de la vallée, portant sans conteste atteinte à ces vues emblématiques ».

Camille Pissarro, Autoportrait
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Camille Pissarro, Autoportrait, 1896

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huile sur toile • 52 × 30,5 • Coll. Dallas Museum of Art

C’est en effet à Éragny-sur-Epte, petit village situé au nord de Gisors, que Camille Pissarro s’était installé en 1884 pour y passer les vingt dernières années de sa vie. Dans sa maison de location, qu’il finit par acheter en 1892 grâce à un prêt de son ami Claude Monet, l’artiste y a accueilli de nombreux amis peintres dont Paul Cezanne, Alfred Sisley et Auguste Renoir, et a représenté de nombreuses fois les paysages verdoyants et bucoliques du Vexin concernés par l’affaire.

Son atelier et son jardin, inscrits aux monuments historiques, ainsi que deux églises et le château médiéval de Gisors, sont également menacés par le projet, a rappelé la préfète, la « très grande hauteur » des mâts des éoliennes, « démesurée » par rapport à ces édifices, ayant pour effet « d’inverser les rapports d’échelles historiques » entre ces derniers et le paysage. Mais les promoteurs du projet peuvent encore se battre en justice contre cette décision. À voir si Pissarro l’emportera…

Retrouvez dans l’Encyclo : Impressionnisme Camille Pissarro

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