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Pablo Picasso, Études, 1920
Huile sur toile • 100 x 81 cm • © RMN-Grand Palais, Musée national Picasso-Paris / Photo René-Gabriel Ojéda / musée Fabre © Succession Picasso, 2018
Pablo Picasso, Études [détail], 1920
Variations cubistes
Daté de 1920, Études aborde le cubisme sous une forme analytique. Il ne simplifie pas les volumes, ne les aborde pas en facettes mais les traite comme s’ils étaient des patrons, de manière bidimensionnelle, comme dépliés et étalés. Pour ce faire, il représente des objets qu’il a beaucoup utilisés entre 1912 et 1914 : cartes à jouer, pipe, guitare, verre…
Huile sur toile • 100 x 81 cm • © RMN-Grand Palais, Musée national Picasso-Paris / Photo René-Gabriel Ojéda / musée Fabre © Succession Picasso, 2018
Pablo Picasso, Études [détails], 1920
Notes néoclassiques
Picasso va puiser dans son registre classique en faisant référence à sa période dite « des géantes ». Il « monumentalise » la femme, un traitement de certaines parties du corps qui s’oppose au cubisme analytique : les modelés sont accentués et le volume est suggéré par des jeux d’ombre très prononcés. Les mains sont un hommage à Ingres, dont l’enseignement académique portait sur des détails, notamment les mains. En haut du tableau, le couple fait le lien avec La Danse à la campagne et La Danse à la ville d’Auguste Renoir. Picasso a transposé cette danse en bord de mer, lieu « picassien » d’expérimentation : c’est là qu’il représentera une Famille au bord de la mer en 1922 puis la série des Baigneuses au ballon peintes à Dinard en 1928.
Huile sur toile • 100 x 81 cm • © RMN-Grand Palais, Musée national Picasso-Paris / Photo René-Gabriel Ojéda / musée Fabre © Succession Picasso, 2018
Pablo Picasso, Études [détail], 1920
Le jeu du trompe-l’œil
Études s’inscrit dans la tradition du trompe-l’œil dans l’atelier de peinture. Cet assemblage de motifs donne l’illusion que le spectateur se retrouve devant un mur de l’atelier. Il faut y voir aussi un jeu de mots puisque, pour décrire le cubisme, Picasso avait utilisé les termes de « trompe l’esprit ». Études est en fait une mise en abyme des jeux sur la perception de la réalité. Il pourrait y avoir quelque chose de très maniériste dans cette façon de donner l’illusion tout en glissant, au sein de la composition, l’idée que tout ceci n’est qu’artifices.
Huile sur toile • 100 x 81 cm • © RMN-Grand Palais, Musée national Picasso-Paris / Photo René-Gabriel Ojéda / musée Fabre © Succession Picasso, 2018
Picasso - Donner à voir
Du 15 juin 2018 au 23 septembre 2018
Musée Fabre • 39 Boulevard Bonne Nouvelle • 34000 Montpellier
museefabre.montpellier3m.fr
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Picasso à la croisée des styles
Si Picasso n’est pas un théoricien – il n’écrit ni ne s’exprime sur son art –, Études est un manifeste : il résume un mystère en même temps qu’il en est la clé. Le tableau met en lumière la pluralité artistique de Picasso qui jongle avec des styles différents, voire opposés ou antagonistes. Il est de bon ton de dire que la diversité de styles de Picasso s’étend tout au long de sa vie de manière chronologique. Or cette œuvre vient contredire ce présupposé : Picasso a plusieurs cordes à son arc et cumule plusieurs styles au sein d’une même œuvre.