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Un ministre italien suspecté d’un vol de tableau rocambolesque

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Rutilio Manetti, La Capture de Saint-Pierre
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Rutilio Manetti, La Capture de Saint-Pierre, 1600

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huile sur toile • Coll. particulière

Un ministre voleur de tableaux ? L’affaire est digne d’un roman. Le 9 janvier, le parquet italien a annoncé avoir ouvert une enquête visant le secrétaire d’État à la culture Vittorio Sgarbi… Car ce membre du gouvernement de Giorgia Meloni, historien, critique d’art et polémiste de 71 ans, habitué des plateaux de télévision, est soupçonné d’avoir volé un tableau à une particulière !

En décembre dernier, un reportage diffusé à la télévision publique italienne (Rai) s’interrogeait sur une peinture de l’artiste italien du XVIIe siècle Rutilio Manetti, La Capture de Saint-Pierre, exposée par Vittorio Sgarbi en 2021 à Lucques comme une œuvre de sa collection. Car cette dernière est étrangement (presque) identique à une toile dérobée en 2013...

Un détail ajouté par un restaurateur?

La propriétaire du tableau avait signalé à la police le vol dans son château piémontais de Buriasco, près de Turin : des malfaiteurs s’y étaient introduits par effraction et avaient découpé la peinture pour la sortir rapidement de son cadre avant de fuir les lieux. Fait troublant, quelques semaines auparavant, un homme, identifié par la Rai comme étant un ami de Vittorio Sgarbi, était venu chez elle pour lui demander de lui vendre cette œuvre, ce qu’elle avait refusé…

Rutilio Manetti, La Capture de Saint-Pierre (détail de la torche en haut à droite)
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Rutilio Manetti, La Capture de Saint-Pierre (détail de la torche en haut à droite)

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© DR

Un seul détail différencie le tableau de Sgarbi de l’œuvre volée : une petite bougie allumée, visible dans le coin supérieur gauche de la toile. Or en 2013, « l’ami » qui avait tenté d’acheter l’œuvre avait remis une toile déchirée à un expert en restauration de tableaux… Qui affirme dans le reportage télévisé qu’il s’agissait bien de l’œuvre volée, à laquelle une bougie aurait été ajoutée après le vol pour brouiller les pistes !

Curateur du pavillon italien de la biennale de Venise de 2011

Vittorio Sgarbi à Viterbo
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Vittorio Sgarbi à Viterbo, 18 décembre 2022

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© DR

Furieux, Vittorio Sgarbi nie en bloc ces accusations. Invité à s’expliquer sur la chaîne privée Rete 4, et dans les pages du Corriere della Sera, il assure avoir trouvé la peinture dans une demeure ancienne achetée par sa mère en 2000, la villa Maidalchina, qui avait appartenu à une famille noble et où le pape Innocent X aurait séjourné au XVIIe siècle. Selon lui, le tableau volé n’était qu’une « mauvaise copie » du XIXe siècle, alors que le sien est un original. Quant au restaurateur, il aurait menti pour se venger de Sgarbi, qui lui devrait une importante somme d’argent !

L’opposition italienne réclame le renvoi de Vittorio Sgarbi, qui fait aussi l’objet d’une autre enquête, ouverte en octobre dernier, pour avoir monnayé sa présence à des conférences – une pratique interdite aux membres du gouvernement italien. L’homme, qui fut curateur du pavillon italien de la biennale de Venise de 2011 et superviseur des acquisitions du musée MAXXI de Rome, avait également suscité l’indignation en tenant des propos sexistes lors d’un événement au MAXXI en 2023.

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