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Portugal

Près de Lisbonne, un nouveau temple pour la céramique

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Publié le , mis à jour le
Inaugurée dans une ancienne quinta de Sintra, la fondation de la famille Albuquerque a été créée autour d’une collection de pièces historiques, accompagnées d’un volet contemporain pour questionner le monde d’aujourd’hui.
Accolé à l’ancien bâtiment rénové, le nouveau pavillon abrite une collection de céramiques qui a été jusqu’à présent peu exposée au grand public, et jamais dans sa totalité.
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Accolé à l’ancien bâtiment rénové, le nouveau pavillon abrite une collection de céramiques qui a été jusqu’à présent peu exposée au grand public, et jamais dans sa totalité.

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© Photo Francisco Nogueira

Nichée sur les hauteurs verdoyantes de Sintra, dont le paysage culturel a été inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, la fondation Albuquerque mêle habilement les strates de l’histoire et de la géographie en les ouvrant au monde et à ses grands enjeux contemporains, à travers le prisme de la création céramique.

D’entrée de jeu, lors de son inauguration le 22 février dernier, elle a annoncé la couleur avec la présentation de pièces historiques issues de la prestigieuse collection de l’ingénieur et architecte brésilien Renato de Albuquerque, 97 ans, à l’origine du projet avec sa petite-fille Mariana Teixeira de Carvalho, et, parallèlement, une installation magistrale aux aspirations universelles signée de l’artiste américain Theaster Gates.

Des céramiques chinoises adaptées au goût européen

Les deux propositions se déploient dans les différents espaces de la fondation, de part et d’autre du vaste jardin de ce qui fut jadis le domaine de villégiature de la famille Albuquerque. Transformée par le cabinet d’architecture brésilien Bernardes Arquitetura, l’ancienne quinta, typique de cette région centrale du Portugal, a été dotée d’une extension contemporaine.

Les 2 600 pièces historiques de la collection, dominée par la porcelaine chinoise des dynasties Ming (1368–1644) et Qing (1644–1911/1912).
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Les 2 600 pièces historiques de la collection, dominée par la porcelaine chinoise des dynasties Ming (1368–1644) et Qing (1644–1911/1912).

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© Photo Francisco Nogueira

Le parcours montre comment cette céramique innovante à la technologie sophistiquée est aussi le témoin privilégié des premières formes de la globalisation et des enjeux multiculturels.

En harmonie avec l’environnement naturel, le bâtiment principal au toit incliné – en écho à la typologie de ce terrain pentu – a été partiellement enterré pour exposer par roulement les 2 600 pièces historiques de la collection, dominée par la porcelaine chinoise des dynasties Ming (1368–1644) et Qing (1644–1911/1912). Visible jusqu’à l’été 2026, le parcours actuel montre comment cette céramique innovante à la technologie sophistiquée est aussi le témoin privilégié des premières formes de la globalisation et des enjeux multiculturels, où la production chinoise se mêle au goût européen, à la pensée bouddhiste et aux arts de l’Islam pour évoluer vers des productions hybrides, vestiges d’expériences humaines collectives.

Theaster Gates au cœur d’une exposition intense

De ce premier espace, le visiteur peut accéder ensuite à la maison historique, entièrement rénovée pour accueillir un restaurant, une bibliothèque spécialisée, trois chambres pour des résidences d’artiste ou des chercheurs, ainsi qu’un concept store qui, loin de la banale échoppe de souvenirs, propose une sélection pointue d’œuvres de céramistes reconnus ou émergents. Particulièrement séduisant, installé en contrebas du jardin, au milieu des pins et des chênes, le grand pavillon aux baies vitrées est un espace qui peut s’adapter à tous les projets.

Theaster Gates s’est emparé des lieux avec une intensité remarquable, recouvrant le sol de morceaux de céramique noire pour y poser de mystérieuses figures à la présence imposante, jouant entre ses tableaux-sculptures faits d’une terre aux éclats d’or et quelques pièces historiques de la collection choisies par ses soins, fidèle à cet esprit « Afro-Mingei » qui l’anime, terme qu’il a inventé et qui renvoie à l’union des savoir-faire traditionnels japonais et des combats de la culture noire américaine. Ce récit méditatif promet de belles manifestations à venir, dans ce havre de paix où les Lisboètes viennent chercher fraîcheur et beauté.

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Fondation Albuquerque

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