Article réservé aux abonnés

LE TOPO

Pieter de Hooch en 2 minutes

En bref

Peintre néerlandais du Siècle d’Or, Pieter de Hooch (1629–1684 ou 1694) est célèbre pour ses scènes de genre et ses intérieurs habités de personnages. Fin observateur de la société de son temps, ce contemporain de Vermeer est reconnu comme un grand coloriste, un peintre de la lumière mais aussi un artiste capable de saisir la psychologie de ses modèles. Il s’agit généralement de femmes, occupées à des tâches quotidiennes, dans des intérieurs bourgeois. Dans sa jeunesse, toutefois, le peintre a réalisé des toiles plus gaillardes, mettant en scène des courtisanes et des soldats dans des scènes précédant la débauche.

Pieter de Hooch, Autoportrait
voir toutes les images

Pieter de Hooch, Autoportrait, 1648 – 1649

i

Huile sur panneau • 32,5 × 34 cm • Rijksmuseum, Amsterdam • © Rijksmuseum

On a dit de lui

« Personne n’a eu le sens de la lumière aussi développé que lui. Il éclaire tous ses tableaux d’un brillant rayon qui n’est pas seulement un artifice d’artiste, mais qui communique à son œuvre une poésie étonnante. » Henry Havard

Sa vie

Né à Rotterdam, Pieter de Hooch grandit dans une famille d’artisans. Les sources, incertaines, mentionnent qu’il aurait fait son apprentissage à Haarlem chez un peintre paysagiste. Une autre hypothèse, plus crédible, est que Pieter devient l’élève d’un peintre de genre, Ludolf de Jongh. Peintre intimiste, délicat, épris de lumière et de couleur, de Hooch est fasciné par le talent de Rembrandt (parfois considéré comme l’un de ses maîtres).

Vers 1650, Pieter de Hooch est établi à Delft. Il travaille à cette époque pour un riche marchand de linge, collectionneur, qui lui commande une dizaine d’œuvres. L’artiste produit des tableaux d’une grande richesse de détails, mais aussi de matière : des jaunes de Naples, des bleus de cobalt… des tons chatoyants, bien opposés, propres à réjouir l’œil. De Hooch est un grand peintre de la lumière, une qualité qui le rend unique parmi ses contemporains. Elle pénètre dans les scènes par le biais de fenêtres très hautes, ou des portes ouvertes sur l’extérieur, enveloppant les personnages à contre-jour. Le rendu est à la fois intimiste et mystérieux.

Ses sujets, de Hooch les trouve dans les intérieurs contemporains, les logis hollandais, qu’il représente avec réalisme. Les figures sont souvent dans des attitudes calmes, positionnées dans un coin de la scène, mais leur présence n’est pas artificielle. Elles habitent réellement le lieu de la peinture, et s’avèrent de véritables portraits dotés d’intentions et de psychologie. De Hooch traite également de thèmes de l’alcool, les jeux de cartes (et donc d’argent) et la débauche dans la première partie de sa carrière. Par la suite, il se tourne vers des sujets plus bourgeois, plus adaptés à la société protestante dans laquelle il évolue.

Selon Henry Havard, Pieter de Hooch se distingue de tous les petits maîtres de son temps en raison de l’ampleur de sa technique et de son talent de coloriste. Ses ouvrages sont puissants, la touche onctueuse et franche. Il se hisse à la hauteur de Jan Steen, et l’auteur n’hésite pas à le rapprocher de Vermeer, son cadet de trois ans, qui l’influença.

Ses œuvres clés

Pieter de Hooch, La buveuse
voir toutes les images

Pieter de Hooch, La buveuse, vers 1652 – 1661

i

Huile sur toile • 69 × 60 cm • © RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi

La Buveuse, vers 1652–1661

Autrefois intitulé La Bonne compagnie, ce tableau est à la fois une scène de genre et une scène galante. Pour bien nous faire comprendre le sujet, le peintre a inclus au-dessus de la cheminée un tableau représentant le Christ et la femme adultère. La protagoniste est donc une courtisane, menant une vie dissolue. Deux personnages sont ses complices : l’homme qui lui sert du vin et l’entremetteuse. La débauche n’a pas encore commencé, comme le signale le petit chien endormi paisiblement.

Pieter de Hooch, La Cour d’une maison à Delft
voir toutes les images

Pieter de Hooch, La Cour d’une maison à Delft, 1658

i

Huile sur toile • 73 × 60 cm • National Gallery, Londres • © National Gallery

La Cour d’une maison à Delft, 1658

Nous faisant entrer dans la cour intérieure d’une maison, Pieter de Hooch dévoile la vie quotidienne des habitants de Delft. Il représente une servante sortant d’une étable, portant avec elle une assiette sans doute remplie de lait. Une petite fille souriante l’accompagne et lui tient la main. Partagent-elles un secret ? Le tablier replié de cette dernière contient peut-être quelques friandises offertes à la jeune enfant. De Hooch fait parler la lumière dans ce cadre à la fois urbain et rustique, plein de vie.

Pieter de Hooch, L’Armorie à linge
voir toutes les images

Pieter de Hooch, L’Armorie à linge, 1663

i

Huile sur toile • 70 × 75,5 cm • Rijksmuseum, Amsterdam • © Rijksmuseum

L’Armoire à linge, 1665

Voici, en apparence, une scène bien quotidienne. Deux femmes sont en train de ranger du linge dans une armoire de belle facture, tandis qu’une fillette joue à la balle. La scène respire la respectabilité, une sobriété toute calviniste. Ce tableau est brillant et complexe en raison de l’imbrication des ouvertures faisant entrer la rue extérieure à l’intérieur de la maison. La réalité est devant nous, et pourtant elle semble se dérober vers des espaces invisibles pour le spectateur, tels que les étages desservis par l’escalier.

Par • le 25 avril 2022

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi