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ÉDITO

Paris capitale culturelle mondiale… sauf pendant les jeux Olympiques ?

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Publié le , mis à jour le

C’est un fait : Paris est de loin la ville au monde (bien avant New York, Londres ou Shanghai) qui propose au public la plus large offre d’expositions d’art ancien et contemporain, cela dans tous les domaines de la création (art, design, mode…). L’État français a en effet développé depuis le début de la Ve République une politique culturelle ambitieuse et unique au monde – très centralisée. Ont également éclos à Paris, au cours des quinze dernières années, une myriade de nouvelles institutions culturelles et de fondations, galeries, centres d’art, portés par des initiatives privées, des associations ou par les collectivités locales.

Sans conteste, Paris est par ailleurs la capitale mondiale de la mode et de la gastronomie. La ville est aussi considérée internationalement comme un centre de création majeur pour le cinéma comme pour les jeux vidéo, les métiers d’art, la haute joaillerie et beaucoup d’autres secteurs créatifs. Au point qu’à la veille de l’ouverture au Grand Palais Éphémère de la deuxième édition de Paris+, la foire d’art contemporain créée par Art Basel à la place de la Fiac, nombreux sont les observateurs à estimer que celle-ci va rapidement supplanter celle de Bâle (jusqu’alors considérée comme la meilleure du monde), tant les collectionneurs de la planète sont aimantés par Paris, sa beauté architecturale, son mode de vie et surtout son offre culturelle.

Des JO funestes pour le secteur culturel

À la traîne de Londres et New York au cours des dernières décennies, Paris a désormais largement de quoi se réjouir. Contrairement aux Parisiens qui, eux, subissent depuis de longs mois les nuisances des multiples travaux prévus pour accueillir, à l’été 2024, les jeux Olympiques et Paralympiques, qui vont transformer leur quotidien en véritable enfer, que ce soit pour circuler dans la capitale (l’essentiel des espaces en surface du centre de Paris seront fermés), pour emprunter des transports en commun déjà souvent saturés et défaillants (15 millions de touristes sont attendus) ou tout simplement pour vivre normalement.

Les touristes olympiques semblent peu intéressés par la culture, comme l’ont déjà démontré les Jeux de Londres ou de Tokyo.

Ni les médias ni les pouvoirs publics n’en parlent, mais de nombreux commerces et entreprises ont d’ores et déjà décidé de fermer leurs portes durant les JO, anticipant le fait que leurs clients et leurs salariés ne pourront tout simplement pas accéder à leur site. Pour le secteur culturel, cela risque d’être tout simplement funeste. Pour faire face au besoin de forces de l’ordre afin d’assurer la sécurité des olympiades, le ministre de l’Intérieur avait déjà annoncé, voilà quelques mois, que certains festivals d’été, que ce soit en Bretagne ou dans le midi de la France, devraient être annulés ou reportés à une date ultérieure. On en attend toujours la liste.

Plusieurs musées parisiens ont également annoncé (comme le Palais de Tokyo) ou vont le faire (le musée du quai Branly y réfléchit très sérieusement) qu’ils seront fermés durant cette période tant leurs sites seront difficiles d’accès… et tant les touristes olympiques semblent peu intéressés par la culture, comme l’ont déjà démontré les Jeux de Londres ou de Tokyo. Un comble pour Paris, capitale culturelle mondiale ! Mais aussi pour ces jeux Olympiques qui, à l’initiative de Pierre de Coubertin, avaient intégré, de 1912 à 1948, des compétitions artistiques décernant des médailles dans les domaines de l’architecture, de la littérature, de la musique, de la peinture et de la sculpture…

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