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Camille Pissarro en 2 minutes

En bref

Surnommé le « Patriarche de l’impressionnisme », Camille Pissarro (1830–1903) fut jugé plus durement par les critiques de l’exposition impressionniste de 1874 qui virent en lui le « peintre des choux ». Représentant d’une peinture rurale (notamment autour du village d’Éragny où il vécut), il est un continuateur de Jean-François Millet. Pissarro a compté dans la phalange des peintres impressionnistes, notamment en étant le seul du groupe à s’essayer au divisionnisme initié par Georges Seurat.

Camille Pissarro, Autoportrait
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Camille Pissarro, Autoportrait, 1873

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Huile sur toile • 55,5 × 46 cm • Coll. Musée d’Orsay, Paris

Il a dit

« Peignez généreusement et sans hésitations pour garder la fraîcheur de la première impression. »

Sa vie

Bien qu’il soit né aux Antilles, Camille Pissarro est d’origine danoise (l’île de Saint-Thomas est à cette époque une possession du Danemark). Il vit une partie de sa jeunesse dans son île natale où il tente d’entrer dans le commerce familial. Mais Pissarro a une âme d’artiste.

Arrivé à Paris en 1855 (année de l’exposition universelle), il fait la connaissance de tout un milieu artistique, admire Corot, Millet et Courbet. Autant de peintres à l’origine de son goût pour les sujets ruraux et le monde de la campagne. Pissarro étudie dans une académie libre où il rencontre Monet, son cadet de dix ans. L’artiste ne parvient pas à faire sa place au salon officiel.

Désargenté, l’artiste n’a pas les moyens de vivre à Paris et s’installe à Pontoise, puis à Louveciennes où il doit réaliser des travaux alimentaires pour faire vivre sa famille (avec sa femme Julie Vellay, il aura huit enfants). Dans les années 1870, il se rapproche de Cézanne, et participe à toutes les expositions du groupe des impressionnistes entre 1874 et 1886.

En 1884, le peintre s’établit durablement à Éragny-sur-Epte, dans l’Oise. La campagne environnante devient son sujet de prédilection. Pissarro ne se rend plus que ponctuellement à Paris, pour ses expositions et des rencontres avec les marchands. Mais sa peinture se vend mal.

En 1885, fatigué par ses échecs, il tente l’aventure du divisionnisme aux côtés de Seurat et Signac, bien plus jeunes que lui. Il partage avec eux des opinions anarchistes et contribue à la revue Les Temps nouveaux. Mais la technique divisionniste est si fastidieuse que Pissarro se décourage et l’abandonne pour revenir vers un impressionnisme plus traditionnel.

Dans les années 1880–1890, Pissarro entame une importante série sur les ports de la Normandie : à Rouen, Dieppe et au Havre. Il participe ainsi à l’aventure de la sérialité en peinture. Il meurt à Paris en 1903, âgé de 73 ans.

Ses œuvres clés

Camille Pissarro, Gelée Blanche
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Camille Pissarro, Gelée Blanche, 1873

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Huile sur toile • 45 × 31 cm • Coll. Musée d’Orsay, Paris • © Heritage Images / Fine Art Images / akg-images

Gelée blanche, 1873

La critique ne fut pas tendre envers cette toile présentée par Pissarro lors de la première exposition des impressionnistes en 1874. « Ce sont des grattures de palette posées uniformément sur une toile sale », écrit un critique. Il s’agit pourtant d’un magnifique paysage des environs de Pontoise, saisi dans la blancheur de l’hiver. Travaillé au couteau, la matière même reflète la pesanteur de la froide saison, et Pissarro accorde une grande place au traitement de la lumière.

Camille Pissarro, Les Toits rouges, coin de village, effet d’hiver
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Camille Pissarro, Les Toits rouges, coin de village, effet d’hiver, 1877

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huile sur toile • 54 × 65 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris

Les Toits rouges, coin de village, effet d’hiver, 1877

Il s’agit d’une composition assez complexe montrant que Pissarro était aussi un peintre théoricien. Le premier plan, composé par des arbres, fait office d’écran sur un paysage de campagne qui se dessine en profondeur. L’œuvre est révélatrice de la proximité entre Pissarro et Cézanne à cette époque. Cette œuvre fut montrée en 1877, lors de la troisième exposition des peintres impressionnistes.

Camille Pissarro, Jeune paysanne faisant du feu
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Camille Pissarro, Jeune paysanne faisant du feu, 1888

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Huile sur toile • 92,8 × 92,5 cm • Coll. Musée Barberini, Potsdam

Jeune paysanne faisant du feu, 1888

Ce tableau illustre la tentative divisionniste de Pissarro pendant quelques années. Sur un thème rural qui lui est cher, dans la veine de Millet, le peintre utilise la technique du pointillé et de la touche divisée initiée par Seurat. Mais cette nouvelle manière ne permet pas de traduire librement la nature, comme aimait le faire Pissarro…

Par • le 8 novembre 2021
Retrouvez dans l’Encyclo : Impressionnisme Camille Pissarro

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