Reconstitution 3D du site religieux vieux de 4000 ans découvert récemment par des archéologues néerlandais à Tiel
© Gemeente Tiel
Mercredi 21 juin, des archéologues néerlandais ont révélé, au terme de six années de fouilles et de recherches débutées en 2017, une découverte d’envergure : sur un site industriel de la ville de Tiel, à 50 kilomètres au sud-est d’Utrecht, l’équipe a mis au jour un site religieux vieux de 4 000 ans, s’étendant sur une surface de plusieurs milliers de kilomètres carrés, de la taille de trois terrains de football.
Construit entre la fin de l’âge de pierre et le début de l’âge du bronze, ce dernier a rapidement été surnommé « le Stonehenge des Pays-Bas » en raison de sa ressemblance avec le fameux ensemble mégalithique anglais. En effet, le site comprend trois tertres funéraires, dont le plus grand fut utilisé durant huit siècles comme calendrier solaire. Mesurant environ 20 mètres de diamètre, ce tumulus, qui contenait les restes d’une soixantaine d’hommes, de femmes et d’enfants, comportait des passages aménagés entre les pierres, par où pénétraient les rayons du soleil les jours les plus longs et les plus courts de l’année, afin d’identifier les jours de fête et les dates de récoltes.
Le sanctuaire découvert aux Pays-Bas dans la ville de Tiel aurait été utilisé comme calendrier solaire
Reconstitution 3D • 20 mètres de diamètre • © Alexander Van De Bunt / Gemeente Tiel
« C’est la première fois qu’un tel site est découvert aux Pays-Bas », a souligné la ville de Tiel. Selon l’archéologue Christian van der Linde, il s’agit d’une trouvaille d’importance internationale. Les chercheurs y ont également mis au jour des traces d’habitations, un chemin rituel, près d’un million de fragments de poteries, de pierres et d’ossements, et même une perle de verre originaire de Mésopotamie (actuel Irak).
Vue du site de Tiel où a été identifié le sanctuaire religieux vieux de 4000 ans
© Gemeente Tiel
Mais ce site de Tiel n’est pas aussi spectaculaire que Stonehenge : en effet, les pierres ne sont plus visibles, la plupart des éléments ayant été identifiés grâce aux traces de leurs emplacements passés. Si bien que ces vestiges, malgré leur grand intérêt scientifique, ne seront pas préservés : le propriétaire du terrain y installera bientôt des hangars.
Aux Pays-Bas, des commentateurs font le parallèle entre cette affaire et celle des menhirs récemment détruits à Carnac pour construire un magasin de bricolage : alors que l’aspect discret d’un site ne le rend pas forcément moins intéressant scientifiquement, ils déplorent le fait que les lieux ne disposant pas d’une attractivité visuelle assez forte (et donc d’une capacité à attirer suffisamment de touristes) semblent fragilisés par rapport à d’autres et moins susceptibles d’être protégés.
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