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Une œuvre d’Alexandre Lavet jetée par un employé de musée aux Pays-Bas

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Publié le , mis à jour le
Alexandre Lavet, All the good times we spent together
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Alexandre Lavet, All the good times we spent together, 2016

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Peinture acrylique sur aluminium, vernis (canettes peintes à la main) • Dimensions variables • Photo LAM Lisse

L’illusion était trop parfaite. Au musée d’Art moderne de Lisse (LAM), dans l’ouest des Pays-Bas, un réparateur d’ascenseur a jeté une œuvre d’art en la prenant pour un déchet…

Une erreur compréhensible, la création en question (qui a été repêchée in extremis dans l’une des poubelles de l’établissement avant qu’elle ne soit embarquée par les éboueurs) étant une réplique, minutieusement peinte à la main et bluffante de réalisme, de deux canettes de bière vides.

Un musée habitué à jouer avec ses visiteurs

« Nos œuvres encouragent les visiteurs à voir les objets du quotidien sous un jour nouveau. »

Sietske van Zanten

Fabriquer ces deux fausses canettes de Jupiler avait cependant nécessité de nombreuses heures de travail. Intitulée All the good times we spent together (2016), cette œuvre de l’artiste français Alexandre Lavet (né en 1988) était exposée au sol dans l’ascenseur en verre du musée pour « piéger » les passants en se faisant passer pour de vrais détritus. Basé en Belgique, le plasticien s’est spécialisé dans la simulation d’objets ordinaires qui se fondent comme des caméléons dans les espaces d’exposition afin de taquiner le visiteur et questionner la notion d’œuvre d’art.

« All the good times we spent together (2016) » d’Alexandre Lavet découvert dans un sac poubelle mélangé à des détritus balayés
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« All the good times we spent together (2016) » d’Alexandre Lavet découvert dans un sac poubelle mélangé à des détritus balayés, 2024

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Photo LAM Lisse

Le concept espiègle du LAM n’a pas aidé le technicien responsable de la bévue : le musée, dont la collection a pour thème « la nourriture et la consommation », est en effet connu pour exposer certaines de ses œuvres dans des recoins incongrus du bâtiment. « Nos œuvres encouragent les visiteurs à voir les objets du quotidien sous un jour nouveau. En les plaçant dans des endroits inattendus, nous amplifions cette expérience et incitons les visiteurs à rester attentifs » explique la directrice de l’établissement, Sietske van Zanten.

« La preuve de l’efficacité de l’art d’Alexandre Lavet »

L’institution n’en veut donc pas à l’auteur du méfait, qui n’était pas familier des lieux et remplaçait ce jour-là le technicien habituel. « Il faisait juste son travail. En un sens, c’est la preuve de l’efficacité de l’art d’Alexandre Lavet », s’amuse la directrice. L’œuvre retrouvée est actuellement présentée sur un socle traditionnel, en attendant de trouver un nouvel emplacement d’exposition, à même de rester en accord avec le concept du musée tout en la protégeant un peu mieux de ce genre de méprise.

Les canettes d’Alexandre Lavet exposées au sommet de l’ascenseur en verre du musée LAM
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Les canettes d’Alexandre Lavet exposées au sommet de l’ascenseur en verre du musée LAM

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Photo Bibi Veth / LAM

Cet employé n’est pas le seul à avoir fait ce type d’erreur : d’un abat-jour en papier de Man Ray, jeté en 1919, aux faux restes d’une fête arrosée expédiés à la benne en 2015, en passant par la motte de beurre de Joseph Beuys nettoyée en 1986, les exemples de ce type de mésaventure sont nombreux. Des anecdotes dont ne manquent évidemment pas de se délecter les traditionnels détracteurs de l’art conceptuel…

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