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Reportage

Le MACAM, premier hôtel-musée d’Europe, ouvre à Lisbonne

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Publié le , mis à jour le
Le premier musée-hôtel privé d’Europe vient de voir le jour au cœur de Lisbonne sous le nom de MACAM-Museu de Arte Contemporânea Armando Martins. Ce concept hybride abrite la collection d’un promoteur immobilier et esthète d’une grande discrétion, jusqu’à présent. L’occasion de découvrir le meilleur de l’art moderne et contemporain portugais, entre autres….
Le MACAM, vue sur le palais d’origine depuis l’aile moderne
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Le MACAM, vue sur le palais d’origine depuis l’aile moderne, 2025

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© Fernando Guerra / MACAM

Le hasard fait parfois bien les choses. L’ouverture du MACAM-Museu de Arte Contemporânea, le 22 mars dernier, coïncidait avec l’anniversaire de son fondateur. Situé à côté de Belém, l’un des centres culturels de Lisbonne, il s’agit du premier musée privé, non seulement doublé d’un hôtel cinq étoiles en Europe, mais aussi officiellement agréé par l’État portugais. Ce concept singulier s’incarne dans un palais du XVIIIe siècle, qu’Armando Martins a acquis en 2008 dans le seul but d’y exposer sa collection d’art moderne et contemporain. La crise des subprimes suivie de la pandémie de Covid ont nettement ralenti le projet de ce magnat de l’immobilier, un temps reconverti dans le milieu de la presse.

Quelle facette faut-il appréhender en priorité ? « Nous sommes avant tout dans un musée, qui s’avère abriter un hôtel », explique Adelaide Ginga, directrice de la structure artistique à qui Le Consulat, un quatre-étoiles lisboète, doit le commissariat de ses expositions passées. Pourquoi conjuguer les deux ? « Le volet hôtelier est une source de financement vouée à assurer la viabilité du projet », explique le maître des lieux, qui a confié au studio d’architecture portugais MetroUrbe l’ambitieuse tâche de réhabiliter une demeure privée, exploitée en tant qu’école publique au XXe siècle, dans la lignée de ses précédents chantiers (My Story Hotels, Palace Hotel Museum, Sandomil Palace…).

La façade du palais d’origine est l’entrée du MACAM
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La façade du palais d’origine est l’entrée du MACAM, 2025

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© Fernando Guerra / MACAM

L’entrée se trouve dans le palais d’origine, siège du parcours permanent. Tout droit : la réception/billetterie, entourée de deux sculptures d’Oliver Laric et d’Arlene Shechet, ainsi que d’un grand tirage de Thomas Struth. D’un côté, le parcours permanent retrace l’histoire de l’art moderne portugais ; un tour d’horizon inédit à Lisbonne.

La part belle à l’art contemporain

Amadeo de Souza-Cardoso, Música Surda
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Amadeo de Souza-Cardoso, Música Surda, vers 1914–1915

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Huile sur toile • Coll. & © MACAM, Lisbonne

Le violoniste cubiste d’Amadeo de Souza-Cardoso compte parmi les tableaux favoris d’Armando Martins. Les salles qui se profilent de l’autre côté font, quant à elles, la part belle à l’art contemporain, offrant, autour de thèmes précis (« Paysage et architecture », « Refuge et labyrinthe », « Oppression et résistance »…), un dialogue entre la scène portugaise et des grands noms internationaux, de Marina Abramović à Helena Almeida, en passant par Elmgreen & Dragset.

Dans la chapelle, qui accueillera des concerts, entre autres événements, l’artiste espagnol Carlos Aires signe Trinity un double retable dont la face apparente, rétractable en un clic de télécommande, cache un Christ sculpté derrière lequel défilent des images d’actualité (explosions, attentats, incendies…).

La chapelle où se dérouleront les concerts et autres événements
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La chapelle où se dérouleront les concerts et autres événements, 2025

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© Fernando Guerra / MACAM

Le nom de cette œuvre, emprunté à un essai nucléaire entrepris par les Américains en 1945, évoque bien sûr la sacralité initiale du lieu. Sur les terrasses est et ouest se dressent respectivement une installation mixte du sculpteur portugais José Pedro Croft et une colonne asymétrique, bleue et blanche, de la plasticienne canadienne Angela Bulloch. Autre commande, en cours de réalisation : José Drummond a prévu d’allier néons et sons dans le tunnel qui relie l’ancien et le nouveau bâtiment.

Une invitation aux collectionneurs privés

C’est dans ce dernier qu’auront lieu les expositions temporaires. Si les deux premières, « War, Reality, Myth and Fiction » et « The Anthropocene: In Search of a New Human? » puisent dans la collection d’Armando Martins, les prochaines seront une invitation aux collectionneurs privés en mal d’espaces propres pour présenter leurs trésors. Pour le moment, seul un tiers des 600 œuvres du propriétaire est montré. Le reste est soigneusement conservé dans les réserves interdites au public, aux étages inférieurs.

MACAM, vue sur l’aile moderne où ont lieu les expositions temporaires
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MACAM, vue sur l’aile moderne où ont lieu les expositions temporaires, 2025

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© Fernando Guerra / MACAM

Quant à l’hôtel, il comprend 64 chambres réparties entre les deux ailes. « Il y a une, deux ou trois œuvres dans chacune, parce que nous comptons sur nos hôtes pour en prendre soin », conclut Adelaide Pinga. C’est Vera Cordeiro, une ancienne des groupes Radisson, InterContinental et Marriott, qui en tient les rênes. Son mot d’ordre ? L’authenticité, au profit d’un « luxe discret ». Le nouveau bâtiment abrite une piscine, un restaurant, le Contemporâneo, où le chef Tiago Valente propose une cuisine méditerranéenne raffinée. Quant à la pâtissière Lara Figueiredo, elle n’a que 25 ans mais fait déjà des merveilles. Sa « Femme à l’orange » s’inspire d’un tableau d’Eduardo Viana et annonce d’autres clins d’œil culinaro-artistiques du même ordre. Bref, tout ici est de goût !

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Retrouvez dans l’Encyclo : Marina Abramović

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