Actu

Un gigantesque et somptueux taureau ailé de 2700 ans exhumé en Irak

Par • le
Lamassu assyrien découvert en 2023 à Khorsabad en Irak
voir toutes les images

Lamassu assyrien découvert en 2023 à Khorsabad en Irak, 2 700 ans avant J.-C.

i

© Zaid al-Obeidi/ AFP

Il est extrêmement rare qu’un objet aussi imposant et splendide soit mis au jour sur un champ de fouilles ! Taillé dans un seul bloc d’albâtre, un gigantesque taureau ailé de 3,90 sur 3,80 mètres et d’un poids de 18 tonnes vient d’être exhumé sur le site assyrien de Khorsabad. Une joie immense pour l’équipe d’archéologues franco-irakienne dirigée par Pascal Butterlin, ancien élève de l’École normale supérieure et professeur d’archéologie du Proche-Orient ancien.

Vieille de plus de 2 700 ans, cette créature géante protégeait l’une des portes du palais assyrien du roi Sargon II (722–705 avant J.-C.) à Khorsabad, anciennement Dûr-Sharrukîn (« forteresse de Sargon ») – une cité fastueuse qui s’étendait sur 300 hectares, à quinze kilomètres au nord de l’actuelle Mossoul. Emblématiques de l’Empire assyrien, les taureaux androcéphales (à tête d’homme) ailés, appelés lamassus, étaient des génies protecteurs, dont de magnifiques exemples sculptés issus du même site (découvert en 1843 par l’archéologue français Paul-Émile Botta) peuvent être admirés dans la cour Khorsabad du musée du Louvre.

Vue des « taureaux androcéphales ailés » dans la cour Khorsabad
voir toutes les images

Vue des « taureaux androcéphales ailés » dans la cour Khorsabad

i

La cour Khorsabad, département des Antiquités orientales, aile Richelieu

Dans cette cour de l’aile Richelieu sont présentés les vestiges du palais que le roi Sargon II fit édifier à Khorsabad (Irak) en 706 av. J.-C. On y voit ces statues monumentales de « taureaux androcéphales ailés », êtres hybrides et surnaturels, à la fois homme, oiseau et taureau. Suivant la tradition mésopotamienne des animaux gardiens, ces taureaux divins ornaient par paire les portes du palais pour protéger ces espaces de passage.

© Martin Argyroglo

Gardiennes de portes destinées à impressionner les arrivants et dissuader les intrus, ces statues pouvaient atteindre une hauteur de 5,80 mètres et un poids de 30 tonnes. Si le taureau qui vient de sortir de terre n’est pas aussi grand, son gabarit reste remarquable et son état de conservation exceptionnel : de sa barbe tressée à ses ailes ornées de plumes finement striées, la créature apparaît minutieusement détaillée. Seul hic : sa tête d’homme a été sciée lors d’un pillage en 1995. Retrouvée par les douanes, elle se trouverait aujourd’hui au musée national d’Irak de Bagdad.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. En 2014, l’État islamique mène des attaques dans le nord de l’Irak. Avant de s’enfuir, les habitants du village de Khorsabad prennent le temps d’enfouir à nouveau le taureau pour le protéger de ces assaillants, connus pour leur propension à vandaliser et détruire les trésors patrimoniaux. Un acte précieux qui a permis aux archéologues de le retrouver aujourd’hui dans ce superbe état !

Vous aimerez aussi

Carnets d’exposition, hors-série, catalogues, albums, encyclopédies, anthologies, monographies d’artistes, beaux livres...

Visiter la boutique
Visiter la boutique

À lire aussi