Portrait de Lili Reynayd Dewar
© Photo Jean-Michel Sicot.
Née en 1975 à La Rochelle, Lili Reynaud Dewar produit essentiellement des performances, des installations et des films, qui embrassent des problématiques sociales. Son travail le plus célèbre ? Des vidéos où elle se filme, nue et le corps couvert de maquillage, dansant dans une exposition vide (Teeth, gums, machines, future, society, 2017) ou dans un champ avec des moutons (Lady to Fox, 2018). Son dernier projet se découvre actuellement au Centre Pompidou – qui expose les quatre nommés au prix Marcel Duchamp : quatre écrans entourent le spectateur, dont les yeux passent de l’un à l’autre, et reconstituent en la documentant la dernière soirée du poète et cinéaste italien Pier Paolo Pasolini, assassiné et retrouvé sur un terrain vague.
Ce projet vidéo témoigne des différentes obsessions de l’artiste aujourd’hui basée à Grenoble : son intérêt pour les figures queer, ou plus généralement issues des marges ou des minorités (elle s’est également penchée par le passé sur les sulfureux auteurs homosexuels Jean Genet et Guillaume Dustan, ainsi que sur la danseuse Joséphine Baker ou encore le musicien noir américain Sun Ra), mais aussi sa façon de travailler avec son entourage (une vingtaine de ses amis, parents ou étudiants incarnent ici Pasolini et son amant, se répondant en chœur). Le film se découvre en même temps que des fascicules reprenant des entretiens menés par l’artiste avec ses proches, qui abordent des aspects intimes de leurs vies – éducation, sexualité, vie professionnelle… Télescopant la grande Histoire et les parcours singuliers, Lili Reynaud Dewar produit un art à échelle humaine, intime, mais qui questionne la société tout entière.
Formée à la danse et au droit, elle est passée par les Beaux-Arts de Marseille et la Glasglow School of Art, a cofondé la revue féministe Pétunia et est professeure à la Haute école d’art et de design de Genève. Exposé dans le monde entier et notamment à la Biennale de Venise, son travail faisait partie en 2019 de « Futur, ancien, fugitif » au Palais de Tokyo, grande exposition faisant le portrait de la scène française.
Prix Marcel Duchamp 2021
Du 6 octobre 2021 au 3 janvier 2022
Centre Georges Pompidou • Place Georges Pompidou • 75004 Paris
www.centrepompidou.fr
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