Banksy, Le Goëland de la série « Great British Spraycation », 2021
Graffiti • © Banksy
Avoir une œuvre de Banksy sur sa maison, le rêve ? Pas pour Garry et Gokean Coutts ! Dans le cas de ce couple de propriétaires anglais, le cadeau s’est révélé empoisonné… Tout a commencé en août 2021, lorsque les deux Britanniques ont découvert que le fameux street artiste avait choisi le mur aveugle de leur immeuble situé à Lowestoft, sur la côte est de la Grande-Bretagne, comme support de l’une des œuvres de sa série « A Great British Spraycation ». Sur ce grand mur de briques peint en blanc, un goéland géant aux ailes déployées s’apprête à s’abattre sur une benne bien réelle, posée contre le mur, pour y prélever un déchet avec son bec !
À première vue, c’est une aubaine : ainsi estampillée par un artiste célèbre, la propriété du couple gagne en valeur. Sauf que le conseil municipal de Lowestoft les a notifiés qu’ils devraient verser 49 000 euros par an afin de participer à la protection et l’entretien de l’œuvre, devenue un atout touristique pour la ville ! En prime, l’oiseau de six mètres de haut est devenu une véritable nuisance pour les Coutts. De jour comme de nuit, la fresque est l’objet d’attroupements incessants, de tentatives de vol et de vandalisme… Si bien que le couple se voit contraint d’engager un gardien pour la surveiller ! « Les choses ont commencé à devenir très stressantes. Je ne suis pas sûr que Banksy se rende compte des conséquences engendrées pour les propriétaires » a confié Garry Coutts au Daily Mail.
Banksy, « We’re all in the same boat » de la série « Great British Spraycation »
Graffiti • © Banksy
Le couple a finalement trouvé une solution radicale : il a loué une grue de 13 mètres de haut pour retirer l’intégralité du pan de mur, d’un poids de 22,7 tonnes – une opération titanesque qui lui a coûté pas moins de 246 300 euros ! Mais ces frais seront largement amortis par la vente de l’œuvre, les travaux de Banksy s’écoulant à prix d’or. Le duo s’en tire donc bien mieux en détruisant son bien qu’en s’acquittant des frais d’entretien faramineux exigés par leur ville… Cette affaire absurde aura peut-être le mérite d’initier une réflexion sur la législation en matière de préservation des œuvres de street art réalisées sur des bâtiments privés – règles qui, de toute évidence, mériteraient d’être revues, pour le bien des habitants comme des propriétaires…
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