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« Un enterrement à Ornans » va bientôt retrouver ses couleurs (et des détails inédits) au musée d’Orsay

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Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans (détail)
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Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans (détail), entre 1849 et 1850

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Huile sur toile • 315 x 668 cm • Coll. musée d'Orsay, Paris • Photo RMN presse - G. Blot / H. Lewandowski

C’est ce qu’on appelle un « gros morceau ». Le musée d’Orsay vient d’annoncer la restauration prochaine de l’une de ses pièces majeures, puissant manifeste du mouvement réaliste : Un enterrement à Ornans (1849–1850) du peintre Gustave Courbet, tableau colossal mesurant trois mètres de haut sur près de sept de long, et comptant pas moins de 46 personnages !

Donnée au Louvre après la mort de l’artiste en 1877, puis entrée dans les collections d’Orsay dès son ouverture en 1986, l’œuvre n’avait pas été restaurée depuis au moins un demi-siècle. Il était donc temps de lancer cette opération ambitieuse, qui débutera fin 2024-début 2025, financée grâce au mécénat de la banque américaine Bank of America, dans le cadre de son programme « Art Conservation Project ».

Une toile monumentale qui met le peuple à l’honneur

Les critiques lui reprochent de glorifier le « laid » et le « trivial ».

Dans des tons charbonneux, Gustave Courbet dépeint un enterrement dans un morne paysage de Franche-Comté, en détaillant chaque personnage du cortège populaire : le cercueil, le curé, le fossoyeur, les enfants de chœur, les sacristains, les bedeaux, les villageois endeuillés, deux révolutionnaires et un chien.

Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans
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Gustave Courbet, Un enterrement à Ornans, entre 1849 et 1850

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Huile sur toile • 315 × 668 cm • Coll. musée d’Orsay, Paris • Photo RMN presse – G. Blot / H. Lewandowski

Au lendemain de la révolution de 1848, l’artiste républicain met donc le peuple au premier plan, ce qui ne manque pas de faire scandale au Salon de 1850 à Paris. Les critiques lui reprochent de glorifier le « laid » et le « trivial » en dépeignant dans des dimensions monumentales et solennelles, habituellement réservées à la noble peinture d’histoire, un événement « anecdotique » : la mise en terre d’un villageois anonyme.

Le tableau retrouvera ses couleurs et même de la longueur

En 2018 et 2020, lors d’une campagne d’imagerie scientifique effectuée à Orsay sous la houlette du C2RMF (Centre de recherche et de restauration des musées de France), l’œuvre a été complètement radiographiée pour la toute première fois. Ce qui a permis d’identifier précisément les altérations subies par la toile (qui avait été plusieurs fois roulée et remontée sur châssis) avant son entrée au Louvre. Décolorées au fil du temps, ce qui a eu pour effet de modifier la gamme chromatique de l’œuvre et de gêner sa lecture, les couches de vernis seront allégées pour lui rendre ses couleurs, tandis que les repeints anciens abîmés seront retirés, et les lacunes comblées.

Cette restauration réserve également une surprise : lors des examens préalables, les chercheurs ont découvert que la composition se poursuit en réalité de plusieurs centimètres sur les bords de la toile. Bords qui, repliés sur le châssis et occultés par le cadre, étaient demeurés invisibles depuis 1881. En plus d’un grand coup de frais, l’œuvre reviendra donc légèrement plus grande, avec des détails inédits ! En attendant, les visiteurs peuvent apprécier sous la verrière d’Orsay un autre très grand format (plus de cinq mètres de long) du même artiste, L’Atelier du peintre (1854–1855), restauré en 2014–2015.

Retrouvez dans l’Encyclo : Gustave Courbet Réalisme

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