Bronze grec représentant une tête de griffon datant du VIIe siècle avant J.-C. restitué par le Le Metropolitan Museum of Art de New York
Bronze • 25,8 cm • © Bruce Schwarz
Une tête de griffon expressive aux lignes épurées et dynamiques, bec ouvert et langue tendue telle une gargouille ahurie : cet étonnant objet en bronze de près de 26 centimètres de haut, datant du VIIe siècle avant J.-C., avait été découvert en 1914 à Olympie, en Grèce, puis volé en 1936 dans la bibliothèque du musée de ce site archéologique. Celui-ci vient d’être restitué ce mardi 25 février à son pays d’origine par le Metropolitan Museum of Art de New York.
Daté de 650–625 avant J.-C., l’artefact, qui faisait partie à l’origine du décor d’un trépied de chaudron servant pour les offrandes aux dieux, était « l’un des objets les plus emblématiques » du département des antiquités grecques et romaines du Met, a précisé le directeur de l’institution new-yorkaise, Max Hollein, dans un communiqué. L’œuvre occupait en effet depuis 1999 une place d’honneur à l’entrée des galeries gréco-romaines du musée.
Cet « exemple exceptionnel de la métallurgie grecque antique », selon les mots de la ministre de la Culture grecque Lína Mendóni, avait été légué au Met en 1971 par l’un de ses anciens vice-présidents, le banquier, philanthrope et collectionneur Walter C. Baker. Ce dernier l’avait acquis en 1948 à la galerie Joseph Brummer de New York, qui se l’était procuré, quant à elle, auprès d’un marchand d’antiquités athénien en 1936.
Cette restitution a eu lieu dans le cadre d’un voyage de la ministre grecque Lína Mendóni aux États-Unis, au cours duquel elle a discuté avec des fonctionnaires d’État de futures collaborations culturelles. Durant ce séjour, d’autres restitutions ont été opérées : le procureur de Manhattan a rendu à la Grèce, lors d’une cérémonie tenue également ce 25 février à New York, onze antiquités d’une valeur totale d’un million de dollars, identifiées comme volées au terme de plusieurs enquêtes. Parmi elles, un bas-relief en marbre des IIIe-IVe siècles avant J.-C., une bague romaine à l’effigie du dieu Poséidon, et une figurine votive mycénienne datée de 1300–1200 avant J.-C. et représentant une femme en prière.
Les visiteurs au département des antiquités grecques et romaines du Met, New York
© Architects Eye / Alamy / Hemis
Toujours lors de ce voyage officiel, Lína Mendóni a également récupéré à l’ambassade grecque de Washington un lécythe (vase grec utilisé pour stocker des huiles parfumées) rendu par le Glencairn Museum de Pennsylvanie. L’objet avait été volé entre 1936 et 1972 en Grèce et donné au musée américain par un collectionneur qui l’avait acheté aux enchères.
Bronze grec représentant une tête de griffon, 650–625 avant J.-C.
Bronze • 25,8 cm • © Bruce Schwarz
« Toutes les antiquités illégalement retirées de n’importe quel pays doivent retrouver leur lieu d’origine », a fermement rappelé Lína Mendóni. Riche en vestiges, la Grèce est particulièrement touchée par le pillage et le trafic d’antiquités. Le pays avait notamment signé en 2022 un accord avec le Met pour le rapatriement graduel dans les 25 prochaines années de 161 antiquités de l’âge du bronze venues des Cyclades et ayant appartenu au milliardaire et philanthrope américain Leonard Stern – un accord controversé, plusieurs experts grecs estimant que le rapatriement aurait dû être immédiat. Le symbole du combat de la Grèce pour la récupération de son patrimoine volé restent les marbres du Parthénon, arrachés au monument par un lord anglais et détenus depuis le XIXe siècle par le British Museum de Londres, qui refuse de les rendre malgré des décennies d’insistance.
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