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Pourquoi la grève s’éternise au Centre Pompidou

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Publié le , mis à jour le
Le Centre Georges Pompidou est ouvert avec l’affichage du mot « en grève » sur une bannière
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Le Centre Georges Pompidou est ouvert avec l’affichage du mot « en grève » sur une bannière, 25 novembre 2023

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© Eric Broncard / Hans Lucas via AFP

La situation s’enlise au Centre Pompidou : le 27 novembre, 140 de ses employés ont voté la reconduction de la grève. Depuis le 16 octobre, les visiteurs de ce lieu parisien emblématique se heurtent souvent à une porte close… Et à des grévistes en colère munis de pancartes et de tracts. Touristes et Parisiens n’ont désormais plus accès à ses salles d’exposition, ni à sa bibliothèque publique d’information (BPI), qui a rejoint le mouvement le 22 novembre.

L’élément déclencheur du conflit : le grand chantier (annoncé en mai 2023) de désamiantage et de rénovation de Beaubourg, qui entraînera sa fermeture durant cinq ans, de 2025 à 2030. Les employés s’inquiètent de leur devenir pendant et après les travaux : tous leurs emplois et salaires vont-ils être conservés ? Une crainte que ne semblent pas avoir apaisée les sept réunions de l’intersyndicale (CGT, FO…) avec la direction du lieu et le ministère de la Culture.

Grève au Centre Georges Pompidou
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Grève au Centre Georges Pompidou, 25 novembre 2023

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© Eric Broncard / Hans Lucas via AFP

Mi-novembre, le journal Les Echos, suivi par Le Figaro, dénonçait « le pouvoir de blocage d’une minorité d’agents de sécurité, sûreté, de pompiers » : sur les 1 000 employés du lieu, il y aurait seulement une vingtaine de grévistes (contre 200 au plus fort de la grève en octobre) ! La presse étrangère, elle, déplore une « culture de la grève » typiquement française qui pénalise les utilisateurs. La direction et le ministère de la Culture n’auraient-ils pas « fait des concessions » en réponse à 15 demandes sur 18 des grévistes, confirmé que les rémunérations « seront maintenues », et qu’il « n’y aura aucun départ contraint » ?

Aucun engagement clair

Le problème, c’est qu’il n’y aurait pour l’instant aucune garantie écrite ni aucun engagement clair concernant la préservation des emplois dans leur configuration actuelle. « Il est trop tôt pour figer l’organisation de l’établissement à sa réouverture prévue dans sept ans », a balayé la ministre de la Culture Rima Abdul Malak. Et si le statut d’agent public devrait, selon ses dires, être maintenu, celui-ci « pourra évoluer dans le temps pour les adaptations qui seraient nécessaires ». Des déclarations floues et peu rassurantes.

Le personnel du Centre Georges Pompidou en grève. Banderole et affiche pour prévenir le public
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Le personnel du Centre Georges Pompidou en grève. Banderole et affiche pour prévenir le public, 17 novembre 2023

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© Benoit Durand / Hans Lucas via AFP

D’autres éléments s’ajoutent au cahier de doléances. D’abord, au lieu d’un site unique de remplacement, à l’image du Grand Palais éphémère, les expositions de Beaubourg seront disséminées pendant les travaux dans divers sites de la Réunion des musée nationaux (RMN), disposant déjà de leur propre personnel, tandis que 480 de ses employés le seront dans différents lieux, dont le futur pôle de Massy, prévu pour 2026. S’y ajoute aussi une critique de l’organisation du déménagement, ainsi que du coût pharaonique du chantier (260 millions), qui fait craindre des coupes budgétaires par la suite.

Un management jugé « brutal »

Plus largement, la grève révèle un malaise des employés face à la vision du directeur du lieu, Laurent Le Bon, et à son management jugé « brutal », selon un article de Mediapart paru début novembre. Les grévistes craignent que le chantier ne lui « serve de prétexte » pour « détruire le modèle social » unique de l’établissement (qui possède ses propres menuisiers, électriciens, etc.) en externalisant les services. Lui sont également reprochés des décisions abruptes, une inertie face à des cas de harcèlement au sein des équipes, des expositions de plus en plus souvent financées par les exposants (au détriment de l’indépendance critique des curateurs), et enfin le projet signé d’une antenne de Beaubourg à AlUla en Arabie saoudite — monarchie absolue islamique dénoncée par les organisations internationales pour ses atteintes aux droits de l’homme. En somme, des valeurs compromises au nom de l’argent…

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Centre Georges Pompidou

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 11 h à 22 h
Nocturne le jeudi jusqu’à 23 h (uniquement pour les expositions temporaires du niveau 6)

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