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Pierre Alechinsky en 2 minutes

Pierre Alechinsky (né en 1927) en bref

Figure emblématique du groupe CoBrA, Pierre Alechinsky est connu pour ses talents de dessinateur et d’illustrateur, entre figuration et abstraction. Son œuvre riche, foisonnante, n’a rien de minimaliste. Les figures fantastiques, entre monstres et animaux, sont libres et s’emparent de la toile ou de la feuille de papier. La démarche d’Alechinsky a partie liée avec le processus de l’écriture ; son art « concret » unit l’acte de penser et celui de peindre.

Pierre Alechinsky dans son atelier
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Pierre Alechinsky dans son atelier

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© Jacqueline Salmon. All rights reserved 2025 / Bridgeman Images

Il a dit

« Ce que je peins dépasse ma pensée. »

La vie de Pierre Alechinsky en quelques dates

Des débuts à Bruxelles

Pierre Alechinsky est né à Bruxelles le 19 octobre 1927, de deux parents médecins. Dès son enfance, il excelle dans le dessin. Le jeune homme étudie l’art de l’imprimerie, de la typographie et de l’illustration à l’École d’architecture et des arts décoratifs de La Cambre au début des années 1940. Il découvre alors le surréalisme et l’art brut. Son activité de peintre débute en 1947. Il devient membre du groupe Jeune Peinture belge, aux cotés de Jan Cox et de Marc Mendelson, et commence à exposer ses œuvres.

L’aventure CoBrA

En 1949, Alechinsky visite à Bruxelles la première exposition du groupe CoBrA, fondé par Christian Dotremont, Karel Appel et Asger Jorn, avant de le rejoindre. Le terme est inventé à partir des noms des trois capitales d’origine de ces artistes (Copenhague, Bruxelles et Amsterdam). Le groupe, qui revendique la liberté formelle et l’usage imaginatif de la couleur, expose ensuite au Stedelijk Museum d’Amsterdam. À la fois peintre et écrivain, Alechinsky s’implique plus particulièrement dans la revue attachée au mouvement. Son atelier bruxellois devient un véritable centre de ralliement. CoBrA s’éteint en 1951.

De l’encre à la peinture

L’artiste s’installe à Paris où il se lie d’amitié avec Alberto Giacometti et s’intéresse à la gravure. En 1955, il se rend au Japon pour se perfectionner dans l’art ancestral de la typographie, et se découvre une passion pour l’encre. Le travail de la ligne est essentiel dans son œuvre. Sa manière de travailler inclut l’accueil de l’accident, des formes aléatoires et marque une prédilection pour le thème biomorphique. Dans les années 1960, l’artiste travaille la peinture acrylique. Il développe alors le principe des « remarques marginales » inspiré de l’art typographique, une série de vignettes venant encadrer le motif central.

L’heure de la reconnaissance

Dès la fin des années 1950, l’œuvre de Pierre Alechinsky est exposée au Palais des beaux-arts de Bruxelles (une rétrospective a ensuite lieu en 1969). Des galeries internationales montrent également son travail, tout comme le Salon de mai à Paris. L’artiste voyage dans les années 1960, se rendant notamment aux États-Unis. En 1966, il participe à la dernière exposition internationale du surréalisme sur l’invitation d’André Breton. De 1983 à 1987, alors que plusieurs musées d’art moderne lui consacrent des rétrospectives, Alechinsky est professeur à l’École des beaux-arts de Paris. En 1994, il est distingué par l’Université libre de Bruxelles, puis en 2006 l’artiste est fait officier de la Légion d’honneur en France. Pierre Alechinsky a deux enfants : le poète Ivan Alechine (né en 1952) et le sculpteur Nicolas Alquin (né en 1958).

Ses œuvres clés

Central Park, 1965

Pierre Alechinsky, Central Park
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Pierre Alechinsky, Central Park, 1965

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Acrylique sur toile entourée de dessins à l’encre et de notations sur papier • 162 × 193 cm • Coll. particulière • © Adagp, Paris 2025

Toujours aux frontières des genres et des médiums, Pierre Alechinsky laisse parler sa spontanéité. L’artiste est ouvert à l’inconnu, à l’aventure, à la surprise. Cette œuvre lui est inspirée par la vue de Central Park depuis sa chambre d’hôtel. Le motif principal du parc, devenu un quasi-monstre, évolue dans un espace bordé, pour maîtriser son expansion infinie. Il s’agit de sa première peinture à remarques marginales.

CoBrA de transmission, 1968

Pierre Alechinsky, COBRA de Transmission
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Pierre Alechinsky, COBRA de Transmission, 1968

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Acrylique sur toile • 209 × 297 cm • Coll. musée d’Ixelles • © Adagp, Paris 2025

Bien que le groupe CoBrA soit dissous en 1951, Alechinsky continue de perpétuer son état d’esprit, sa liberté esthétique. Jouant autour du mot « cobra », le peintre met en mouvement un motif principal évoquant un serpent envahissant l’espace central de la toile. Proche du surréalisme mais aussi de l’abstraction lyrique, le langage d’Alechinsky est une « transposition spontanée de la réalité », ainsi qu’aime à le préciser l’artiste.

Le Passé inaperçu, 1981

Pierre Alechinsky, Le Passé inaperçu
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Pierre Alechinsky, Le Passé inaperçu, 1981

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Acrylique et encre de Chine sur papier marouflé sur toile • 260 × 470 cm • Coll. centre Pompidou, Mnam, Paris • © Adagp, Paris 2025 / © GrandPalais Rmn

Dans ce grand dessin, Alechinsky cultive l’importance des bordures, un élément omniprésent dans son œuvre. S’y déroulent des scènes commentant la scène centrale : une chorégraphie de figures fantastiques et carnavalesques. Pleine d’exubérance et de vie, cette œuvre est représentative du style d’Alechinsky, une écriture fluide renforcée par l’usage de l’acrylique que le peintre utilise à partir de 1965.

Par • le 23 juin 2025
Retrouvez dans l’Encyclo : Pierre Alechinsky

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