Les colonnes du site antique de Palmyre avec en arrière-plan la citadelle, photographiées en 2009 avant leur destruction
© Alamy Stock / Photo Keith Barnes
Oasis située au nord-est de Damas, en Syrie, la ville de Palmyre est le symbole de la très grande richesse culturelle de la région. Elle apparaît dès la fin du IIIe millénaire avant J.-C. sous le nom de Tadmor, qui signifie « la cité des palmiers ». Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1980, elle abrite les vestiges grandioses d’une cité antique puissante au carrefour de la Mésopotamie et de la côte méditerranéenne, qui connaît son âge d’or du Ier siècle avant J.-C. au IIIe après J.-C.
Jusqu’en 2011, plus de 150 000 visiteurs se pressent chaque année sur le site… Avant le coup d’arrêt tragique de la guerre civile syrienne. Tirs de roquettes, pillages de tombeaux : l’UNESCO déclare le site en péril en 2013. Le drame arrive deux ans plus tard, à l’été 2015. L’occupation de la ville par l’État islamique réduit à néant plus de 2 000 ans d’histoire.
Les vestiges de la « cella » du temple de Bêl, dynamitée par les djihadistes. Le bâtiment principal du temple antique ainsi que les colonnes ont été détruits, 2016
© AFP / Photo Joseph Eid
L’ancienne cité prospère est saccagée, et disparaît tragiquement sous les décombres. En juillet, des bustes funéraires sont détruits en place publique. En août, le monumental temple de Bêl et celui de Baalshamin sont rasés à l’explosif. En octobre, l’arc de triomphe de Septime Sévère et une dizaine de tours funéraires sont anéantis. Le musée archéologique de la ville est également ravagé par les djihadistes.
Herbert Schmalz, Le dernier regard de la reine Zénobie sur Palmyre, 1888
Huile sur toile • 183.4 × 153.6 cm • Coll. Art Gallery of South Australia, Adelaide • © Wikimedia Commons / Photo Austriacus
Au IIIe siècle de notre ère, Palmyre, à son apogée, est dirigée par une femme : la reine Zénobie. Celle qui se dit descendante de Cléopâtre VII et de Didon a beaucoup d’ambition pour sa cité, alors sous contrôle de l’Empire romain. Elle veut faire de Palmyre l’égale de Rome ! La reine conquiert petit à petit des territoires, mais échoue finalement contre l’empereur romain Aurélien, avant d’être tuée dans des circonstances floues… Zénobie, la reine rebelle, a inspiré le peintre britannique préraphaélite Herbert Gustave Schmalz en 1888. Il restitue le moment de sa chute : le dernier regard de la guerrière sur son royaume.
Sur YouTube, la vidéaste La Prof raconte en détail le passionnant destin de Zénobie, reine de Palmyre. Toujours sur YouTube, et grâce à la réalité virtuelle, il est encore possible de visiter Palmyre ! Pour l’exposition « Sites éternels : de Bâmiyân à Palmyre » au Grand Palais en 2016–2017, la start-up française Iconem avait réalisé une reconstitution en 3D du site antique, en partenariat avec la Direction générale des antiquités et des musées de Syrie (DGAM).
En podcast, on vous conseille la série documentaire « Voix de Palmyre », produite en 2023 par Chahut Média en collaboration avec le musée romain de Nyon et l’Institut d’archéologie et des sciences de l’Antiquité de l’Université de Lausanne. Les quatre épisodes sont consacrés à la question de la conservation et de la transmission de la mémoire collective de Palmyre.
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