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L'ÉDITO DE FABRICE BOUSTEAU

Regarder ou photographier ?

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Le 28 août dernier, la première rétrospective « officielle » (c’est-à-dire validée par l’artiste) consacrée à Banksy s’est achevée à la Gallery of Modern Art de Glasgow (GoMA), en Écosse. Depuis plusieurs années, des expositions reproduisant impunément ses œuvres ont en effet fleuri à travers le monde, dont un musée Banksy permanent dans le 9e arrondissement de Paris.

Intitulée « Cut and Run » (« Filer à l’anglaise »), l’exposition revenait sur vingt-cinq années de travail en présentant pour la première fois les pochoirs utilisés pour réaliser ses œuvres les plus iconiques ainsi que des originaux. L’artiste a choisi ce musée car, devant, s’y trouve son œuvre préférée en Angleterre : un ancien Premier ministre (le duc de Wellington) sur son cheval, coiffé d’un cône de chantier en plastique orange par les habitants, régulièrement enlevé par les autorités et remis aussitôt !

Banksy, Le Goëland de la série « Great British Spraycation »
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Banksy, Le Goëland de la série « Great British Spraycation », 2021

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Graffiti • © Banksy

On les comprend, tant il est devenu perturbant de visiter une exposition en étant sans cesse dérangé par ceux qui, au lieu de regarder les œuvres, les photographient à tout-va, sans parler des selfies !

Banksy louant ainsi le sens de l’humour unique des Glaswégiens. Mais afin d’éviter les contrefaçons et aussi de favoriser l’attention du public, Banksy a interdit aux visiteurs de son exposition de prendre des photos avec leur téléphone portable. Les 180 000 curieux (un succès sans précédent pour le musée) ne s’en sont guère plaints, comme sans doute ceux des autres pays (encore secrets) où l’exposition doit être présentée dans les mois à venir. On les comprend, tant il est devenu perturbant de visiter une exposition en étant sans cesse dérangé par ceux qui, au lieu de regarder les œuvres, les photographient à tout-va, sans parler des selfies !

Si de nombreuses voix demandent que soient réduites les jauges du nombre de visiteurs en simultané dans les expositions afin d’accroître le confort de visite, assurément, la question de la prise ou non de photos se pose, tant elle est également gênante.

Une question qui fait débat

Dans la magnifique exposition « Corps à corps », jusqu’au 25 mars au Centre Pompidou, qui confronte les collections photographiques de l’institution avec celles de l’homme de cinéma et collectionneur Marin Karmitz, la prise de photos est permise. Mais le paradoxe est que les œuvres du Centre Pompidou sont impossibles à photographier car elles n’ont pas de vitres antireflet, contrairement à celles de Marin Karmitz.

On arguera que les vitres antireflet coûtent cher. Mais elles protègent aussi davantage les œuvres et c’est pour le moins étonnant que les collections d’une institution, destinées par essence à être présentées au public, soient moins photographiables que celles d’un amateur privé. Regarder ou photographier ? Une question qui mérite pour le moins quelques débats !

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Banksy: Cut and Run - 25 years card labour

Du 18 juin 2023 au 28 août 2023

cutandrun.co.uk

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Corps à corps. Histoire(s) de la photographie

Du 6 septembre 2023 au 25 mars 2024

www.centrepompidou.fr

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