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Parfumés et sentant la rose : une étude révèle un aspect méconnu des marbres antiques

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La rose de Damas était très appréciée durant l’antiquité en Méditerranée
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La rose de Damas était très appréciée durant l’antiquité en Méditerranée, 2025

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Courtesy Ny Carlsberg Glyptotek / Cecilie Brøns

Les statues en marbre blanc de l’Antiquité n’ont pas fini de nous surprendre. Alors qu’il est déjà difficile de se figurer que l’épure immaculée qui les caractérise aujourd’hui était en fait, à l’origine, couverte de chatoyantes peintures polychromes – comme l’ont révélé les découvertes archéologiques des XVIIIe et XIXe siècles –, voilà qu’une nouvelle information continue de modifier notre perception de ces œuvres.

Publiée le 3 mars dernier dans le Oxford Journal of Archaeology, une étude danoise dévoile en effet que ces sculptures étaient également, dans certains cas, enduites d’huiles parfumées (comble de raffinement), et exhalaient souvent des effluves de rose.

Une expérience olfactive

« Les parfums utilisés étaient tous basés sur des huiles végétales. Une autre manière d’ajouter une senteur à une sculpture pouvait être de l’orner de couronnes de fleurs fraîches. »

Cecilie Brøns

« L’expérience qu’elles offraient n’était donc pas seulement visuelle, mais aussi olfactive », dévoile l’autrice de l’étude, l’archéologue et chercheuse danoise Cecilie Brøns, curatrice à la Ny Carlsberg Glyptotek de Copenhague et spécialiste de la polychromie dans l’art et l’architecture gréco-romains. Une découverte qui « élargit notre connaissance des usages du parfum dans l’Antiquité en Méditerranée tout en améliorant notre compréhension de la sculpture antique », ajoute-t-elle.

« J’ai fait cette découverte de manière accidentelle », nous raconte-t-elle. Dans le cadre de son étude sur la présence de peinture colorée à la surface des sculptures, aux alentours de 2020, la spécialiste est en effet tombée sur des textes antiques faisant allusion à cette pratique, à laquelle la communauté scientifique n’avait pas encore vraiment prêté attention – et dont il « serait intéressant » à présent, dit-elle, de chercher les traces physiques éventuelles par le biais de prélèvements et d’analyses.

Parfumer pour accentuer le caractère divin des statues

Les statues de la Grèce et de la Rome antiques étaient à l’origine parfumées
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Les statues de la Grèce et de la Rome antiques étaient à l’origine parfumées, 2025

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Courtesy Ny Carlsberg Glyptotek / Cecilie Brøns

« Le parfum et les huiles parfumées sont en fait souvent mentionnés dans ces écrits comme faisant partie de la ‘décoration’ des statues de culte », note l’archéologue. Cicéron évoque par exemple le traitement rituel d’une statue d’Artémis, à Ségeste en Sicile, qui était enduite d’onguent et d’huiles parfumées. À Délos, en Grèce, des inscriptions dans des temples révèlent aussi que certaines statues était frottées avec du parfum de rose.

« Les parfums utilisés étaient tous basés sur des huiles végétales, et donc très différents des parfums modernes à base d’alcool. Une autre manière d’ajouter une senteur à une sculpture pouvait être de l’orner de couronnes de fleurs fraîches », nous précise la chercheuse. Si ces parfums étaient « appliqués pour la plupart sur des statues cultuelles de dieux et de déesses » pour accentuer leur caractère divin, « il semble qu’ils étaient aussi parfois utilisés sur des statues d’individus importants comme des empereurs ou des impératrices ».

Une préférence pour la rose

« Différents types d’huiles étaient employées, mais la plus fréquemment mentionnée par les auteurs antiques était à la rose », indique Cecilie Brøns. La rose de Damas – l’une des variétés les plus anciennes, qui aurait tiré son origine de l’Empire perse et aurait été déclinée pour la première fois en huile essentielle par un médecin – était en effet très appréciée à l’époque en Méditerranée, bien avant son arrivée en France au XIIIe siècle suite aux croisades, et son utilisation prisée dans les cours européennes à la Renaissance – sujet qui avait été exploré de façon intéressante dans l’exposition « Léonard de Vinci et les parfums », présentée au Clos Lucé (dernière demeure du peintre et inventeur italien) à l’été 2024.

À l’instar de cet événement, l’étude danoise témoigne de l’intérêt croissant de la communauté scientifique pour l’histoire olfactive, domaine longtemps resté peu exploré en raison de son essence invisible et volatile… Une tendance qui va de pair avec la popularité grandissante, dans le domaine de l’art, des expositions multisensorielles, gages d’immersion.

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